‹ Guide de l'art chrétienChapitre 61 sur 238 · DE LA VISITATION DE LA TRÂS-SAINTE VIERGE · texte numérisé non relu

DE LA VISITATION DE LA TRÂS-SAINTE VIERGE

La Visitation, à son tour, n*est pas seulement un fait historique destiné à trouver place dans la série d'événements qui remplissent la vie de Marie : elle exprime elle-même un grand mystère. Dans cet ordre d*idées, elle cède le pas à TAnnonciaiion ; mais elle ne laisse pas que d'avoir ensuite une grande importance. Les paroles d'Elisabeth, dans cette occasion, sont associées à celles de l'Ange dans l'Annonciation , pour former celte admirable prière que nous appelons la Salutation angélique. Ce fut alors que Marie prononça le Magnificat , le plus sublime des cantiques ; ce fut alors que Jésus, dans son très-chaste sein, exerça les prémices de son ministère, et accorda la grâce de la sanctification à son précurseur encore renfernnié lui-même dans le sein de sa mère*. C'est le second des mystères du Rosaire : mystère de charité, de communication; type de toutes les amitiés saintes, de tout ce que l'on peut faire pour le service du prochain, type de parfaite sociabilité. Cependant nous ne voyons pas que la représentation de ce mystère ait été usitée dans la première et même dans la seconde phase de l'art chrétien. Elle se rencontre parmi les peintures des Catacombes, dans le cimetière de Saint-Jules, sur la voie Flaminienne; mais elle n'y a été peinte qu'au yW ou viu* siècle^. L'exemple qui en est donné par une couverture d'Ëvangéliaire de la Bibliothèque nationale, pourrait être antérieur, ce monument étant classé parmi ceux qui ont précédé le viii* siècle, dans la quatrième classe des publications de la Société d'Aruudel 3. Nous l'avons ensuite observée sur une feuille de diptyque, du \m^ ou ix* siècle , publiée par Gori *; sur l'une des extrémités d'un coffre en ivoire, du musée du Louvre, que M. Labarte attribue à cette seconde époque S; sur le diptyque de Milan, compté par Mozzoni ^

1. Nous ne parlons que pour mémoire, et afin de repousser toute représentation iJe ce genre, d*i'n tableau du xvi» siècle , donné à la ville de Lyon par Tarchiiecte Noldet, où, rEiifant Jésus et le petit saint Jean étant représentés comme dans les seins «ie leurs mères, le premier bénit, le second incline pieusement la tête. {Manuel d*lcon. chrét.. Guide de la Peiniure, p. 156.)

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