Paris-Guide
vier M.D.CCC.LXXI : telle est l’inscription tracée audessous. Le buste, qui se distingue par son allure fière et
énergique, est l’œuvre de M. Degeorge, ancien pensionnaire de l’Académie de France à Rome (f 1888). Ce
La cour du Mûrier.
sont également deux anciens pensionnaires de la villa Médicis, deux des représentants les plus éminents de notre jeune école d’architecture. MM. Coquart et Pascal, qui ont donné les dessins et dirigé l’exécution de l’ensemble du monument, dans lequel le bronze, l’or, la mosaïque alternent avec le marbre*
Les colonnes qui supportent le fronton contiennent les noms des élèves de l’Ecole des beaux-arts, morts comme Régnault au champ d’honneur.
A gauche on lit les noms de :
Édouard-Constant-Ferdinand Stamm, architecte, tué à Strasbourg le 27 septembre 1870;
Prosper-Jean-Emile Seilhade, sculpteur, tué à Châteaudun le 19 octobre 1870;
Ernest-Alexandre Malherbe, architecte v tué à Rueil le 21 octobre 1880 ;
Maxime-Eugène-Albert Fries e, architecte, tué à Cachan le 6 novembre 1870;
Emile-Armand Anceaux, sculpteur, tué à Morée, 26 décembre 1870.
Sur la colonne de droite sont gravés les noms de :
Auguste-Théodore Breton, architecte, tué à Montretout le 6 janvier 1871 ;
Charles-Ernest Chauvet, peintre, tué à Montretout le 19 janvier 1871 ;
Albert-Eugène Coinchon, peintre, tué à Montretout le 19 janvier 1871 ;
Léon-Alexandre Jacquemin, architecte, tué à Montretout le 19 janvier 1871.
LA COUR DU MURIER
Cette notice ne serait pas complète sans quelques mots sur l’origine et l’histoire de ce cénotaphe 1.
L’initiative de la fondation du monument est due à M. Eugène Guillaume, alors directeur de l’École des beaux-arts. Dès le 28 janvier 1871, il proposait à M. Jules Simon, ministre de l’instruction publique, d’élever dans le cloître de l’École un monument destiné à perpétuer la mémoire du jeune héros mort au champ d’honneur. M. Jules Simon s’empressa d’accéder à cette demande, et un comité de souscription, qui tint à laisser à son action un caractère en quelque sorte intime, se mit aussitôt à l’œuvre. Par suite d’un pieux usage en honneur entre pensionnaires de l’Académie de France à Rome, MM. Pascal et Degeorge, qui avaient eu le grand prix la même année que Régnault, furent désignés pour lui élever un tombeau : M. Coquart, architecte de l’École, et M. Chapu, consentirent à associer leurs efforts aux leurs, de même que les subventions de l’État vinrent compléter la souscription privée, dont le produit total avait atteint la somme de 15,500 francs. Le désintéressement dont les artistes firent preuve en cette occasion ne les honore pas moins que le dévouement, le talent, auxquels nous devons cette œuvre vraiment supérieure. Ils furent secondés dans leur tâche par M. Perrin, pour la sculpture d’ornement; par M. Facchini, pour la mosaïque; par M. Chauvin (-}- 1889), peintre-
1. Nous empruntons ces détails au rapport lithographié, publié au moment de l’inauguration du monument. — M. Roger- Ballu a publié dans le journal l’Art, 1876, t. III, p. 176-183, une description du monument avec gravures à l'appui.
décorateur de l'École, pour la dorure et la peinture. M. Barbedienne exécuta, de son côté, la branche de laurier de la figure de la Jeunesse.
Un avant-projet avait reçu l’approbation du ministre le 28 novembre 1872. L’inauguration du monument définitif eut lieu le 12 août 1876.
Les statues de marbre placées sous les arcades sont toutes, à l’exception du Mercure de bronze mentionné plus loin, des copies d’après l’antique, exécutées par les pensionnaires de l’Académie de France à Rome.
Ces statues sont, en commençant par la galerie qui s’étend le long de la chapelle :
Muse debout (Euterpe). Musée du Vatican, par Noël,
Apolline. Musée de Florence, par Inj albert, 1876.
La Joueuse d’osselets. Musée du Vatican. Signé : L.-M.-A. Marqueste, Rome, 1872.
Le Faune Auteur. Villa Borghèse, à Rome, par Ldrac, 1 875 *
Mercure, bronze, par J.-L. Brian (voy. ci-dessous).
Le Tireur d’épine. Musée du Capitole. Signé : B.Chapu, 1857.
Psyché et l’Amour. Musée du Capitole. Signé : Cave-