Figure del Nuovo Teitamenlo
DE L*APOCALYPSe. 475
Partis à de très-courts intervalles les uns des autres , ils conservent leur distance à peu près h une longueur de tMe les uns des autres;
Lai quatre Cavaliers de TApoealypie. (Vignette do xvie siècle.)
en les voyant ainsi échelonnés, sans rien devant chacun d'eux qui puisse les arrêter , on comprend mieuit qu'ils ne sauraient s'embarrasser dans leurs mouvements. D'ailleurs, où passent ces terribles i;avaliers, ils ne doivent rien laisser à faire à ceux qui les pourraient suivre, et c'est en courant sur des lignes parallèles qu'ils peuvent se seconder. Leur front de bataille étant plus large, on comprend qu'il ne saurait être débordé par aucun des ennemis. Le tableau de Palina et notre vignette nous donnent des exemples du cavalier de la Mort représenté sous figure de squelette. Nous venons de dire ce que nous en pensions ; ce squelette, dans le tableau, est monté sur un cheval d'une fratcheur parfaite : c'est une contradiction dans le sens inverse; il doit y avoir accord entre chaque cavalier et sa merveilleuse monture. Dans notre vignette, l'accord est assez soutenu; le cheval seul delà Mort n'est pas assez en ligne.
Dans toutes ces compositions, celle de Corn( lius seule exceptée, on a eu soin de représenter la gueule béante de l'Enfer derrière le cheval de la Mort. Nous l'avions d(^jà fait remarquer dans la xîgnette de Thielman Kerver, lorsque nous l'avons reproduite (T. III, p. 318;. Dans cette vignette, la Mort est isolée; il en est de même des trois autres cavaliers, et chacun d'eux est accompagné de l'un des quatre Ëvangé-
listes ^ et de son emblème. C'est le seul exemple que nous connaissions de cette association; elle est heureuse, puisqu'elle rend un trait du texte sacré ; mais elle s'accorderait difficilement avec la représentation simultanée des quatre cavaliers, et ordinairement ils produiront plus d'effet réunis que séparés. Quant au dessinateur de Thielman Kerver, il avait un juste motif de leur assigner à chacun un compartiment à part sur les deux pages de son livre où ils galopent en regard les uns des autres. Cette disposition même est favorable, puisqu'on peut les embrasser d'on même regard ; mais l'artiste n'en a pas tiré tout le parti qu'il aurait pu, faute d'avoir donné aux quatre chevaux autant d'élan qu'à celui delà Mort, fauté aussi de les avoir tous dirigés vers un même but : ils caracolent un peu à l'aventure, sans avoir aucun but commun, sans même en avoir aucun de bien déterminé. On voit que le thème est fécond, et qu'il prêterait matière à faire mieux qu'aucun artiste n'a fait encore, ne lût-ce qu'en réunissant des qualités que nous venons de rencontrer, mais dispersées.