‹ Guide de l'art chrétienChapitre 64 sur 238 · I. Ayala, Pkior CkrUL, L. IV, c. v, g · texte numérisé non relu

I. Ayala, Pkior CkrUL, L. IV, c. v, g

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Anges, qvLx sont réputés les avoir accompagnés dans leur voyage. De même, deux Anges sont sculptés sur les bas-reliefs de Notre'-Dame-de-la- Rose, à Saint-Seurin de Bordeaux, de chaque c4té du groupe de TEmbrassement. Mme Jameson a reproduit une charmante composition du Pinturicchio, où deux Anges se tiennent également recueillis, à une distance respectueuse derrière Marie et Elisabeth ^.

Cette intervention an|i:élique, sous- quelque forme qu'elle se présente, est pleine de poésie. Au contraire, la présence de saint Joseph et des autres témoins humains , mis à porti^e d'entendre l'entretien des deux heureuses mères, a été l'objet de quelques critiques, par ce motif qu'elles seules encore avaient le secret de la maternité virginale de Marie, et que saint Joseph/en particulier, Tignorait alors ; car, selon toutes les probabilités, ce ne fut qu'au retour de sa très-sainte épouse dans la maison conjugale^ que, s'apercevant de son état, il eut la pensée de se séparer d'elle. Quelques auteurs en ont conclu que saint Joseph n'accompagna pas Marie, mais la fit accompagnerchez sainte Elisabeth. Catherine Emmerich pressente la chose sous un aspect bien plus vraisemblable : elle admet que saint Joseph fit le voyage, mais qu'occupé, au moment de l'arrivée, de divers soins qui en étaient la conséquence, il ne se serait pas trouvé présent lors de la première entrevue; et, après avoir passé quelques jours dans la maison de Zacharie, il s'en serait retourné seul à Nazareth, pour vaquer à ses affaires. D'ailleurs, quelle que soit la personne qui ait accompagné la jeune épouse de Joseph dans son lointain voyage, il faut reconnaître qu'aucun témoin ne dut entendre les paroles d'Elisabeth et celles de Marie, qui impliquaient la connaissance du mystère. Mais nous nous sommes mis à l'aise avec toutes ces difficultés de fait, en professant que, sous la réserve des circonstances où l'on côtoierait de trop près des erreurs dogmatiques, l'art doit jouir d'une.grande liberté quanta l'emploi des artifices de composition. Le théâtre a ses à-part; de même, on peut supposer que, dans un tableau, tels personnages, placés à une faible distance des acteurs principaux de la scène, n'entendent pas ce qu'ils sont censés dire. Ainsi, la présence de Joseph, comme celle de Zacharie, dans beaucoup de Visitations^ n'impliquerait qu'une participation éloignée à l'action principale.

Nous citerons, à ce sujet, deux autres tableaux du Pinturicchio : l'un qui était peint à fresque dans les cloîtres, maintenant détruits, de Sainte- Marie-du-Peuple, à Rome; l'autre qui figure parmi les peintures de la chapelle Riario, dans cette môme église. Dans ces deux compositions, on peut dire que, proportionnellement au champ du tableau, l'intervalle qui

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