Gofj, Thei. vet. àypt., T. Ill, pi xxxvii
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étroit médaiUon, avait , de plus, à se conformer aax conditions de la sculpture; il a donc réduit considérabiement le nombre des personnages accessoires. Du reste, il a suivi à peu près les mêmes données; il a égaie* ment attribué à Marie un mouvement de retour vers ses parents; mais, au lieu de la laisser naïve, il l'a voulue inspirée. Elle ne dit pas : adieul elle dit : je m'en vais au Seigneur 1 En conséquence, il Ta grandie de taille, presque jusqu'aux proportions d'une jeune fille. Il faut voir dans cette composition ce que le puissant artiste a voulu y mettre : de la grandeur et du style. Puis({u'il désirait montrer en face le Temple de Dieu pour en mieux dire la majesté, il fallait que Marie se retournât afin qu'on vit son visage; il fallait cependant que la pensée du spectateur se portât où elle allait : de là un geste qui sent Teflbrt plus que ne le comporte la situation. Nous aimons mieux que Marie, en voie d'aller s'offrir à Dieu, ne se retourne plus et ne témoigne plus avoir d'autres pensées que lui seul; mais alors le Temple et la sainte Enfant ne peuvent plus guère se montrer que de profil.
Parmi les fresques dont est ornée la chapelle Riario^ dans l'église de Sainte-Marie-du -Peuple , à Rome, le Pinturicchio a tenté de mettre le prêtre au milieu du tableau, non plus en avant d'un portique, mais devant un autel ; et, pour ne pas o-acher la figure de Marie, il a été obligé de la faire avancer latéralement. On volt quelle est ainsi toute la difficulté de la composition, si on l'entreprend dans ces termes. Du reste, si on pardonne au peintre d*avoir représenté la sainte Vierge trop avancée dans l'adolescence, on sera charmé qu'il l'ait faite si pudique et si modeste.
Le tableau le plus célèbre de la Présentation, dans les écoles des grands maîtres modernes, est celui du Titien, dont nous avons fait précédemment le sujet de nos observations (T. I, p. 302, pi. xxf). Marie y reparaît comme toute petite* enfant, montant seule les degrés du Temple, dont le nombre s'éloigne peu de la donnée traditionnelle, puisqu'il est de treize. Son geste montre qu'elle sait ce qu'elle fait, et, faute d'être capable de la rendre suave, l'artiste, au moins. Ta faite gentille. Il a ausâi tourné assez habilement la difficulté de mettre suffisamment en vue la partie la plus monumentale du Temple, les degrés étant sur le côté ; le graiul-prétre est noble , bon et majestueux ; nous disons le grand-prHre, sans hésiter, car il en porte les attributs spéciaux. Au total, nonobstant les critiques que nous avons faites , c'est une des œuvres où le Titien est le mieux demeuré dans le sentiment chrétien.
On remarquera qu'il a mis un cierge entre les mains de la bienheureuse Enfant.
Le Guide de la Peinture du mont Athos veut, en effet, qu'on lui en
donne un à porter lors de la Présentation; il veut aussi que saint Joachim
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et sainte Anne , et une fonle de jeunes vierges , en parlent également : eirconstanee dont aucun monument figuré ne nous donne d'exemple. Les éléments traditionoels de la composition sont , d'ailleurs , relevés dans ce document en ées termes assez heureux pour mériter d'être rapportés :
c Le Temple; les degrés d'un escalier conduisant à la grande porte; « le prophète Zacharie debout à la porte, et revêtu de ses habits pontiii- « eaux; il étend ses bras ouverts; la sainte Vierge, âgée de trois aus, « monte les degrés devant lui ; elle a une main étendue et tient un cierge « de l'autre ; derrière elle, Joachim et Anoe se regardent et se la mon- « trent...^. »
Le Guide ajoute ensuite : « Au-dessus du Temple, une coupole magnic fique; au milieu de cette coupole, la sainte Vierge assise; elle prend le « pain que lui apporte, en le bénissant, l'archange Gabriel. »
En e£fot,dans la miniature du Ménoiage de Basile et sur le diptyque du palais Barberini, on aperçoit, dans l'angle supérieur du tableau et derrière le portique, la sainte Vierge et un Ange qui lui apparaît. Il est dit dans la Légetède dorée que, pendant son séjour dans le Temple, les Anges lui apparaissaient journellement, et qu'elle demeurait en prière jusqu'à ce qu'elle reçût de la main d'un Ange les aliments dont elle se nourrissait. Au xv^* siècle, dans les sculptures des stalles d'Amiens, comme dans les monuments du x'^ et du xi* siècle, l'Ange est de même représenté, apportant à Marie un pain et un flacon ^. Sur ces mêmes stalles, d'autres scènes offrent à nos regards le travail et la prière de la jeune Vierge dans le Temple; et nous ajouterons, en général, que les diverses occupations qui, d'après les traditions comme selon les vraisemblances, devaient remplir sa vie, ont été, en des temps très-différents, l'objet de diverses représentations, quelques-unes rendues avec toute la grâce que comportent de pareils sujets. Nous n'avons pas besoin d'en plaider la légitimité. Un point plus délicat est celui de sa présence au Saini des Saints. Il est hors de toute vraisemblance que les gardiens du Temple l'aient introduite dane un lieu od le grand-prétre seul pouvait entrer, et une seule fois l'année; il eût fallu pour cela qu'ils fussent dans les secrets divins. Mais Marie était plus sainte que ce sanctuaire lui-même; elle était la véritable Arche d'alliance; on ne peut douter qu*elle ne fût à sa place, dans le Saint des Saint, qu'elle ne s'y transportât par la pensée. Il n'y a aucune di£Bculté à croire que les Anges Font souvent transportéedans un lieu qui, dans un sens rempli de vérité, était fait pour elle. De quelque manière que