‹ Guide de l'art chrétienChapitre 36 sur 238 · D*Agi]icourt, Peint., pi. xxviii, xxix, xxx · texte numérisé non relu

D*Agi]icourt, Peint., pi. xxviii, xxix, xxx

76 GUIDB DE l'art GHRÉTIBN.

manuscrit du ix* siècle appartenant à la Bibliothèque nationale , et les quatre miniatures que Mme Jameson en a publiées, où Ton voit le jeune pâtre gardant ses troupeaux sur les riantes collines de Bethléem, et charmant la nature entière et ses puissances personnifiées , par les doux accords de sa lyre, puis prenant tout à coup une vigueur d^Hercule pour terrasser un lion ; ensuite le roi coupable, repris par le prophète Nathan, aussitôt après repentant et prosterné contre terre; enfin le Roi-Prophète, accompagné de la Sagesse et do la Prophétie personnifiées,- tandis que l'Esprit inspirateur plane au-dessus de sa tête^ La cassette de Sens lui consacre toute la rangée inférieure de ses petits tableaux , parmi lesquels nous signalerons celui où le vainqueur de Goliath, portant la tête du géant à la pointe de son épée, rentre triomphant à Jérusalem, monté à cheval, et & côté de Saûl, qui Test également.

Le jugement de Salomon est un des sujets qui ont le plus souvent tenté les artistes, et l'un de ceux qui ont le plus heureusement inspiré le Poussin. Dans les quatre médaillons qui accompagnent les deux statues de ce prince et de la reine de Saba, au portail de la cathédrale d'Amiens, on voit successivement Salomon assis sur son trône, puis en prière devant le temple qu'il a construit; à la table du festin, avecsaroyale visiteuse, et lui expliquant ou les grandeurs de Dieu, ou celles de se^ propres ouvrages *.

L'histoire de Job a été traitée avec beaucoup de développement par Giotto ^, dans le Campo Santo de Pise , en quatre grands tableaux , maintenant en grande partie détruits par le temps. Le choix de ce sujet, le premier qui ait dû être peint sous les galeries de ce splendide cimetière, a été évidemment déterminé par les leçons de l'OiBce des morts, qui sont toutes prises dans le livre de Job. Parmi les scènes qui subsistent encore, on remarque celle où le démon, devant le trône de Dieu, obtient le pouvoir de tourmenter le saint homme; celle aussi où Job est visité par ses amis, scène palpitante d'intérêt et de vérité. Job s'y montre admirable de résignation; celui de ses amis qui parle, écrasant de reproches: les deux autres sembleraient plutôt se laisser toucher par un peu de commisération ; derrière eux. dans la foule, on reconnaît Éliu, ce jeune homme qui, devant faire de si beaux discours , se montre déjà plein de tout ce qu'il veut dire.

Les livres de Tobie, de Judith, d'Esther, prêtent aux représentations dramatiques, ou dans le sentiment du calme patriarcal, ou dans le carac-

i. HUtory ofour Lord, T. I, p. 203, 204, 205, 213.

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