‹ Guide de l'art chrétienChapitre 7 sur 238 · Gen., i · texte numérisé non relu

Gen., i

DE U OnÉATIflN. 13

deux Anges qui, d'un air riant, se préparent à faire rouler dans l'espace les deux disques du soleil et de la lune portés dans leurs mains.

Dira Créileur la iv< jour. kngn «oulen.inl le eoleil et l.i lan«.

(Chartres). (Charlrei.)

Dans les peintures murales de SRintSavi», près Poitiers (xiP siècle), ils sont po^és au milieu des splièrcs ct^lestes; dans le vitrail du Bon Samaritain, k Rourges {\m' siècle), au milieu des étoiles, et dans une miniature de la bibliotl)è<]ue de l'Arsenal, précédemment citée, au sein des espaces indéltnis; ils le sont dans tous ces monuments avec un sentiment rendu si grandiose par la simplicité niêmederactecréateur,queMicheNAngc et Raphaël ne l'ont pas surpassé, comme elTet saisissant '. L'ont-ils même égalé? Ils parlent surloutaux yeux : le premier, avecsavigueurordinaire, 'aisaiitscnliridaiislacirconslanceitouteraulDrltéduromnianilement divin ; le second, avec t3ule la puissancedu jet qu'il a imprimé au souverain moteur de toutes choses. ASaint-Savin,notre Ame se sentinvitt^eà méditer surf ac-

1. Ann. arch., T. X.'p. 310. M. DMrnn critique, non SBni malif, Raphaël, pour po b£ le loleil mai la main gsuchi! du Créateur. Il devrait £Ire tous ta droite.

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complissement si facile de choses si grandes, et où elle voit aussi tant de bonté, tant de sagesse. ' Dans la miniature, Dieu, étendant largement les bras , mais sans plus d'eifort qu'il nous en faudrait pour élever une plume, ouvre, en quelque sorte, aux idées l'espace infini oii s'exerce sa toute-puissance.

Avec le cinquième jour, nous voyons commencer de nouvelles séries de représentations : celle^ par exemple, des bas-reliefs de la cathédrale, à Orvieto;la douce sollicitude avec laquelle Dieu considère les poissons et les oiseaux, êtres nouvellement éclos à la vie, y rappelle ce joli vers :

Aux petits des oiseaux il donne la pâture.

Nous avons parlé de la grâce naïve et pleine de fraîcheur des deux Anges qui, par-dessus son épaule, contemplent ces nouvelles créatures. A Chartres, le divin Artiste,*se tournant vers un Ange dont la tête apparaît  côté de lui, semble vouloir lui apprendre les secrets de l'œuvre de cette journée; il fait pressentir la venue prochaine de l'homme, qui en sera le couronnement. Ces divers monuments nous montrent tous les oiseaux posés sur le sol, et ne se servant pas encore de leurs ailes. Le dessinateur des vignettes de T. Kerver a fait mieux : il les montre prenant leurs ébats dans les airs, à la voix de Dieu qui élève le regard et les mains vers eux, tandis que les poissons jouissent avec non moins de joie du bonheur d'être dans leur élément.

La création des animaux terrestres, au commencement du sixième jour, ne donne pas lieu à des compositions très-dififérentes de celle du cinquième. Ce qui les distingue particulièrement à Chartres, comme à Orvieto, les groupes d'animaux des deux créations étant rangés à peu près de la même manière, c'est la traluction de ces paroles : Benedixitque eis , il les bénit dans ce sixième jour. A Orvieto^ la progression des sentiments exprimés par les Anges est quelque chose de charmant. Naïvement curieux tout à l'heure, plus instruits maintenant, ils se communiquent, avec une joie candide, les impressions que leur suggère cette progression de merveilles ; et ils semblent sourire d'avance à l'œuvre plus merveilleuse encore qui va venir.

Dans les fresques de Cimabue, à Assise, Dieu tend la main du haut d'une auréole, et un animal s'avance vers lui ; le peintre semble avoir voulu rendre ces mots : Dtxit^ et facta sun<, ail dit, et tout a été fait.» Ra« phaël, dans le tableau des Loges, s'est proposé surtout de rendre la richesse de la création, en général, et le Créateur se promène au milieu d'elle, comme pour en savourer toute la beauté. C'est- de la poésie, mais une poésie descriptive qui n'égale pas celle qui, tout à l'heure , nous

amenait graduellement à reporter notre pensée vers la création de Thomnae qui va suivre.

L'homme, à lui seul, doit nous occuper bien plus que toutes les œu-* vres de Dieu, et, tout i fait à part, nous mentionnons seulement ici son apparition à la fin du sixième jour, avant de dire un mot de la représentation du septième. Nous avons vu, en traitant du jour et de la nuit, que, dans les mosaïques de Venise, on s'était attaché à ces mots : Et benedixit diei septimo et sanctificavit illum ', « il bénit le septième jour el le sanctifia » , et qu'on l'avait personnifié sous la figure d'un adolescent qui, s'appnocbtnt du trône céleste, reçoit Timposition de la main divine. Il ne porte pas des ailes, comme les six Anges des autres jours qui sont là présents. Cette particularité semble établir entre eux une difl^érencc conforme aux expressions dont nous nous servons : les Anges des jours précédents et la personnification du septième jour. On remarquera, toutefois, que l'auteur de ces mosaïques a eu soin d'appeler à contempler les œuvres divines de chacun des jours de la création, un nombre d'Anges pareil au numéro d'ordre de ce jour. Ainsi, lorsque Dieu dit le ficU lux^ il n'y a qu'un Ange; il y en a deux dans le second jour, et ainsi de suite jusqu'au sixième, où il en apparaît six. Le septième jour personnifié vient aussi avec les six Anges qui assistent h sa consécration, compléter le nombre sept, au point de vue du procédé de composition adopté dans ce monument ^.

Il est moins original, mais il est plus beau peut-être comme idée, — selon ce qui a été fait dans les mosaïques de Monreale, — d'exprimer le repos divin en faisant asseoir le Créateur sur l'univers qu'il vient de tirer du néant, dans un sentiment, en efiet, de repos et de sublime satisfaction. L'univei*s, à Monreale, est représenté par un disque à zones concentriques, selon la pratique bien connue, et tout autour s'élèvent des arbres : c'est une manière d'indiquer le ciel et la terre : le ciel, qui est comme le trône de Dieu, et la terre, qui est comme l'escabsau^de ses pieds.

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