De GaomoDt, Abécédaire, p
3. Cette aitributioD, longtemps admise, est mointenant cootestée ; nous la laissons aubsister usqa*à preuve décisive dans le sens contraire.
LES FIGURES, tA PHJPABATION ET L'ATrENTK, TI
tère émouvant d'une enireprise pleine de péril. Le ton vigoureux que semble réclamer la mise en scène d'une héroïne comme Judilh, a plus souvent tenté les artistes, qui, depuis le renouvellement de l'art, ont surtout cherché îles sujets à effet'. lis auraient été plus dans lo vrai, probablement, si, au lieu de se figurer une Judith eiallée, ils avaient jugé que la pieuse et chaste veuve puisait en Dieu, plus qu'en elle-même, la force, le dévouement et la confiance qu'il lui fallait pour affronter pire que la mort. Nous ne voudrions pas une si grande différence entreEstheretJuditb.il y
EilhcT s'aT(DC«nt vers Axaénit. (Beker.)
faut cependant de la Duance.et siEacine avait fait une tragédie sur l'héroïne de Béthulie, il aurait dû y prendre un peu le Ion de son Athalie. Nous ne saurions, au contraire, lui reprocher le ton plus doux de son Estber, dont nous paralt'S'élre inspiré H. Beker, de Dusseldorf, dans un tableau que nous sommes heureux de posséder. La jeune reine s'avance, à la fois résolue et craintive; Assuérus, sur son trâne, est aperçu dans le lointain. Si la femme ne se taisait pas autant sentir, on ne sentirait pas aussi bien le pris de son héroïsme. Quant à Tobie, c'est surtout à cause de la compagnie de son Ange que l'on aime à le voir cheminer; et rien ne charme comme son retour vers son vieux père. On a les yeux de sa mère pour le voir revenir; on partage sa joie à la pensée du pauvre aveugle, qui va non-seulement pouvoir le presser dans ses bras, mais encore recou-
1. Todie lliialoira de Jndilh Ml reprJMiiUs inr une det Terriècn do 11 Siinl8-Cbtp«lle, publiée piT M. de L*ileyrit, Hklrire -île la Pemfw« MM- vmre, pi- XXiX'.et lurlepavéde Sainle-Hirie-Mijenre, 1 Yerceil. 'Gaénebinll, Dict. icon., T. Il, p. 96.]
ta GUIDB DE L ART GtfRéTIfiN.
vrer la vue et le contempler avant de s'endormir dans le Seigneur. Les livres des Prophètes, ouverts sur l'avenir, n'ont pas été fermés aux événements de leur temps. On peut donc les prendre dans le sens littéral, et y puiser des sujets de représentation relatifs à la vie des Prophètes euxmêmes et àce qu'ils nous apprennent de l'histoire contemporaine; on peut aussi.tenter de représenter les visions à la lettre : ainsi a-^t-on fait quelquefois pour les visions d'Ézéchiel, celle de la gloire divine, des roues merveilleuses, des quatre animaux, celle aussi des ossements de toute une armée rendue à la vie. Daniel, plus qu'aucun autre, se prête à ces diverses sortes de représentations. On a pu encore mettre en scène les Prophètes, daos des circonstances connues seulement par la tradition : tel est le martyre d'IsaHQ, qui, selon une opinion des Juifs accueillie par .les saints Pères, aurait eu le corps coupé en deux par une scie. A la bibliothèque du Vatican, dans le manuscrit du ix* ou x* siècle qui lui est consacré, et oii se trouve une de ces miniatures qui montrent le saint Prophète laissant derrière lui les ombres de l'ancienne Loi et annonçant l'aurore et la lumière évangélique, on le voit, dans un autre de ces petits tableaux, subissant son supplice ^ Nous en avons cité d'autres exemples employés comme applications figurées. Il convenait bien, en effet, à celui que l'on a pu appeler un cinquième Évangéliste, d'avoir par le martyre un trait de ressemblance de plus avec les Apôtres. Et en passant, par lui, des temps d'attente à ceux oii les divines promesses vont se réaliser, si notre marche a été trop rapide, nous arriverons du moins à son terme sans une trop brusque transition.