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42 GUIDE DE l'art GHB^IEN.
meson a publié un tableau de Lucas de Leyde, conçu absolument suivant les mêmes données, et qui porte la date de 1524 ^
Dans les fresques de Saint-Savin, immédiatement après la condamnation de Gain, on voit un personnage qui élève- les mains jusqu'au ciel, représenté par une portion de sphère , partagée en zones concentriques. H. Mérimée a pensé que ce pouvait être Noé. Cette conjecture ne serait pas sans fondement, à considérer, par exemple, les mosaïques de Monreale, où, après la mort de Gain , on a représenté ce saint patriarche levant aussi les mains au ciel. La main divine apparaît devant lui, au milieu d'une section de cercle ; le texte qui l'accompagne ne laisse pas de doute sur sa désignation, et il y a dans sa situation quelque analogie avec notre peinture poitevine, exécutée peu d'années auparavant. Néanmoins, tout considéré, nous ne doutons pas que, dans celle-ci, ce ne soit Hénoch qui ait été d'abord représenté ; le peintre s'est attaché à ces paroles de la sainte Écriture : Ambulamt Henoc cum Deo^ deux fois répétées ', a Hénoch marcha avec Dieu. » On pourrait croire aussi que son élan vers le ciel dit qu'il va y être enlevé. Mais, ici, cet enlèvement ne s'accomplit pas encore; on le voit, au contraire, envoie da.s'accomplir,dans une miniaturedenotre*Bibl)othèquenationale,aussi publiée par Mme Jameson, et qu'elle attribue à la fin du xni<» siècle. Hénoch est au milieu d'un nuage, qu'un Ange soulève doucement, et sans effort ^, Le même auteur fai t observer que cet enlèvement est donné, dans la Bible des Pauvres, comme l'une des figures de VAscension; il se trouve reproduit, au même titre, dans les vignettes de T. Kerver : le saint Patriarche, les mains jointes et en prière, est soulevé sur un drap par deux Anges.
Après avoir vu, au sein de l'humanité déchue, apparaître et se répéter non-seulement la mort naturelle, mais la mort violente et l'homicide, il est consolant devoir cette humanité se relever en un de ses membres, au pointqu'il aurait été appeléa jouir d'une certaine béatitude anticipée, avant d'avoir subi la mort et accompli sur la terre ses dernières destinées. Quoi qu'il en soit d'un privilège dont il serait témérairt; de vouloir pénétrer le mystère, il n'a pu lui être accordé qu'en vertu de la divine promesse, que nous allons voir se répéter en faveur de Noé et d'Abraham.