‹ Guide de l'élève et du practicien pour les travaux pratiques de micrographie, comprenant la technique et les applications du microscopeChapitre 215 sur 451 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

Les instruments d’investigation et d’analyse se perfectionnent de jour en jour et, grâce à eux, le médecin, le chimiste peuvent procéder aux recherches les plus délicates. L’importance de l’examen du sang au point vue clinique et physiologique n’échappe à personne ; de récents travaux, dont nous donnerons ci-après l’analyse, en ont fourni des preuves aussi nombreuses qu’éloquentes : si la clinique, si la physiologie, ont retiré de l’analyse microscopique du sang, des résultats féconds, on peut dire, que le rôle joué dans les recherches médico-légales par le microscope, n’est pas moins prépondérant. On trouve, dans les annales judiciaires, des affaires même très récentes, dans lesquelles, la constatation microscopique des éléments du sang, soit sur un vêtement, soit sur un objet quelconque, a pour ainsi dire constitué la seule preuve invoquée contre l’accusé. Si l’on songe qu’en pareils cas, la condamnation dépend des résultats fournis par l’expertise, on sentira l’urgente obligation de se familiariser au laboratoire, avec ces recherches si délicates, qui demandent à la fois un œil expérimenté et un esprit rompu aux méthodes scientifiques. Le médecin et le pharmacien, peuvent, à un moment donné, être moralement obligés d’assumer la lourde responsabilité d’un pareil examen, et s’ils ne sont pas depuis longtemps habitués à la pratique de ces recherches, ils s’exposeront à commettre des erreurs, dont les conséquences

GUIDE DE MICROGRAPHIE.

peuvent être irrémédiables pour un innocent et quelquefois aussi pour l’expert.

Lorsque le sang coule dans nos vaisseaux, on peut le considérer, d’une façon théorique, comme formé de deux parties distinctes, l’une comprenant tous les éléments figurés solides, l’autre constituée par le sérum tenant en dissolution les matières alluminoïdes, les sels, etc.

Dans ces conditions purement théoriques, nous le répétons, seule, la première classe d’éléments serait justiciable du microscope. Mais dans la pratique il n’en est pas ainsi. En effet, peu de temps après être sorti des vaisseaux, le sang, d'abord liquide, ne tarde pas à se prendre en masse, par la coagulation de la fibrine . Ce corps a des caractères physiques qui permettent de le reconnaître au microscope.

De plus, le sang ne contient pas toujours que des éléments normaux. En effet, dans certaines maladies soit d’origine infectieuse, soit de toute autre nature, le sang peut renfermer des vibrioniens ou d’autres éléments anormaux, dont la constatation éclaire le diagnostic.

C’est en nous conformant à cet ordre d’idées, que nous étudierons le sang, en le considérant d’abord au point de vue normal, puis au point de vue pathologique.

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