CHAPITRE VIII. — ORGANES DE REPRODUCTION
une troisième et une quatrième fois. C’est ainsi que doivent être examinés les phénomènes du développement chez les Ovules des Labiées, Borraginées, Crucifères, Conifères, etc. »
Sac embryonnaire. — L’étude du sac embryonnaire présente un intérêt tout particulier. — On pourra l’examiner au moyen de coupes pratiquées comme nous venons de l’indiquer. Toutefois les commençants feront bien de prendre comme sujets d’étude des plantes telles que les Gladiolus , Crocus , Zea , Euphrasia , Cheiranthus , chez lesquelles la paroi du sac embryonnaire est, même avant la fécondation, assez solide pour qu’on puisse l’isoler avec l’aiguille. — On aperçoit alors dans le sac embryonnaire deux formations :
1° L’une, placée dans le voisinage du micropyle, consiste en deux vésicules protoplasmatiques ovoïdes ou globuleuses ordinairement dépourvues de membrane d’enveloppe, celle-ci n’apparaissant que comme phénomène consécutif à la fécondation (fig. 202) (sauf toutefois, d’après M. Hofmeister, dans quelques plantes,
Nuphar, Tropæolum , Cheiranthus , Posa, etc.). — Ces deux vésicules ont reçu le nom de vésicules embryonnaires ; dans les Crocus . Gladiolus , Phormium tenax , d’après Schacht, la moitié supérieure de chacune des vésicules est coiffée d’une masse brillante, cellulosique , d’apparence filamenteuse, qu’il nomme appareil filigère et que l'on met bien en évidence en plongeant dans l’alcool les fleurs avant d’observer le sac embryonnaire. Le même appareil s’observe
encore, quoique plus difficilement, dans Y Iris (Hofmeister), le Fuchsia gloriosa, le Campanula medium, Y Euphrasia odontites, etc. (Schacht, loc. cit.).
2° La seconde formation que présente le sac embryonnaire consiste en deux vésicules à parois très délicates, pourvues d’un noyau brillant, et qui occupent l’extrémité du sac opposé au micropyle, d’où le nom de vésicules antipodes qui leur a été donné; ces corps sont transitoires.
Fig. 202. — Coupe longitudinale d’un ovule anatrope après le développement des vésicules embryonnaires. — a. Cellules antipodes. — m. Micropyle. — c. Chalaze. — r. Raphé. — n, n.
Nucelle.
On examinera encore le développement de l’albumen dans le sac embryonnaire. Les cellules qui le forment se produisent, suivant les espèces, par formation libre ou par division. — Nous renvoyons pour cette étude à la page 63 où nous sommes entrés dans d’assez longs détails à ce sujet.
Développement de l'embryon. — Pour étudier le développement de l’embryon, on aura tout avantage à provoquer soimême la fécondation, en saupoudrant les fleurs avec le pollen. — On n’oubliera pas que certaines plantes, et en particulier les Conifères, mettent un long temps à mûrir leurs graines. Ainsi les graines des Pinus et Juniperus demandent deux ou * trois années : leurs ovules se développent au printemps, alors a lieu la pollinisation; c’est au printemps suivant seulement que se forme l’endosperme et qu’apparaissent les corpuscules' enfin, vers le milieu de ce deuxième été (juin), la fructification commence, et à l’automne l’embryon est formé, la graine mûrit (dans le Pinus Pinea et le Juniperus, ce dernier phénomène s’accomplit seulement à l’automne de la troisième année). L'Abies, le Picea , le Laryx , le Thuya , le Taxus , l'Araucaria, n’emploient au contraire qu’une année pour développer leurs graines (Schacht, loc. cit.).
Quoi qu’il en soit, après la fécondation, les deux vésicules embryonnaires se recouvrent d’une membrane. La supérieure
va par des divisions successives former le suspenseur, l’inférieure constituera Yembryon (fig. 203). Pour cela, cette cellule se divise un grand nombre de fois, et donne lieu à une masse compacte ou méristeme qui bientôt se différencie en une couche périphérique d’une seule assise (dermatogène), en même temps que par des cloisonnements principalement longitudinaux la masse du tissu central se sépare en un faisceau axile qui constitue le plérome (fig. 113 et 114). Le périblème ou tissu interposé entre les deux précédentes couches s’accroît par des divisions principalement
Fig. 203. — Vésicule embryonnaire fécondée d’un Arabis. — ■p. Extrémité du tube pollinique. — s. Paroi du sac embryonnaire. — e. Endosperme.
— a. Vésicule embryonnaire . suspenseur. — b. Embryon.