NATIVITÉ DE NOTES-SEIGNEUE
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Parmi les faits évangéliques, il n'en était aucun, ce semble, qui dût mieux entrer dans le programme de l'iconographie chiélienne, pendant sa première période, que la naissance même du Sauveur. Comment exprimer mieux, en eff<'t, l'idée de renouvellement, de salut et du paix, ' que les fidèles alors étaient accoutumés à rechercher toujours dans les images peu variées qu'ils aimaient à rencontrer sous leurs regards? Il est vrai. Mais aussi, combien n'évitaient-ils pas tout ce qui pouvait, par rapport au Fds de Dieu, porter au souvenir trop marqué de ses humiliations! Ils passaient donc aussitôt de la pensée de sa naissance à celle de ses manifestations, et à leurs yeux les mystères de son enfance se traduisaient de préférence par les honneurs princiers que lui
L« NtliTil« de Notre-Seigncnr al l'Adordion dea Utgtt. (Couverture ds Mrcoph>ge, l¥* t\U\*.) .
rendirent les Mages, lia ne prirent pas autant de goAl d'abord à contempler les grâces naïves du divin Enfant abaissé pour venir ft noas, jusqu'à
naître dans uneétable et à se laisser coucher dans une crèche. Ainsi, tandis que l'Adoration des Mages est un des sujets usités dans les Catacombes parmi les peintures de la première période, c'est seulement parmi les sculptures des sarcophages du iv^ et du v^^ siècle, et en bien moindre nombre, que l'on rencontre des représentations ayant trait plus directement à la naissance de Notre-Seigneur. Et encore doit-on observer que les deux mystères de la Naissance et de la Manifestation y montrent une grande tendance à s'associer, comme étant le complément nécessaire, on pourrait dire le correctif, l'un de l'autre. Ainsi, sur deux sarcophages publiés par Bosio et trouvés, l'un au Vatican, l'autre dans les Catacombes proprement dites attenant à la basilique Saint-Sébastien, Jésus étant couché dans la crèche sous un toit qui rappelle l'étable, la sainte Vierge étant assise à côté de lui, avec un autre personnage qui est debout et que nous prenons poursaintJoseph, nonobstant quelques raisons d'en douter qui viennent de certains antres monuments, le bœuf et l'ftne se tenant de l'autre côté, les Mages arriventimmédiatement après, avec leurs présents, pour les offrir au Nouveau-Né ^
Sur un autre sarcophage, également publié par Bosio, la scène est dédoublée ; mais l'intention que nous constatons d'honorer le Sauveur dès sa naissance n'en est rendue que plus saillante. Il n'est plus couché dans la crèche, il est étendu sur un autel, où les deux animaux continuent • de l'honorer, oii deux bergers l'adorent, sans que l'artiste, dans la concision de son langage iconographique, ait placé près de lui Marie et Joseph; il a jugé suffisant de les représenter dans la composition voisine et complémentaire, où l'Adoration des Mages est rendue selon la manière la plus ordinaire ^.
Nous voyons avec non moins de clarté,dans deux monuments des v* et \i^ siècles, comment on entendait ne pas séparer la naissance du Sauveur des circonstances propres à le glorifier, et comment l'Adoration des Mages tenait le premier rang parmi les moyens jugés propres à atteindre ce but: nous voulons parler des mosaïques de Sainte-Marie-Majeure et des fioles de Monza. Dans les premières, les sujets représentés formant une série historique nlative à la naissance et à l'enfance du Sauveur, cette naissance, comme fait principal, devait nécessairement trouver place entre l'Annonciation et la Présentation de Jésus au Temple. On ne peut
1. Bosio, Roma sott., p. 63, 289. Il est i remarquer qu(*, sur ces mofsumenU, la crèche a pris la forme d'un véritable berceau. Noué reproduisons, d'après foiiginal qui se trooTe au muséf} de Lairan, la portion du premier de ces sarcophages, sur laquelle porteront nos obserratioAS.