‹ Guide de l'art chrétienChapitre 3 sur 238 · I. llUlory ofour Lord, T. t, p · texte numérisé non relu

I. llUlory ofour Lord, T. t, p

chacun dans un cercle qui renferme à la fois le Créateur et ses œuvres de la journée. Ail premier jour. Ton voit Dieu assis au milieu de sept zones, et tenant à la main un compas et une balance^ pour marquer ' qu'il va tout ordonner en une juste proportion et une sage mesure , selon ces paroles du Livre de la Sagesse ^ : Omnia in mensura et numéro et pondère disposuisti. Déjà les Anges sont créés , car on les voit, au nombre de quatre, aux quatre angles d'un carré qui encadre le cercle, répondant à l'appel du Créateur*.

Ni Michel-Ange, à la voûte de la Sixtine, ni Raphaël, dans les Loges, ne se sont astreints à suivre jour par jour le récit de Moïse, mais ils ont, l'un et l'autre, représenté l'œuvre du premier jour, la séparation de la lumière et des ténèbres; ou plutôt, quant k Michel-Ange, la ûgure divine par laquelle il débute, sans répondre d'aussi près au texte sacré, semble ébaucher les formes de la matière encore dans le chaos , comme l'aurait fait le sculpteur lui-même, en modelant les essais d'un grand travail. La figure correspondante des Loges est la seule, au dire de Melchiori ', dont l'exécution soit attribuée à l'ordonnateur lui-même de ces magnifiques décorations , tandis que toutes les autres ont été peintes par ses élèves, sous sa direction. Débrouillant le chaos à grands efforts , cette figure, conçue plus qu'aucune autre sous l'impulsion de la manière inaugurée par Michel-Ange, a été la p1u& admirée de la série. Pour nous, fious lui préférons de beaucoup celle qui la précède, même. telle qu'elle apparaît dans la peinture, durcie par Jules Romain ; à bien plus forte raison , si on la considère dans le dessin original de Raphaël, qui a été heureusement conservé, et que nous publions (pi. i). Planant sur la terre ébauchée, elle répond aux deux premiers versets de la Genèse, non à la lettre, mais selon la substance. La terre apparaît déjà avec des formes déterminées, avec un commencement de végétation, et l'Esprit de Dieu porté sur les eaux, c'est Dieu lui-même. C'est une sorte de prologue qui résume ce qui va suivre, et le montre en partie comme déjà accompli. Il faut l'envisager ainsi , car rien n'y fait sentir le besoin du fiât lux^ qui doit venir après, et surtout d'un fiai lux aussi laborieux que Raphaël l'a imaginé.

L'on admire, nous admirons nous-même, ce prodigieux vieillard qui lutte avec tant de puissance contre des éléments sauvages, sans laisser voir encore qu'il saura les dompter; mais il y a loin de là au Dieu de Moïse, qui dit : « Et la chose se fait I > .

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