CHAPITRE VIII. — ORGANES DE REPRODUCTION
On trouvera encore des psorospermies chez les Reptiles (Couleuvres) et les Crustacés (Ecrevisses) où elles sont très volumineuses. Parmi les Insectes, les Pyrales en offrent de très grosses.
§ 2. Champignons.
Les Champignons sont très bien caractérisés par leur mode de végétation spécial, et l’absence absolue de chlorophylle dans leurs tissus et par suite d’amidon. On ne s’étonnera point dès lors de leur trouver une composition chimique toute particulière. La cellulose y est remplacée par une substance appelée fungine , et l’analyse révèle l’existence de matières azotées telles que la gélatine. et l’osmazome associées à des principes carbonés (sucre, mannite, matières grasses, gomme, etc.). Chez les espèces vénéneuses on trouve un alcaloïde mal défini, appelé amanitine ou bulbosine (Boudier). Enfin les Champignons sont particulièrement intéressants par leur polymorphisme dontnous aurons à faire connaître quelques exemples.
Appareil végétatif. — Thalle, Mycélium, Sclérote. — Tantôt le thalle est très simple, et reçoit le nom de filament (Thalle filamenteux ou floconneux ). Il consiste alors en une seule cellule plus ou moins ramifiée (Mucorinées). Ailleurs, par cloisonnement et union de plusieurs filaments, on voit se former une sorte de feutrage (Mycélium membraneux), variable dans sa forme et sa consistance, qui a reçu le nom de Mycélium. Une forme particulièrement dense, tuberculeuse, reçoit le nom de Sclérote. Les sclérotes naissent en général sur le mycélium membraneux par agglomération de filaments en masses compactes.
Appareils de reproduction. — A l’appareil végétatif Sô joint chez les Champignons un appareil plus ou moins développé, et qui reçoit le nom de réceptacle fructifère. Ce réceptacle naît du mycélium et affecte des formes variées. Tantôt très simple, il est réduit à un filament ramifié ou non, qui porte les spores; tantôt il est composé de filaments ou cellules allongées qui se groupent pour former une masse solide souvent très considérable (Champignons à chapeau). Ce réceptacle fructifère supporte un tissu spécial ( hyménium ) d’où émanent les spores. Cet hyménium est tantôt à la surface du réceptacle (; réceptacle gymnocarpe : Hyménomycètes, par
GUIDE DE MICROGRAPHIE.
exemple), tantôt à l’intérieur {réceptacle angiocarpe : Truffe). Dans tous les cas il ne produit jamais que des cellules reproductrices asexuées.
Reproduction sexuée. — On trouve, comme chez les Algues, divers modes de reproduction sexuée, mais ici les exemples qu’on en connaît sont relativement rares.
Conjugation. — Chez les Mucorinées ( Syzygites megalocarpus , Rhizopus nigricans ) par exemple, outre une reproduction asexuée par spores, on observe une conjugation qui s’opère entre deux filaments du mycélium. La zygospore qui en résulte développe directement chez le Syzygites un filament dressé qui porte un système de sporanges à spores asexuées. Celles-ci produisent un mycélium qui développe des zygospores. 11 y a là une véritable alternance de générations qu’on pourra prendre pour exemple.
Fécondation. — Ailleurs, chez les Saprolégniées (Champignons filamenteux que l’on trouve souvent sur les mouches mortes), ainsi que chez certains Champignons entophytes (Peronospora, Cystopus candidus ), on observe une fécondation qui s’opère de la manière suivante : un filament naît sur le mycélium et se renfle à son extrémité en une sphère femelle ou oogone. D’autre part, un filament mâle à extrémité conformée en petite ampoule ovoïde et considérée comme une anthéridie, vient pénétrer l’oogone ou s’appliquer à sa surface, et du contact résulte une oospore qui en germant devient un grand zoosporange dont le contenu se divise en zoospores qui se fixent et germent; chez certaines Saprolégniées (Monoblepharis), l’appareil mâle est constitué par une anthéridie qui développe des anthérozoïdes munis d’un long cil, et qui fécondent l’oosphère (1) (Cornu).
Reproduction asexuée. Etude. — Elle a lieu, ici comme chez les Algues, au moyen de spores ou cellules reproductrices qui sont le plus souvent immobiles. On distingue deux sortes principales de spores : les unes, dites Thécaspores ou Ascospores , se développent en général par formation libre (voir page 63), dans l'intérieur de cellules-mères spéciales, vrais sporanges, appelées Thèques ou Asques. Les autres au contraire ont un développement exogène et se développent à la surface de cellules-mères que l’on nomme Basides , où elles sont portées par de petits filaments nommés Stérigmates ou Spiculés. Ces spores sont appelées Basidiospores. Pour examiner les spores on doit faire des coupes à travers les réceptacles fructifères lorsque ceux-ci possèdent un certain volume, et
(1) Max. Cornu, Ann. sc. nat., 5e série, t. XV, 1872.