Bosio, Borna fo/l., p
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signifiées , et qu'il annonce en même temps l'aurore d'une autre disposition, où Ton se portera plutôt vers la personne du Fils de Dieu pov Thonorer, disposition manifestée par l'intervention de cet Ange qui, pour la première fois, s*est chargé de ses vêtements. Autre observation : dans cette peinture, l'immersion se fait jusqu'aux aines, comme nous l'avions remarqué précédemment, non pas dans tous les exemples cités, mais dans la moitié d'entre eux environ. Il en est de même, au xi* siècle encore, sur la porte de bronze de Saint-Paul ; au xuS sur celle de Bénévent , dans les mosaïques de Saint-Marc, à Venise. On n'aurait pu obtenir ce résultat que bien difficilement, en se conformant aux règles de l'imitation naturelle;
mais on ne s'en inquiétait pas, et leseaux ont été élevées horizontalement à une bauteir suffisante, entre deux bords de fantaisie. Il iious semblerait que c'est vers cette époque que l'on eut recours à un autre moyen afind'obtenir l'immersion plus complète. On la voulait telle, eu égard, sans aucun doute, à la signification qu'on y attachait , comme représentant mieux l'efficacité du baptême, qui nous lave' tout entier. Selon les effets de la perspective, elle aurait eu pour effet de faire disparaître le corps du Sauveur, et de'be laisser voir que sa tête à la hauteur du sol ; et encore, pour l'atteindre, il eût fallu que saint Jean se baissât, jusqu'à presque se coucher. Nous verrons bientôt comment ou a essayé d'éluder cette difficulté, quand on prétendit à l'imitation stricte de la nature. Pour approcher seulement d'une demi-immersion, on fut obligé, dans tous les cas, d'abaisser la figure divine du Sauveur, tandis qu'aux époques dont nous parlons, on la voulait haute et dominante, touten la voyant plongée dans l'eau. Alors, ne voulant pas l'abaisser jusqu'au niveau des .eaux, on éleva les eaux jusqu'à la partie du corps ob l'on voulait que s'étendit l'immersion , jusqu'à son cou, si l'on voulait qu'elle fût complète. On supprima ces indications de bords qui se seraient interceptées entre le Sauveur et saint Jean, et le fleuve prit la figure d'un monticule ondulé. On a été plus loin : Ton n'a pas craint d'adapter les eaux à la forme du corps, an pointqu'il en parait quelquefois enveloppé comme un enfant le seraitde ses langes : nous en voyons un exemple sur la porte de Monreale ^ Auraitttm voulu par là dire que le baptême est une nouvelle naissance? Souvent le monticule aqueux ne s'élève pas aussi haut : dans le tympan deMonza, 'il prend une forme conique, et la hauteur de son sommet paraît avoir été strictement calculée pour remplir l'office du voile qui devient nécessaire pour dissimuler la nudité de Notre-Seigpeur, quand l'immersion est moins profonde. Il en est de même dans les bas-reliefs de Notre-Dame de Paris ,
1. La porte de Pise en offre un exemple presque identique. Martini, Tkes. dot. Pûan., en donne «n aulre emprwité à une châsse de celle église , pi. xxxvii.
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à cela près de la forme conique, à laquelle le sculpteur ne s'est pas astreint.
Quant au rôle de saint Jean, il consiste, le plus ordinairement, nous en avons déjà fait la remarque, à répandre del'eau sur la tête du SauTcur, la forme de Tinfusion se joignant à celle de l'immersion; quelquefois son ministère s'exerce par la seule imposition de la main sur ta tête du Christ. Il eu est ainsi sur les portes de Monreale et de Pise, et à Monza; 4 Paris, au contraire, on retrouve Tin fusion. La peinture du cimetière de Saint- Calixte est, d'ailleurs, le seul monument, à notre connaissance, où lesaint Précurseur se contente de tendre la main à son divin Mattre, pour i'&ider à sortir du fleuve.