Arts induttnelêf pi. x
t.. Gorî, Thés, vet. dypt., T. III, pi. xxx. Société d^Arundel, 7e classe, no .«>.
H 6 GUIDE DB l'art CHRÉTIEN.
parmi les monuments du x^' siècle ; sur le diptyque du musée Barberini, dont nous avons parlé comme étant du xi* ^ Sur presque tous ces monuments, la Visitation est représentée de la manière la plus simple, par un étroit embras'sementde Marie et d'Elisabeth, sans aucuns témoins. La présence, d'une suivante et Taccompagnement d'une riche construction donnent à la scène , sur la cassette du Louvre , une physionomie exceptionnellement remarquable. La suivante se retrouve au xiii^ siècle sur la châsse des grandes reliques, à Aix-la-Chapelle*, et dans un groupe attribué à Cimabue et publié par Mme Jameson 3, puis au xiv* siècle , sur la porte du baptistère de Florence. Cette particularité semblerait donc avoir acquis une valeur traditionnelle. Sur l'un des bas-reliefs de la façade d'Orvieto, qui doit appartenir aussi au xiv« siècle, on voit, dans la Visitation, cette même figure, et, de plus, une autre femme non voilée qui ouvre un rideau.
Alors on n'en était plus, d'ailleurs, à représenter Marie et Elisabeth dans un vif mais toujours uniforme embrassement : dès le xn* siècle, sur la porte de Monreale, en Sicile^ elles se tiennent se.ulement par les bras et semblent se parler. Chez nous, à la même époque, dans les bas-reliefs de l'abbaye de Moissac, en Auvergne, elles se parlent sans se joindre, dans le sentiment des paroles que l'Évangile met dans leurs bouches : Elisabeth félicitant Marie ; Marie disant le Magnificat avec humilité. A Chartres , au portail septentrional , « Marie » , dit M. l'abbé Bulteau , « ouvre « les bras pour y recevoir amoureusement sa cousine; on dirait qu'elle
« entonne le cantique : Mon âme glorifie le Seigneur Elisabeth ouvre
tt les bras et dit : D'oii me vient ce bonheur que la Mère de mon Sauveur tt vienne à moi ^ ? » Un prophète, Daniel probablement, leur est associé. Sur la porte de Florence, elles se sont reprises par les bras et sont prêtes à s'embrasser. Sur le bas-relief d'Urvieto , d'Agincourt relève avec raison l'onction douce et touchante qui respire dans cette scène. Leurs situations sont à peu près les mêmes; mais l'empressement charitable de Marie est plus marqué, et il y a plus de respect de la part d'Elisabeth. Le momentse fait entrevoiroù on la montrera se prosternant tout à faitaux piedsdeMarie. On en rapporterait un premier exemple à une époque plus ancienne, si on devait adopter la date du xii* ou xiii* siècle, que d'Agincourt accorde à un tableau de style grec, signé du nom de Bizemano ; mais il suffirait des nimbes mobiles que Ton observe dans ce tableau, pour attester qu'il