CHAPITRE VIII. — ORGANES DE REPRODUCTION
transversales. Avant que ces divisions se soient opérées, il s’est produit entre le suspenseur et le corps embryonnaire une cellule {h, fig. 115) que M. Hanstein nomme hypophyse , dont procédera la racine. — Les divisions dans cette cellule commencent après la différenciation des trois couches susdites, dans le corps embryonnaire.
Si l’on examine un état de développement un peu plus avancé, on voit, chez les Dicotylédonées, se produire à l’extré-
Fig. 204. — Juniperus commuais d’après M. Ilofmeister. — A. Section longitudinal du nucelle kk ; e, l’endosperme ; e', région ramollie de l’endosperme ; p, tube pollinique; cp , les corpuscules; v, les proembryons. Commencement d’août. — B. Trois corpuscules rapprochés. Dans deux, l’oosphère fécondée ei occupe l’extrémité inférieure. — d. Cellules operculaires formant le col de l'archégone. — p. Tube pollinique. 28 juillet. — C. Extrémité inférieure d’une des séries longitudinales des cellules du proembryon, avec le début d’embryon, el.
mité du corps embryonnaire la plus éloignée du suspenseur deux mamelons qui sont le premier indice des cotylédons. Il ne s’en forme qu’un seul chez les Monocotylédonées.
Embryon des conifères. — Chez les Conifères (fig. 204) plusieurs corpuscules peuvent être fécondés à la fois et se développer, bien qu’en général un seul d’entre eux arrive à maturité complète. Ces corpuscules des conifères sont d’après les recherches de Strasbürger ( loc . cit.) tout à fait comparables aux archégones des Cryptogames vasculaires. Ils proviennent
GUIDE DE MICROGRAPHIE.
de cellules-mères spéciales qui naissent par formation libre dans le sac embryonnaire. Chacune de ces cellules, après avoir grandi notablement, se divise au voisinage du sommet en une petite cellule (fig. 205, B, d) qui occupe ce sommet et, par division, formera le col de l’archégone, qui se composera alors de quatre à huit cellules. — La cellule inférieure est la cellule centrale de l’archégone ; son protoplasma est rempli de vacuoles (Strasbiirger) (1) avant la fécondation ; après l’action de la matière fécondante, une cellule (ei) se sépare à la partie inférieure de la grande cellule centrale. — C’est l’oospore, qui par des divisions forme un corps ou proembryon, composé de trois à quatre étages de cellules superposées. Les cellules de l’étage supérieur ( Taxus , Juniperus ) ou de l'étage moyen (Abiétinées) venant à s’allonger considérablement, le fond de la cellule centrale se déchire, et ces cellules se développent en longs tubes (fig. 204, A, v) qui pénètrent dans la partie ramollie de l’endosperme.
Chez les Abiétinées et les Gupressinées, chacun de ces tubes produit à son extrémité un commencement d’embryon (fig. 205, C, el); chez les Taxus, ces tubes demeurent réunis et ne forment à leur sommet qu’un seul embryon. Ainsi donc dans la généralité des Gymnospermes, chaque corpuscule peut à lui seul développer plusieurs embryons.
Graine. Les enveloppes de la Graine (Testa et Tegmen) sont de structure très diverse et sembleraient d’après de récents travaux (2) ne pouvoir être considérées en général comme parties correspondantes aux enveloppes (primine et secondine) de l’ovule. Quoi qu’il en soit, l’enveloppe externe de la Graine se fait souvent remarquer par des épaississements dans ses cellules, qui deviennent même quelquefois très allongées perpendiculairement à la surface de la graine.
L 'albumen offre également un sujet d’étude intéressant, et présente des variations nombreuses. Tantôt très volumineux, ses cellules sont remplies d’amidon, d'huile, d’aleurone, etc.
(1) Strasbiirger, die Befruchtung bei den Coniferen, Iéna, 1809, et die Coniferen und die Gnetaceen, Iéna, 1872.
(2) Bertrand, Comptes rendus. — Poisson, Bull. Soc. Bot. 1878. — Bâillon, Revue internationale des sciences dirigée par J. L. de Lanessan. V 2. 1878.