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De Gloria Mortfrum, e*p. u

DE t' ASSOMPTION. 441

ment que les ^ges reçurent rime de Marie des mains de Jésus, et la portèrent dans leurs bras jusqu'au trdne de gloire, le récit de la légende les fait intervenir de nouveau lorsque rensevelissement est accompli. Ils demandent alors à Notre*Seîgneur la résurrection de sa très-sainte Mère. « Le Seigneur approuvant cela, l'archange Michel vint aussitôt, et il présenta au Seigneur l'ftme de Marie, et le Sauveur dit : a Lève-toi, ma « colombe, tabernacle de gloire, vase de ma vie, temple céleste; de c même qu'en concevant tu n'as point conçu de souillure, ainsi, dans le « sépulcre, ton corps ne connaîtra nulle corruption i>. Et aussitôt, son âme étant rentrée dans son corps, Marie sortit glorieuse du tombeau, et s'éleva vers le ciel, suivie d'une multitude d'Anges ^ De quelque manière qu'on l'entende, il s'agit donc toujours d'un prélude de sa résurrection; et nous avions raison de dire que ces compositions, où l'on a préférablement représenté TAssomption de l'âme de Marie en même temps que sa mort, étaient bien éloignées d'impliquer le moindre doute i*elativement à son Assomption en corps et en âme.

Il faut distinguer cependant les légendes pleines de poésie, dont s'étaient inspirées nos compositions, des traditions plus sérieuses dont elles étaient l'écho. Ainsi il nous paraît très-probable que les Apôtres furent transportés miraculeusement de toutes les parties du monde qu'ils étaient allés évangéliser, pour assister k la mort de leur Reine. Quant à la présence de Notre-Seigneur, recueillant l'âme de Sa très-sainte Mère, elle est certaine, si on l'entend de ce qui se passa in visiblement; mais nulle part il n^st dit que Jésus, dans cette circonstance, se rendit visible aux assistants, quoique la Légende dorée, dans le développement de sa naïve poésie, dise de l'âme de Marie, que les Apôtres la virent a d'une telle « blancheur, qu'aucune expression au monde ne peut en donner l'idée i». L'intervention visible du Sauveur est un moyen flguré de diredanslediscours et de rendre en iconographie, ce qui eut lieu certainement : l'Assomption immédiate de l'âme de Marie au sein de la divinité. Quant au mode de représentation, il semble se rapporter à la première supposition, lorsque Notre-Seigneur se trouve confondu au milieu des Apôtres, et qu'il n'est pas renfermé dans une auréole. L'auréole est un signe céleste, qui peut vouloir dire ou que la scène se passe au ciel, ou que le ciel s'abaisse en quelque sorte avec Jésus. Que Jésus apparaisse comme descendu du ciel, ou que l'ftme de Marie. y soit réputée instantanément

I. La Légende dorée, traduite do latio par M. G. B., in-18, Angl. ParÎB, 1843, T. 1, p. 272, 274. L*auleur de notre ivoire, antérieur à )a compilation de Jacquea de Varazze, n'a paa puisé dans la Ugende dorée^ mais il 9 eu recours à la source commune : un livre apocryphe attribué i saint Jean l'Évangélîste, que cite Tévéque de Gênes, tout en ayant soin d*en mettre en doute rauthenticitë, — preuve qu*ll D*était pas dépourvu de toute critique.

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transportée, cela revient &peu près tu même*. Tonte inoertitnde eesae dans la composition des éphémérides moscovites : Jésus n'y desœad pas jusque sur la terre; il apparaît sur les nuages, et la petite âme de Marie s'élance vers lui, non plus représentée comme un enfant naissant, nais comme une petite lille déjà en Age de marcher et de courir.

Dans toutesces compositions, — à Texception dequelques-unes, en petit non^re, où le corps de Marie est porté sur un linceul — ce corps sacré est étendu sur son lit, sans vie. Gstte position a paru prêter à la critiqae; elle semblerait dire que la Mère de Dieu a succombé, comme nous le faisons tous, sous le poids de la maladie et des infirmités. Telle B*âait point, assurément, la pensée que l'on avait en représentant ainsi la mort de la Mère de Dieu. On la représentait couchée^ parce que commanémeat on meurt dans son lit, et que c'était le moyen le plus clair pour direqu oo représentait sa mort. C'était ainsi que, pour dire la naissance de Jésas, on la représentait également couchée, parce que c'est dans cette position que communément les femmes mettent au monde leurs enfants. Alors, la question était bien plus délicate; aussi, en défendant Cis procédé iconographique, nous n'avons plaidé que les circonstances atténuantes. Sur la question actuelle, nous serions porté à*plus d'indulgence; et 'nous ne savons s'il faudrait faire une règle absolue de représenter Blarie moo* rant dans l'attitude de la prière, comme le voudrait Ayala. Il entendait qu'elle fût à genoux : on ne saurait, dans tous les cas, refuser aux artistes le droit également de la représenter debout, en Orante. Marie, morte ou mourante, est en effet i genoux, dans les groupes sculptés, au Vf oa XVI* siècle, dans l'église de Solesmes, alors prieuriale, aujourd'hui abbatiale. Ces statues sont au nombre des meilleurs ouvrages deces pratidens italiens qui, pendant plusieurs siècles, se sont répandus dans toutes les contrées où ils trouvaient des commandes analogues. Les Saints de SoUtmes (c'est l'expression populaire par laquelle on les désignait) sbnt conças dans un sentiment vraimeotcbrétien ; et nous comprenons faciiementqa'ao jeune religieux, venu là avec une âme d'artiste, s'en soit inspiré avaot d'avoir aucune pratique du. dessin. C'était eu 1838 ou 39. Nous avons passé deux jours alors au sein de la pieuse communauté que venait de fonder dom Guéranger, et, au milieu de cette atmosphère de science et de piété, c'est peut*étre là que nous avons commencé pour la première fois à pressentir, à la vue de ces sculpturiesde main inconnue, et des essais du Père .

1. Voir T. II, pi. XVII, la composition de notre petit tableau russe, et T. III, pi. xvi, fig.li Nolre-Seigoear portant Tâmc de la sainte Vierge, dans la miniature du Graduel franaseaia. Nous ferons en outre observer que le fond est constellé sn^ aior : e*eit la moyen habitasl employé dans ees miniatures, pour représenter le ciel.

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