CHAPITRE IV. — TISSUS
Ailleurs, la paroi des cellules prend un développement considérable. Ce n’est pas que la cuticule elle-même se soit ainsi développée en épaisseur. Mais il s’est produit dans la membrane cellulaire des modifications chimiques profondes; cette mem-
Fig. 68. — Épiderme d’une fronde de Fougère.
brane est alors formée de trois parties distinctes: 1° en dehors la cuticule ; 2° au-dessous, une assise très épaisse, résultat de la modification survenue dans la paroi cellulaire, et qui se divise en couches stratifiées, que l’on nomme couches cuticulaires ; 3° enfin plus profondément la paroi de cellulose.
Cette division de la membrane des cellules épidermiques en assises de composition différente se rencontre assez fréquemment et est facilement mise en évidence au moyen de réactifs appropriés.
Action de l'acide sulfurique. — La cuticule en effet jouit de la propriété de résister à des réactifs énergiques qui détruisent au contraire la cellulose.
Yient-on à plonger dans l’acide sulfurique des coupes de
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feuilles de Liliacées, d’Ombellifères, etc., dont les cellules épidermiques sont constituées d’une paroi de cellulose recouverte d’une cuticule ; la cellulose est dissoute, et il ne reste plus que la cuticule qui se trouve ainsi complètement isolée. Si l’on fait agir le même réactif sur des cellules dont la paroi est cuticularisée dans toute son épaisseur (tiges âgées de Yiscum album , feuilles aciculaires du Pinus sylvestris ), on verra que les couches cuticulaires comme la cuticule résistent à l’action de cet acide.
Action de la potasse. — Par contre, au moyen de la potasse
on arrivera facilement à distinguer la cuticule non seulement de la paroi de cellulose des cellules, mais encore de leurs couches cuticulaires. La potasse en effet dissout la cuticule, tandis qu’elle ne fait que gonfler la cellulose et les couches cuticul-aires qui en même temps se dépouillent des substances qui les incrustent et présentent alors les réactions de la cellulose ( chloro - iodure de zinc), réactions que l’on ne peut jamais obtenir avec la cuticule.
La figure 69, que nous reproduisons d’après M. de Bary ( loc .
cit.), montre les divers états par lesquels passe l’épiderme de la feuille de YAloe verrucosa sous l’influence d’un traitement à chaud par la potasse.
En A on voit une coupe de l’épiderme avant l’action du réactif. Les cellules épidermiques présentent sur leur face externe les trois assises que nous signalions tout à l’heure. Les parties ombrées représentent les couches de cellulose non cuticularisées. Plus en dehors se voient les couches cul icularisées traversées par des traits noirs. Enfin lout à fait à la surface, le double contour représente la cuticule.
Fig. 69. — Coupe sur l’épiderme de la feuille de YAloe verrucosa, action des réactifs (de Bary); \oir l’explication dans le texte.