‹ Guide de l'élève et du practicien pour les travaux pratiques de micrographie, comprenant la technique et les applications du microscopeChapitre 113 sur 451 · CHAPITRE IV. — TISSUS · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV. — TISSUS

(fig. 72, B), offre l’apparence d’une bouche dont les lèvres sont formées de deux cellules symétriques plus ou moins arquées, qui entourent un petit orifice que l’on nomme ostiole. Ces deux cellules ont reçu le nom de cellules de bordure ou cellules marginales. Déjà distinctes des cellules voisines de l’épiderme par leur forme, elles s’en écartent encore par leur contenu. Le plus souvent en effet les cellules de bordure des stomates renferment de nombreux grains de chlorophylle et de l’amidon.

Vu en coupe (fig. 71), le stomate se présente comme formé

Fig. 71. — Coupe perpendiculaire d’un stomate. Épiderme fortement cuticularisé.

Fig. 72. — Formation d’un stomate.

A. Division de la cellule mère.

de deux cellules séparées par un petit canal qui met en communication l’air extérieur avec une cavité plus ou moins grande creusée au milieu du tissu sous-jacent. Cette cavité a reçu le nom de chambre sous-stomatique ; elle fait partie de l’appareil stomatique.

Localisation des stomates. — Les stomates n’existent pas sur toutes les parties des végétaux recouvertes d’épiderme. Les racines en sont dépourvues, et ce n’est guère que sur les parties aériennes des plantes (tiges, feuilles, fleurs, etc.), qu’on les rencontre en abondance. Sur les feuilles où ces organes semblent se développer plus spécialement, ils occupent de préférence la face inférieure, et cette localisation, qui souffre cependant de nombreuses exceptions (feuilles nageantes, submergées, etc.), paraît en rapport avec la structure meme du mésophylle et l’existence de nombreux méats intercellulaires

GUIDE DE MICROGRAPHIE.

dans la portion de ce tissu qui est en contact avec l’épiderme inférieur.

Signalons encore la dépendance qui existe entre le mode de répartition des stomates et l’arrangement des cellules épidermiques.

Sur les feuilles des Monocotylédonées, par exemple, où les cellules de l’épiderme sont allongées et disposées en séries parallèles suivant le grand axe de la feuille, les stomates affectent une disposition semblable. Une répartition des stomates en files longitudinales s’observe également sur les feuilles aciculaires des Abiétinées.

Chez les Dicotylédonées, au contraire, les stomates affectent dans leur forme et leur répartition une irrégularité en relation d’ailleurs avec l’irrégularité des cellules épidermiques.

Dans certains cas, sur les feuilles de Saxifraga sarmentosa , par exemple, la localisation des stomates mérite d’être signalée. Si l’on enlève un lambeau d’épiderme sur cette plante, on y constate d’abord à l’œil nu de petits points blanchâtres satinés, assez régulièrement espacés. Si l’on monte alors la préparation dans l’eau ou la glycérine, on voit que ces petits points correspondent à de petites agglomérations de * stomates. Ceux-ci se disposent en effet, dans le cas particulier qui nous occupe, par petits groupes espacés, tandis que tout le reste de la surface épidermique est dépourvu de ces organes.

Les stomates ne se trouvent pas toujours sur le même plan que les cellules épidermiques voisines. Tantôt ils sont enfoncés au-dessous de l’épiderme (Conifères, voir plus loin), tantôt, bien que restant au niveau de l’épiderme, ils occupent des cavités formées au milieu du mésophylle par un repli de l’épiderme. C’est ce que l’on peut voir (fig. 73) sur les feuilles du Neriwn oleander. Si, en effet, on pratique des coupes sur l’épiderme de ces feuilles, on constate que de place en place l’épiderme subit une sorte d’invagination au milieu du parenchyme sous-jacent. Dans les cavités ainsi produites se développent de nombreux poils, et, si les coupes sont assez délicates, on peut voir dans le fond de ces cavités les stomates développés aux dépens des cellules épidermiques, et en relation avec les méats intercellulaires du parenchyme sous-jacent.

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