LA MORT DE MARIE
Trois mystères se rapportent à la fête de l'Assomption : |a très-sainte mort de Marie, sa glorieuse résurrection , son couronnement dans le ciel. Ces trois mystères ont pu être successivement représentés, ou ils peuvent l'être simultanément, pour répondre à la pensée de cette grande fête
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et au uoru mènie qu'elle porte. Ce nom n'a pas été toujours le néme : on raaussj appelée Domilio, leSonnnfit de Marie. Marie s'est «idormie dUH leSeîf{neur;e)lea'eat réveilléedans son sein. Ni las lermes, ai 1b choce, n'impliquent aucune diminution de ses prérogaUvea ineffables. Marie devait mourir, puisiju'une sainte mort est méritoire; elle devait mourir, puisqu'une sainte mort est la consommation de l'union avec Dien. A ee point de vue, Marie naturellement aurait dû mourir plus UU: elle serait morted'amour, à tous les moments de sa vie, sans un miracle perpétnel. Sa mort ne fut que la cessation de ce miracle; elle mourut d'amour, sans aucune maladie, sans avoir contracté aucune înQnnité. D'après les tradi- -(îons, elle fut avertie de sa mon par un Ange : et comment n'aurait~elle pas reçu cette faveur, quand elle était en commerce habituel avec le$Ai»ges, et quand on voit un si grand nombre de Saints être avertis de même du moment de leur dernier passage, afin d'avoir k s'y préparer avec plus de ferveur? Il n'y a de douteux que les circonstances légendaires de cette apparition; elles n'ont, d'ailleurs, rien que de très-convenable, et l'on peut les admettre dansTartau seul point de vue de leur signification symbolique : tel serait le rameau merveilleux que l'Ange aurait remis à Marie. Orcagna, qui a représenté cette apparition dans les bas-reliefsd'Or.Son J/tcAe/e, & Ploreoce, < placé en etfet le rameau dans les mains de l'Ange, il en est de mdme dans la vignette de Simon Vostre, que nous reproduisons. Hiis ui la représentation de celle apparitton, ni il particularité du rameau, dans la scène de li Mort elle-mênie, n'ont jamais été d'un usage très- fréquent. Bien n'a été, au contraire, plus ordinaire, au xiu* et au xiv* siècle, que de Le rtmMu d'or. représenter la sainte Vierge étendue sur son
(Vignette de Simon Voiire.) Ut de mort, entourée des Apôtres, en présence.du Sauveur qui recueille son Ime entre ses bras '. Nous disons : du xiii' au xjv" siècle, pour parler de U période où cette composition eut le plus de vogue, mais non pour en usigner les limites On l'observe sur le diptyque du musée Barberini *, que
I. II ene*lainii diiii la moulque de SiEnle-Uarie-UBjeure. Parmi le) teulplnmdt dm cathédrales, Jétni apparaît, k Clinrlres. i Parii, 1 Aniient. A Cbarlrei , il lient iiMaamaA l'ime de u trii-aainls Mire ; k Paris , on peut croire qu'il la tenait , mai* qu'elle > i'i brisée : i Amieni, c'ait plai douteui. A Poitien , Nolre-Seignenr n'ett pat repréteati.
3 Cori, rAea. Ml. 1^., T. III, pi. xsxTiL
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nous avons toujours considéré comme étant du x* ou du xi« siècle. D'Agineoart rn a publié uo exemple, qu'il attribue à la même époque ; mais il s'agit d'un tableau rutbénien, qui, avec son air d'antiquité, pourrait être notablement plus moderne * . Chez les Grecs et les Russes, ce mode de composition s'est toujours conservé, et nous le retrouvons tout à la fois dans le Calendrier moscovite publié par Papebrocke > et sur notre petit tableau russe (t. 1, pi. xvuj . Nous le retrouvons aussi parmi les miniatures du Graduel franciscain, qui font partie de notre collection, ornant le G de VïniroiiGaudeamus^ au jour de l'Assomption. Ces caractères : Qff. Aêtump (ia est Maria in €œ)lum gau(dent Angeli) encore subsistants, au revers, ne laissent aucun doute sur la place occupée par cette miniature. Elle prouve surabondamment aussique, dans leCalendrier moscovite, oh lamême scène est uniquement représentée au 45 août, on entendait bien l'approprier au mystère de l'Assomption. Plusieurs de ses nombreuses répétitions au XIV* siècle se voient au musée du Vatican -, cependant alors, — les Grecs exceptés probablement, — on nela jugeait plus aussi suffisante pour rendre l'idée de ce mystère : nous le voyons par les bas-reliefs d'Orcagna, dans l'église d'Or 5afi Michèle, et par les fresques de Tbadée Bartolo, dans le chœur de la chapelle de VArena, k Padoue, où elle est surmontée de la scène de V Assomption que nous appellerions maintenant proprement dite, où Marie monte au ciel en corps et en ftme.
Nous ne parlons pas encore de la fresque de Simon Memmi, au Campo Santo de Pise, antérieure environ d'un demi-siècle, où ce second mode de glorification est seul adopté; mais nous revenons sur un autre complément de la composition, usité plus anciennement, avec une signification semblable , bien que rendue d'une manière moins explicite. Sur la tablette en ivoire du musée de Cluny (n<> 396), attribuée au xu* siècle, et que nous publions, l'âme de Marie est doublemBnt représentée : entre les bras de son divin Fils, et, plus haut, portée par un Ange ; et ce même Ange se touve à côté de Notre-Seigneur, et prêt à la recevoir. Tout ceci nous est expliqué par un texte de saint Grégoire de Tours : Notre- Seigneur, au moment de la mort de sa très-sainte Mère, vient avec ses Anges; il prend l'Ame de Marie entre ses mains, et la remet à saint Michel. C'est donc le saint Archange que Ton voit prêt à recevoir cette très-sainte âme sur un pan de draperie, et qui ensuite la porte au ciel. Le chroniqueur ajoute que, le corps de Marie ayant été enseveli par les Apôtres, Notre- Seigneur revint et ordonna de l'enlever et de le porter dans le paradis, où il fut réuni à son âme. Et ecce