‹ Guide de l'art chrétienChapitre 231 sur 238 · I. Guilhermy, Description de Noire- Dame de Paru, p. il · texte numérisé non relu

I. Guilhermy, Description de Noire- Dame de Paru, p. il

nuances les plus délicates, la variété des impressions dans la communauté du bonheur le plus pur, eu égard aux positions sociales et au caractère de chacun des élus. Au milieu de toutes ces tigures. rayonnantes de joie, au milieu des papes, des rois, des religieux, on remarque, à côté d*un noble chevalier à lair franc et loyal, Tair timide et comme étonné, dans son ravissement, d'un pauvre pèlerin élevé de son humilité au rang de l'un des plus grands seigneurs de cette Cour céleste; il n'avait su que se cacher, et il brille par sa suavité au milieu de toutes ces splendeurs.

Nous avons fait remarquer qu'Orcagna, dans son Jugement dernier de Pise, avait voulu que les démous ne parussent môme pas devant ]gL face du Seigneur; il ne s'en était point fait une règle absolue, car il ne Ta pas suivie dans le Jugement dernier de la chapelle Strozzi. Sans en faire nous-même un précepte, nous recommandons pourtant cette pensée; qu'en présence du Souverain Juge, le supplice qui convient le mieux, est celui de la conscience, et qu'il est à propos de reléguer les tourments corporels dans un compartiment à part. Nous avons fait remarquer que, dans la petite vignette de Simon Yostrefp. 491), il ne paraît même pas de damnés. On voit que tous ceux chez qui il se manifeste un sentiment, serontsauvés, car ils prient ^ les damnés sont rejetés, dans une autre vignette, au bas de la page, et déjà saisis par les démons, qui les précipitent dans la gueule béante de l'Enfer. Celte délicatesse de procédé a été déterniiiiée par des considérations d'espace; car, dans la vignette à pleine page, et qui semble de la même main, elle n'a pas été observée. Elle n'en est pas moins louable; et, dèslori qu elle n'affaiblit aucunement la pensée de la terreur que doivent inspirer les jugements de Dieu, elle montre que les damnés soitt rejetés de devant sa face, qu'ils ne sont pas dignes d'y paraître, et que, du moment qu'ils en sont rejelés, ils deviennent la proie des démons.

il suffit, d'ailleurs, des deux damnés élevés au-iessus des autres, dans la partie du tableau d'Orcagna que nous reproduisons, pour faire comprendre à quel degré de pathétique peut s'élever la manifestation du dése«?poir, sans aucune explosion qui troublerait la sérénité de ce grand lit de justice considéré dans son ensemble, sans qu'il soit besoin des ministres de Satan pour déchirer les flancs des coupables, sans qu'il soit besoin de les voir déjà aux prises avec les flammes qui vont les dévorer éternellement.

501 v.moE m l aht guretien.

Page 1