‹ Guide de l'art chrétienChapitre 229 sur 238 · VMr T. m, p · texte numérisé non relu

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T. IV. 3t

Le Beato Angelico a porté à son plus haut point de poésie ce thème de l'assistance des Anges dans le Jugement dernier (pi. xxix); il l'a aussi représenté avec ses gradations. Hais il s'est élevé, tout d'abord, audessus de ce jeu un peu puéril, qui consiste à faire apparaître la tête, puis le buste des élus qui ressuscitent, comme si cette situation avait dû précéder celle où en en montre d'autres entièrement sortis du tombeau. Les Anges arrivent de loin, ils reconnaissent leurs anciens protégés; de loia ils leur sourient et leur tendent la main; puis ils arrivent à eux et les embrassent; ils les prennent par la main, et tous ensemble, se tenant ainsi les uns les autres, ils forment une ronde, ou, pour mieux dire, une guirlande, ou, tous comptés comme des fleurs du ciel, Anges et élus s'entremêlent alternativement, tels que des lis et des roses, ou des roses et leur feuillage. C'est ainsi qu'ils s'avancent vers le lieu oii Ton monte; quand ils y sont rendus, un Ange et un élu sedétachent du reste de la guirlande, et s'élancent tou^ les deux vers les régions supérieures où tous doivent les suivre. L'ascension se fait sans éclat, sans effort ; il n'est pas besoin même de voler, il n'est pas besoin même que l'Ange entraîne l'élu : également libres de tout poids, ils montent^ parce qu'ils veulent monter et où ils doivent monter. Ce délicieux épisode, très-développé dans le Jug«*nunt dernier de l'Académie de Florence dont nous le détachons, se retrouve avec toutes ses phases dans un tableau qui appartient maintenant au comte*de Dudley, et que lady Eastlake a publié ^ l'outes les fois que le pieux artiste a traité le même sujet, il y a introduit, du câté des élus, le même ordre de pensées, mais l'espace ne lui a pas permis toujours autant d'extension.

Dans le Jugement rfern/érd'Orcagna. à Pise, les élus sont cens<^s s'être trouvés (ïans le ciel par le seul fait qu'ils sont rangés à droite : ils n'ont pas de chemin à parcourir ; les Anges n'ont pas à les accueillir, à les conduire, à les couronner; leur mission est seulement de veiller à ce que chacun soit bien à sa place, et c'est dans ces conditions que le peintre a imaginé ce double épisode, qui lui est tout personnel, du damné glissé parnii les élus, qui est rejeté à la gauohe, et de l'élu égaré parmi les réprouvés, qui est ramené à la droite.

Les Anges sont en même temps les exécuteurs des justices et des miséricordes divines; mais il sera bien loin de la pensée des artistes chrétiens d*en faire des bourreaux. Nous avons fait observer que, dans le tableau d'Orcagna, ils repoussent les damnés, ils ne les frappent pas, et ils lais-

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