‹ Guide de l'élève et du practicien pour les travaux pratiques de micrographie, comprenant la technique et les applications du microscopeChapitre 237 sur 451 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

DES SÉDIMENTS DE L’URINE. 409

sont pas limités par une ligne sombre. Ils ont souvent à leur surface des cellules rénales ou des corpuscules lymphatiques. Ces cylindres généralement très longs, formés d’une matière protéique analogue à la mucine, sont fréquemment difficiles à reconnaître à cause de leur transparence. Leur présence dans l’urine n’a pas une signification grave ; elle est souvent le résultat d’une congestion simple du rein ou d’un catarrhe léger des tubuli.

Les cylindres hyalins , que l’on rencontre dans la plupart des affections des reins, amenant l’albuminurie, sont formés par

Fig. 243. — A. Cylindre hyalin avec cassures sur ses bords. — B. Cylindre hyalin ayant entraîné à sa surface des fraçmeats de cellules. — C. Cylindre contourné. (D’après Cornil et Ranvier.)

une matière homogène hyaline, colloïde, sans granulations dans leur intérieur. Leurs bords sont bien accentués et ombrés; ils ne s’aplatissent pas entre deux lames de verre et conservent la forme cylindrique. Les extrémités sont formées par une surface circulaire. Ils varient comme forme, comme longueur et comme diamètre; le plus souvent, ils n’ont pas plus de 50 à 100 u., mais ils peuvent atteindre 1 millimètre de longueur; ils sont quelquefois en tire-bouchon, comme les tubes contournés où ils ont pris naissance. Il en est de très étroits, d’autres sont très gros. Leur largeur varie entre 5 et 40 u. et quelques-uns portent des fentes vitreuses et des fêlures transversales. Quand ils sont nombreux, disent MM. Cornil et Ranvier, ils indiquent toujours une maladie de Bright grave ; s’ils sont durs et à bords ombrés, ils sont l’indice que l’affection remonte à une époque ancienne.

GUIDE DE MICROGRAPHIE.

L’acide acétique est sans action sur eux ; ils se colorent facilement par toutes les matières colorantes, par le carmin, par la matière colorante du sang, de telle sorte que lorsque le sang est mélangé à l’urine, dans la maladie de Bright, ils sont colorés en jaune-brun. La solution d’iode dans l’iodure de potassium les colore, mais la coloration ne persiste pas.

Dans le cas de dégénérescence granulo-graisseuse, des cellules épithéliales grenues se fixent à la surface du cylindre et constituent comme une sorte de revêtement cortical complet.

Accidentellement, ces cylindres peuvent présenter, h leur surface ou dans leur intérieur, des granulations d 'urate de soude ou des cristaux de phosphate tribasique, d’oxalate de chaux ou d’acide urique. Chacun de ces corps présente des caractères spéciaux que nous étudierons ci-après.

Dans l’ictère, les cylindres hyalins sont colorés en jaune et recouverts de granulations jaunes; on rencontre également dans l’urine des cellules épithéliales contenant du pigment biliaire, et même, suivant une observation de MM. Cornil et Ranvier, des cristaux de biliverdiue.

Dans un certain nombre d’intoxications, les reins subissent des altérations profondes, caractérisées par la dégénérescence

granulo-graisseuse (fig. 245 et 246).

C’est le phosphore qui produit les désordres les plus graves et les plus rapides, mais ces désordres se retrouvent également, dans l’empoisonnement par l’arsenic et par l’antimoine.

Les cylindres que l’on rencontre dans l’urine sont composés par une masse grenue , contenant des molécules graisseuses; ils sont pleins.

Lorsque sous l’influence de l’élimination de certains poisons, ou de toute autre cause, il se produit dans le rein une congestion intense, il se fait des hémorrhagies à l’intérieur des tubes urinifères ; la fibrine s’v coagule et prend la forme des tubes. On a alors de véritables cylindres fibrineux. Les caractères de la fibrine s’y retrouvent, en effet, tels que nous les avons indiqués; elle a l’aspect fibrillaire et se gonfle sous l’influence de l’acide

Fig. 244. — Stéatose pure. Tubes du reiu ; substance corticale.

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