‹ Guide de l'art chrétienChapitre 67 sur 238 · NATIVITÉ DE NOTRE- SQGVEDR · texte numérisé non relu

NATIVITÉ DE NOTRE- SQGVEDR

done douter qae ce ne soit à ce mystère que se rapporte priocl paiement la composition intermédiaire, où Jésus enfant est assis sur un trdne, non comme s'il venait de naître, mais comme un adolescent ; la sainte Vierge et saint Joseph sont assis de chaque côté de ce tréne , quatre Anges se tiennent par derrière , et c'est ainsi entouré que le jeune Roi accueille les Mages qui s'avancent vers lui.

Quant aux fioles de Honza, il faut se rappeler que ces petits monuments étaient destinés à rappeler les lieux saints et les mystères qui s'y étaient accomplis : les souvenirs de Bethléem, d'un côté, ceux de Jérusalem et du Saint-Sépulcre, de l'autre. On comprendra alors pourquoi on voit tout à la fois, sur quelques-unes d'entre elles, l'Enfant Jésus assis sur les genoux de Marie, recevant d un côté les hommages des bergers, de l'autre ceux des Mages, qui viennent simultanément l'honorer et l'acclamer, — et la rencontre de TAnge et des saintes Femmes au tombeau, pour dire la Résurrection du Sauveur <.

Le trait commun à toutes les Nativités primitives que nous venons de comparer, est d'être associées à l'Adoration des Mages, ordinairement comme partie intégrante d'une scène unique , et cela avec l'intention invariable de glorifier le Nouveau-Né. Sur les sarcophages, on remarquera que les compositions citées ont toutes un autro trait commun : la présence du bœuf et de l'âne près du divin Enfant. Nous ferons une autre observation : dans les monuments de même temps et de même catégorie, oii le sujet de la Nativité de Notre-Seigneur a été réduit, par défaut d'aspace ou par d'autres raisons, à sa plus simple expression, ce sont ces deux animaux qui ont été choisis, avec l'Enfant Jésus lui-même et l'étoile qui rayonne au -dessus de sa tête, comme uniques éléments de la composition ^; et il est bieis rare qu'on ait omis de les représenter près de la crèche, depuis lors jusqu'aux temps modernes.

L'emploi persistant, l'emploi préféré, dans les hautes époques, de ces deux témoins naturellement* les plus humbles du grand mystère accom-

i. M^'zzoni, TavoU délia ttoria délia ChieM, p. 77, A ; p. 8i.

2. Nous citerons spécialement le couvercle du sarcophage de réffiise Saiot-Ambroise, à Milan, publié par Allegranza, Monumenli di Milano, pi. y, et plus exactAment p:r Ferrario, ihnumenH di San Ambroffio, p. 161, pi. xv. Ou remarquera que la scène occupant une sorte de tympan, à Textrémité du monument, on voit, dans les deux angles, deux colombes qui becqoètent des pains dans des corbeilles renversées , images des âmes qui profitent des grâces da divin avéue.nent. Et ce qui achèvt* de donner à penser que les deux animaux euxmêmes ont one ▼ fleur symbolique analogue, e*est que, dans le tympan placé à l'exlrémité opposée , on a représenté le chrisme j^ ceint d*une couronne entre deux colombes, et les deux colombes b.'cquetant les pains s*y retrouvent également. (Martigny, DUl. dei Ant. ehrét., p. 86,89,431.)

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pli à Bethléem, jette un grand jour sur la signification que Tart chrétien a entendu tout d'abord leur donner. Évidemment, puisque la pensée de glorification était alors dominante, c'est sous l'impression de cette pensée qu'ils ont été si généralement représentés. Il ne s*agit que très-secondairement de savoir si, en réalité, dans la grotte oii le Sauveur est né, et qui servait quelquefois d'abri aux bestiaux du voisinage, il y avait auprès de lui, au moment précis de sa naissance, quelques-uns de ces modestes serviteurs de l'homme. Quanta la. présence de l'âne et du bœuf, en particalier , celle de l'âne est probable : il avait dû.servir de monture à la jeune épouse de Joseph, pendant le voyage ; pour le bœuf, on n'imagine guère, au contraire, comment il se serait trouvé là; cependant la chose, naturellement, n'a rien d'impossible; l'on comprend surtout qu'elle ait pu avoir Heu pour quelque raison mystérieuse et par une disposition spéciale de la Providence ^. Quoi qu'il en soit, pour justifier la pratique de l'art, il suffit amplement de ces paroles d'Isaîe : Cognovtt bos possessorem et asintis prœsepe Domini ^. c Le bœuf a connu celui auquel il appartenait, et Tâne « l'établcrde son maître ». Un très-grand nombre de saints Pères font au Sauveur naissant l'application de ces paroles, auxquelles viennent se * joindre celles d'Habacuc, d*après les Septante : In medio duorumanimalium cognosceris^, h On vous reconnaîtra au milieu de deux animaux ».

1. Les aaciei<8 Pères de TÊglise ont pensé qu'il y avait réellement dans l^étable de Bethléem un bœuf et un âne ; ainsi : saint Grégoire de Nazianze (Oral, in NaHv.<, 38, édit. Paris, 1630, p. 623), saint Grégoire de Nysse {Oral, in Nativ.), saint Cyrille de Jérusalem {Catéchéêe, xir, n^ 9), saint Augustin (Oraf. contra JudcBOs, c. xiii), saint Paulin de Noie {EpM. xxxiadSeverum, n«3), saint Jérôme {Epist. xxin adEtutoehium, c. iv). Nous eîtons les paroles de ce dernier : !nde Bethléem ingrêtsa {Paula) in apfo«m intnnMi vidit.,, itabu- Uim, in quo agnovit bos postetsorem $uum et asinut prtBMepe Domini sut. Nous y joignons cetfe citation du Bréviaire romain : 0 admirabile Sacramentum ut animalia vidèrent homi" num natumjacentem in prœsepio. Le protestant Basuage convient que les Pères l'ont entendu non-seulement aliégoriquement, mais dans un sens historique. {Annal. politieo-eccle$, ad annum ante Dom. 5, § 21 . )

Ludolphele Chartreux {Vie de Notre-Seigneur), Samelli {Le%ioni spirituale, Venezia, T. IL p. 21), Sianda {Vita di Maria), etc., etc., rapportent le fait sans difficulté. Baroniua, Sandini {HistoriafamiUœsacrœ, ^.ib),Trombeï\i {De CuUu Sanctorum, T. II, part. 2«, p. 156), Molanus {HUt 55. Imayinum, L. III, c Lvm), Ayala {Pict, Christ., L. III, c. l, g 7, 9), la diacuient et en soutiennent la probabilité contre les écrivains , la plupart protestants , qui root combattu. Sainte Brigitte dit : Et seeum habebant ambo unum bovem el osinani (L. IV, c. XXI, § 1 ; éd. Rom., 1606, p. 658). Marie d'Agreda reprend : t Bientôt un boeuf accourut fl (par la volonté divine) en toute hâte des champs voisins ; il entra dans la grotte et se • joignit au petit âne qui avait porté notre auguste Reinn. j (Traduct. du P. Croset, Paris, 1857, T. 111, p. 325.) Catherine Emmerich ne |>arle que de Tânessequi avait porté Marie.

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