‹ Guide de l'élève et du practicien pour les travaux pratiques de micrographie, comprenant la technique et les applications du microscopeChapitre 32 sur 451 · ÉTUDE DE LA NATURE CHIMIQUE DE LA MEMBRANE CELLULAIRE · texte numérisé non relu

ÉTUDE DE LA NATURE CHIMIQUE DE LA MEMBRANE CELLULAIRE

Sujets d’étude. — On n'agira pas sur des tissus trop jeunes, chez lesquels les parois cellulaires n’ont pas encore acquis leur composition chimique définitive.

Les longues cellules du coton, ainsi que beaucoup de poils à parois peu épaisses, permettront d’obtenir des réactions caractéristiques. Les cellules des fruits pulpeux, celles de la moelle du sureau, enfin les cellules épidermiques de la partie inférieure des feuilles des Liliacées et Iridées, fourniront également d’excellents sujets d’étude.

Réactifs ; mode d’emploi. — Si l’on a essayé sur le protoplasma de cellules complètes les réactifs que nous venons d’indiquer, on a pu remarquer que ces réactifs n’agissent point ou agissent d’une tout autre manière sur la paroi cellulaire; c’est qu’en effet la composition chimique de cette membrane

GUIDE DE MICROGRAPHIE.

diffère essentiellement de celle que nous avons attribuée au protoplasma. Le plus souvent, la membrane cellulaire est formée de cellulose. Il y a toutefois quelques exceptions; la paroi des cellules des champignons, par exemple, est formée de fongine , principe isomère de la cellulose, mais qui ne donne point les mêmes réactions (Voir Ch. Robin, Théorie cellulaire).

La cellulose se caractérise :

1° Par la coloration bleue qu’elle prend sous l’influence de Veau iodée et de l 'acide sulfurique.

L’emploi de ces réactifs exige certaines précautions. On devra, tout d’abord, traiter le tissu à examiner par une dissolution de carbonate de soude, dans laquelle on le fera bouillir pendant un temps variable avec la nature des éléments. Prenons pour exemple l’essai du réactif sur le coton. Après avoir soumis une portion déterminée de cette matière à l’ébullition pendant un quart d’heure dans la lessive susdite, ou bien encore après avoir plongé le coton pendant quelques secondes dans une solution concentrée de potasse, puis l’avoir lavé à l’eau distillée, nous en prenons une petite portion que nous desséchons avec soin entre plusieurs feuilles de papier buvard. Puis nous la plaçons sur un porte-objet, et nous déposons sur la préparation une ou deux gouttes de solution iodée. Après quelques minutes d’attente, alors que la masse est bien imprégnée, nous la desséchons de nouveau avec grand soin, et nous la traitons par une ou deux gouttes de la liqueur sulfurique. Au bout d’un temps variable, et très rapidement si l’opération a été bien menée, les parois des cellules prennent une belle coloration bleue. Cette réaction paraîtra très inconstante, si on ne prend toutes les précautions que nous indiquons. Nous insistons particulièrement sur la nécessité d’absorber complètement l’excès de solution iodée ; en effet, s’il reste de l’eau, l’acide sulfurique se trouvant dilué n’agit plus suffisamment, et l’on n’obtient pas la coloration bleue. Les membranes cellulaires prennent alors une teinte d’un jaune-brun plus ou moins foncé. Le réactif que nous venons d'indiquer ne donne pas une coloration bleue permanente aux parois des cellules. Peu à peu en effet la cel-

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