‹ Guide de l'élève et du practicien pour les travaux pratiques de micrographie, comprenant la technique et les applications du microscopeChapitre 19 sur 451 · A. INSTRUMENTS POUR FAIRE LES COUPES · texte numérisé non relu

A. INSTRUMENTS POUR FAIRE LES COUPES

Les objets que l’on observe au microscope sont généralement trop épais pour pouvoir être examinés sans préparation par la lumière transmise. On les réduit alors en tranches minces au moyen d’instruments divers appropriés au volume des objets et à leur dureté.

1° Rasoirs. — Les rasoirs employés à faire les coupes des tissus animaux et végétaux doivent être d’excellente qualité et bien trempés. Il est bon de les choisir avec une face plane ; le tranchant des rasoirs s’use rapidement, et comme on ne peut faire de bonnes coupes qu’à la condition d’avoir un tranchant très fin, il est nécessaire de les affiler à chaque préparation. Le plus souvent il suffit de les passer plusieurs fois sur une bonne pierre à aiguiser, puis sur le cuir à affiler. Mais de temps en temps il faut aiguiser son rasoir à fond, si l’on peut s’expri-

mer ainsi, et il n’est que trop vrai de dire qu’il n’existe à Paris aucun fabricant d’instruments de chirurgie (ce sont eux qui fabriquent les rasoirs en question), qui soit capable de livrer un rasoir en bon état. Il vaut bien mieux s’habituer soi-même à ce travail ; voici un excellent procédé que M. Duchartre enseigne dans ses conférences au laboratoire de botanique de la Sorbonne et que nous ne saurions trop recommander. On se procure un disque de verre dépoli, et deux ou trois numéros des plus fins tripolis. Le rasoir ayant été aiguisé sur une bonne pierre, on le passe successivement sur deux ou trois pâtes de plus en plus fines de tripoli et d’huile, puis finalement sur le disque de verre dépoli recouvert d’une mince couche d’huile. On essuie le rasoir, et si l’opération a été faite avec soin, on obtient un excellent tranchant.

2° Microtomes. — Le rasoir est un bon instrument pour faire les coupes sur les objets qui n’offrent pas une trop grande résistance. Mais si l’on a affaire à des corps durs (tiges, racines, etc.), la résistance qu’opposent ces corps au rasoir devient un obstacle fâcheux. La main qui dirige le rasoir, tout occupée à vaincre l’obstacle, change insensiblement de direction, et l’on obtient des coupes d’épaisseur diverse en différents points, et obliques plus ou moins par rapport à la direction que l’on désire leur donner. D’autre part il est difficile de maintenir entre les doigts l’objet qui résiste au rasoir; aussi a-t-on construit divers instruments qui tendent à supprimer ces causes d’imperfection des coupes. Le plus simple, et à coup sûr l’un des plus commodes, est le microtome à main de M. Ranvier. Cet appareil se compose d’une platine circulaire en métal recouverte ou non d’une lame de verre. Au centre de cette platine est une ouverture circulaire qui est en même temps l’orifice d’un cylindre de laiton fixé perpendiculairement au-dessous de la platine. C’est dans ce cylindre que l’on place la préparation fixée, comme on le dira plus loin, dans la moelle de sureau ou la paraffine. A la partie inférieure du cylindre se trouve une vis graduée terminée supérieurement par un plateau sur lequel repose l’objet à diviser; on tient l’instrument à pleine main par le cylindre, et en tournant la vis d’une quantité convenable, on fait affleurer l’objet au

GUIDE DE MICROGRAPHIE.

niveau du plan de la platine. Avec un rasoir à face plane on fait une première coupe pour égaliser la surface de l’objet; puis en tournant la vis, on soulève l’objet. La face plane du rasoir étant exactement maintenue appliquée sur la

platine, on coupe toute l’épaisseur de l’objet qui dépasse au-dessus de la platine. On peut obtenir ainsi des coupes aussi fines que l’on veut, et si l’objet a été bien assujetti dans le cylindre du microtome, il ne se dérangera pas, même s’il présente une certaine dureté, et la coupe conservera le sens qu’on aura voulu lui donner. On livre avec le microtome des cylindres de cuivre de plus petite ouverture qu’on introduit dans le précédent lorsqu’on veut agir sur de petits objets qu’il serait difficile de maintenir dans un cylindre d’un trop grand diamètre. Le microtome de M. Nachet que nous reproduisons ici (fig. 19) repose sur les mêmes principes.

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