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DE l' ASSOMPTION. 449
siennois — dont cette inscription écrite au-dessous donne expressément le titre : assumptio gloriosb virginis marie ^ Notre-Seigneur se trouve bien à la rencontre de sa très-sainte Mère, mais dans une auréole supérieure, et il pose la main sur Tauréole de Marie, pour témoigner de la part qu'il prend à sa glorification; il le fait sans effort, et les Anges euxmêmes n'en mettent aucun pour enlever leur précieux fardeau, parce que leurs attitudes sont ce qu'elles doivent être : l'indication matérielle d'une action tout immatérielle. La diversité de leurs insignes semble dire que tous les chœurs célestes participent à cette glorification, et c'est en chantant qu'ils élèvent leur Reine au plus haut des cieux. Nous disons leur Reine: si Marie, en effet, n'a pas encore la tète ceinte d'une couronne, elle est assise sur un trône : trône tout céleste, puisque, malgré ses formes monumentales, il ne pèse pas. Et c'est dans la paix et les mains jointes, que la plus glorieuse des créatures, mais aussi toujours la plus douce et la plus humble, se laisse porter où son Fils et son Dieu l'appelle. Tout ce que nous pouvons reprocher au peintre, c'est de n'avoir pas donné assez d'élévation, de jeunesse et de suavité au type de cetle divine Mère; et encore croyons-nous qu'il a voulu lui donner tout cela^ mais que c'est la délicatesse seule de la touche qui lui a manqué. On remanjuera aussi que le Sauveur, dans le haut du tableau, est de moindre proportion que Marie. C'est un procédé archaïque pour dire les hauteurs sublimes où il se trouve, et par suite son éloignement, l'auréole qui renferme Marie étant elle-même un feigne qui. est censé occuper tout Tespace compris entre le ciel et la terrn.
Dans V Assomption d'Orcagna, dans l'église d'Or San Michèle^ du même siècle, et celle des bas-reliefs sculptés, au commencement du xve siècle, tout autour du chœur, à Sainte-Marie-Majeure, Marie est de même assise, dans l'auréole où elle est enlevée par les Anges. Elle est debout dans les bas-reiii'fs de Notre-Dame de Paris, publiés dans les Annales archéologiques * et dans le tableau du PinturicchioàSan^a Maria del Popolo. Toutes ces compositions, d'ailleurs, reviennent d'assez près à celle de Simon Mem* tni, avec cette différence en faveur de celle-ci, que les Anges, tous représentés d'après un même type, ne disent pas aussi bien le concours de toutes leurs hiérarchies, et que Notre-Seigneur ne n'y montre pas. On se rappelle aussi qu'Orcagna, dans sa composition, fait figurer saint Thomas.
Quand l'Assomption est surmontée du Couronnement^ suivant la disposition adoptée par Thadée Bartholo, dans le chœur de la chapelle de
1. Ann. arch., T. XH, p. 300. Nous avons parlé de cette sculpture T. 1, p. 280 ; et c\st A tort que nous Tavons alors attribuée au xiii* siècle : elle est du xv«.
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VArenûy à Padoue ^ îi n'y a plus lieu de faire apparaître le divin Fils de Marie, tout à la fois dans ces deux scènes successives et complëmentaires l'une de l'autre.
M. Didron a rapproché, dans les Annales archéologiques, YAssotnpikm qu'il a publiée, d'une sculpture du i vi* siècle, qui serait bien mieux placée dans un musée, pour représenter une Vénus, qu'elle ne Test dans l'égli» abbatiale de Saint-Denis, comme une image de la Vierge des vierges montant au cieH. C'est à peine si un léger pan de draperie vient atténuer le scandale de sa nudité. Grâce à Dieu, cet abus a été rare, et les autres Assomptions que nous pouvons rencontrer désormais, si elles nous satisfont peu, ne manquent pas du moins aussi essentiellement k tout» les convenances. Elles s'éloignent d'ailleurs, à d'autres égards, des représentations que nous avons précédemment étudiées, plus que cette composition elle-même. Celle-ci, en effet, a conservé quelques réminiscences traditionnelles, coïncidant avec un degré du paganisme infiltré dans l'art de la Renaissance, qui dépasse, chez elle, la mesure commune. L'absence (le tout témoin mortel, la disposition symétrique des Anges, voilà oe qui peut justifier notre observation. Les Anges, il est vrai, n'ont plus d'auréole à porter; mais ils se tiennent de chaque côté de Marie, des instruments de musique à la main ; et le pied de la Vierge porte sur une télé ailée de Chérubin qui, seule, la soulève très-paisiblement.
Dans la plupart des Assomptions de la même époque, ou d'une exéctt* tion plus récente, il y a, disons-nous, moins de paganisme, mais plus de naturalisme; ce naturalisme ne porte pas ceux qui en sont imbus, à représenter les choses comme elles ont pu se passer : il a pour résultat, au contraire, d'éloigner de ce genre de vérité. Un succès d'illusion, qui ferailcroire que le corps de Marie monte dans les airs sous vos yeux, et y monte entraîné par une impulsion rapide; qui vous ferait apparaître les Apôtres, témoins de ce spectacle, pleins de vie et de mouvement, détachés de la toile, dans leur admiration et leur vif étonnement : voilà quelle a été la prétentiondes grands maîtres du xvp et du xvn* siècle. Le grand mérite du Corrége, dans la cathédrale de'Parme, c'est d'avoir suspendu toute cette scène so sommet de la coupole, sur une échelle plus vaste que ne l'avait été celle de VAscensioHj dans l'église Saint-Jean de la même ville. A ce tour de force nous préférons le tableau du Titien, communément regardé comme la page capitale, parmi les chefs-d'œuvre que renferme la galerie de
1. Sur les murs du chœur, comme complément des fresques de Giotto qui oraènl U ner, Thadée Bartholo a peint, d'un côté, la Mort de la sainte Vierge ; de l'autre, la scène doPo^ lemeiit au Tombeau, avec Tépisode du téméraire rendu impotent, et au-dessus VkaMiB^t puis le Couronnement.
3. Celte sculpture était originairement A Saint-Jacques-de-la-Boucherie [Guiée M fa Peinture, noie, p. S88).