I. Quclfiuefiiis .'Archange porte une branche d*olivier
l»RKLUDbS DV mviN AVÉNEME.NT. 409
dans le libre champ rlu tableau , et comme répomiant mieux à Tidée qu*ils se t'ont d'une intervention céleste, que les peintres modernes aiment à étaler leurs brillantes apparitions. Oii l'on voit le mieux l'empire du goût à cet égard, c'est en comparant les œuvres, d'ailleurs les plus disparates, sur lesquellcsjl s'est exercé. Ainsi, parmi les compositions qui se rencontrent en ce moment sous nos yeux, voici une Annonciation de la galerie de Venise, due à François Vecelli, le frère du Titien ; deux Annondations de Le Sueur, doiit l'une se trouve au musée du Louvre; celle dos . vignettes de Sébastien Le Clerc, et , dans un caractère éloigné autant que possible de toutes les autres, celle de Flt^man , reproduite par Mme Jameson *. •
On voit aussi, par la plupart de ces exemples, que la pensée de faire intervenir des Anges en certain nombre, comme témoins de la salutation arigéiique, a pris de la faveur. Ils ne sont plus là pour former un cortège à l'Archange Gabriel, non plus comme résidant habituellement autour de Marie, mais comme si les cieux.étaient ouverts; ou bien en étant descendus, ils en ont fait descendre avec eux tout l'éclat. Malheureusement, ce qu'il y a d'excellent dans cette pensée, se noie et disparaît, quand on les voit jouer et se culbuter dans les nuages, comme à la recherche d'un pittoresque bien éloigné -du recueillement qu'on devrait attendre de ces esprits célestes. Le Sueur lui-même, cédant à Tentraînemenl générai^est faible en cette partie. Hais il ne dément pas l'estime que nous faisons de lui, comme du plus chrétien de nos grands peintres français, si Ton considère dans ses tableaux les figures principales de la sainte Vierge et de l'Archange. Dans la suspension aérienne de Crabriel , se- montre toute la poésie du sujet, se présentant sous une face nouvelle., pour inspirer l'art chrétien dans une de ses phases. L'Archange repose sur ses ailes, ou plutôt les porte comme le signe de son agilité céleste, sans aucun effort pour s'en servir. Gomme il descend du cleU l'expression correspondante de la part de Marie est naturellement celle de la vénération et d'une si umission profonde. Le Sueur a bien rendu ces deux sentiments : Flaxman s'est efforcé de lesaccentuer, jusqu'à la raideur; s'efTorçant aussi de rendre son Ange grandiose, et comme une vision surhumaine, il a dépassé le but et l'a rendu fantastique; mais en deçà de ces exagérations, il y avait de la vraie grandeur dans le thème q>] 'il s'était proposé. Nous doutons toutefois que l'on puisse jamais, dans cette voie, atteindre le charme que le Beato Angelico, en suivant la sienne, a su donner à ses i4nnoncia//ons , et nous nous sommes réservé d'en parler