CHAPITRE II. — ÉLÉMENTS ANATOMIQUES
lulose reprend sa cohésion, et la membrane, passant d’abord au violet, perd bientôt toute coloration.
2° On emploie encore pour caractériser la cellulose le chlorure de zinc iodé (Voir page 45), qui lui fait prendre une belle teinte bleue. Ce réactif est d’un emploi peut-être plus sûr que le précédent, car il exige moins de précautions. On ne négligera pas toutefois, avant l’emploi du réactif, de faire agir la potasse sur le tissu à examiner. Si l’on opère sur le parenchyme d’une feuille, ou sur la moelle de sureau, il suffira de tremper ces tissus dans une solution concentrée de potasse. Le contact avec la potasse ne devra pas être prolongé au delà de quelques secondes, et on devra immédiatement laver la préparation dans l’eau avant de la traiter par le chlorure de zinc iodé. La potasse gonflant la cellulose la rend beaucoup plus sensible au réactif ; aussi cette méthode nous a-t-elle donné d’excellents résultats. La coloration bleue est instantanée, aussi bien sur les tissus frais que sur la moelle de sureau sèche. Nous recommandons aux débutants pour cette étude la moelle de sureau qui, desséchée, ne présente plus qu’un amas de parois cellulosiques et se laisse aisément diviser en coupes très fines parfaitement propres à l’observation.
3° Enfin M. Schweiser de Zurich a indiqué l’emploi de l’oxyde de cuivre ammoniacal, qui a la propriété de dissoudre la cellulose.
Les diverses réactions que nous venons d’énumérer peuvent être modifiées lorsque, par suite du développement, la paroi cellulaire s’est notablement épaissie, et est devenue le siège de dépôts divers. Nous indiquons plus loin les moyens de reconnaître ces transformations ; ajoutons que même lorsque les parois sont très épaissies et modifiées, ces modifications portant principalement sur les couches externes, on retrouvera presque toujours à la face interne de la membrane cellulaire une couche qui prendra la coloration bleue par les réactifs susdits. Toutefois, comme dans ces circonstances la réaction est très délicate à obtenir, on fera bien au préalable de vider les cellules, ou encore de contracter le protoplasma par l’alcool, par exemple, afin de bien mettre en évidence la face interne de la membrane enveloppante.
GUIDE DE MICROGRAPHIE.
Enfin, lorsqu’au contraire la paroi des cellules est extrêmement mince, on fera bien, comme le conseille Schacht (1), de produire sur le protoplasma des contractions irrégulières au moyen d’eau sucrée ou d’un acide très dilué, ou encore d’une dissolution étendue de sel de cuisine; on verra alors la paroi, quelque mince qu’elle soit, se séparer comme une pellicule très légère du contenu de la cellule qui s’agglomère irrégulièrement.
Le suc cellulaire est un liquide aqueux tenant en suspension ou en dissolution des matières très diverses. Nous croyons donc devoir faire rentrer l’étude de ses réactions dans le chapitre que nous réservons à l’examen du contenu des cellules .
Art. 2.
Étude de la génération des cellules.
On admet généralement trois modes distincts de génération des cellules.
Dans l’un de ces modes il n’y a pas multiplication de la cellule mère, mais formation d’une seule cellule fille aux dépens de tout le contenu protoplasmatique de la cellule mère. Ce procédé a été désigné du nom de rajeunissement.
Dans les deux autres modes de génération, il y a multiplication de la cellule mère, et par suite individualisation de plusieurs cellules filles aux dépens de tout ou partie de la cellule mère. Lorsque tout le protoplasma de la cellule mère n’est pas employé pour la formation des cellules filles, il y a ce qu’on appelle formation libre ou genèse. Dans le cas où tout le protoplasma de la cellule mère sert à la formation des cellules filles, le procédé de multiplication diffère du précédent ; il y a alors division ; celle-ci est binaire si deux cellules filles seulement naissent de cette multiplication ; elle est multicellulaire simultanée dans le cas où plus de deux cellules filles sont le résultat de la division du protoplasma de la cellule mère.
(1) H. Schacht, Le microscope et son application spéciale , à l'étude de l’anatomie végétale , traduction en français par M. Dalimier. Paris, 1875,