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2. Marligiiy. Dki. du Ani chréi. Bosio. Rpma toU., p. «87, Ï89. Nous ne pensons pas qa*on puisse en trouver beaucoup (l*au{res exemples.
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plus habituel dans la première partie du moyen flge; il se manifeste clairement, dans tous les cas, au vi^' siècle, sur la couverture d'évangéliaire en ivoire de Milan; on le retrouve aussi sur une des médailles de dévotion publiées par M. de Rossi, et sur une autre médaille qui l'avait été par Mamacbi ^ Mais le plus souvent jusques-là, le soin de faire bon accueil aux Mages est laissé tout entier à Marie, et la peinture du cimetière de Saint-Calixte, publiée par M. l'abbé Martigny, où elle leur tend la main avec bienveillance, Jésus ne faisant aucun mouvement, nous semble être un trait plus caractéristique de la première antiquité. Jésus dit tout par sa seule présence; ou bien Marie fait un mouvement pour le porter en avant, comme sur le sarcophage de Milan, atin de mieux répondre encore à la pieuse intention de ses nobles visiteurs. Si Fon en excepte les monuments primitifs, oii l'Adoration des Mages s'associant directement avec la Nativité, ils trouvent Jésus dans sa crèche, ou comnae à Sainte-Marie-Majeure , assis sur un trône , la sainte Vierge portant son divin Fils sur ses genoux, elle est elle-même assise sur un siège de même forme que les chaises épiscopales du temps. Joseph l'accompagne quelquefois deibout,soit derrière ce siège, soit à ses côtés; il est beaucoup plus fréquent qu'on ne le voie pas jusqu'au xif* siècle, c'est-à dire jusqu'à l'époque où l'on entre pleinement dans le cycle des pieuses affections. H sertiontre derrière Marie, sous une arcade, dans les bas-reliefs du chœur, à Notre-Dame de Paris, mais nous ne le voyons pas sur notre miniature du graduel franciscain. Un autre motif nous porte à rapprocher ces deux monuments contemporains : c'est le rôle rempli par un Ange. Dans la miniature, il plane au-dessus desMages, tenant comme sceptre une croix à la main, montrant Jésus de l'autre main; on voit qu'il les a guidés, sans préjudice du rôle rempli par l'étoile qui brille au-dessus du divin Enfant. Or. nous avons dit que, sur le bas-relief, l'étoile étjit portée par un Ange. Tout en constatant la différence, on voit l'analogie qu'il y a entre ces deux manières de représenter l'intervention angélique. Les Mages sont aussi amenés par un Ange , sur d'autres monuments plus anciens; sur le Mmologe de Basile, il marche devant eux et les présente directement à Jésus Pt à Marie i sur la porte de Bénévent, il vole au-dessus de leur tête et tient lieu de l'étoile.
Nous devons à l'amitié de M. 0. de Rochebrune de pouvoir faire connaître cette remarquable composition du xn* siècle (pi. vi), sculptée à la façade de Téglise de Chaise-Girand, dans notre Vendée, où la sainte Vierge, au lieu de se tourner vers les Mages et de leur présenter
1 . Woulagen de la Société tTAntntlel, i' classe, no 1 . De Rossi , Bull. d'Ardi , 18C9, mai et juin. Mamachi, AnL christ, T. I, p. 211.
son divin Enfant, se retourne vers nous et nous le présente : — nous pouvons le dire, en nous reportant à ce qu'étaient ces saintes images avant d'être brisées. On reconnaît encore le grand sentinient de dignité qui respire en Marie ainsi posée. On remarquera aussi la grandeur du geste avec lequel le premier des Mages semble rendre hommage à son Seigneur suzerain. *
Toutes les variétés dans la représentation de Y Adoration des Mages, passées en revue jusqu'ici, tepdent à exprimer des idées; en arrivant au xiv« siècle, nous nous portons vers les petits panneaux de la Vie de Notre- Seigneur ^ peints par 6iotto,à Santa-Croce^ à Florence, maintenant exposés dans la galerie de l'Académie, et nous sentons que nous sommes pleinement entrés dans la phase des démonstrations affectueuses. Le premier des Mages, ayant déposé sa couronne et ses présents au& pieds du divin Enfant, baise ses pieds avec tendresse, et Jésus le caresse. Nous n'avions rien vu de semblable jusque-là ; depuis lors, au contraire, dans les fresques de Santa Croce et dans les bas-reliefs d'Or San Michèle, Thadée Gaddi et Orcagna ont également considéré cet échange de baisers et de caresses, comme rendant toute la poésie du sujet.Il en est de même sur un ivoire duVatican, publié par Gori et datant de la même époque^ Dans les bas-reliefs, aussi à peu près contemporains, de la cathédrale d'Orvieto, celui des Mages qui est agenouillé parait de même baiser les pieds de TEnfant Jésus, quoique celui-ci, rentrant dans le sentiment de la dignité, lève la main pour le bénir. Jésus bénit aussi, au commencement du siècle suivant, sur la Predella de Dom Lorenzo , àlaTrinité de Florence; mais d'ailleurs rinclinaison de sa tête est toute dans le sentiment affectueux , tandis que le Mage, levant la sienne et serrant la main contre sa poitrine, le considère avec autant d'amour que de vénération ; les deux autres .Mages sont eux-mêmes agenouillés et pénétrés des mêmes seutiments. On retrouve le baiser du pieux adorateur, la caresse du divin Enfant, dans le tableau de Gentile de Fabriano, à l'Âcadémie-de Florence, et l'on ne croirait pas qu'il fût possible de rien faire de plus senti dans ce genre de représentation, si on n'avait pas les tableaux du Beato Angelico. Prenons surtout la fresque des cellules de Saint-Marc : comme dans la composition de Gentile di Fabriano, les Mages y sont suivis d'un cortège très-nombreux; ma^s il est moins fait pour donner l'idée de la multitude, et l'on voit surtout que le peintre angélique a voulu tirer parti de tous ces airs de têtes, pour rendre avnc plus de variété les sentiments dont son âme était pénétrée. Pén^frée, c'est bien là le mot qui convient, non-seulement aux Mages,