‹ Guide de l'élève et du practicien pour les travaux pratiques de micrographie, comprenant la technique et les applications du microscopeChapitre 323 sur 451 · CHAPITRE XV. — DES MATIÈRES FÉCALES · texte numérisé non relu

CHAPITRE XV. — DES MATIÈRES FÉCALES

conium présente à peu près les mêmes caractères que ceux qu'il aura au moment de la naissance (Ch. Robin).

Le méconium est brun, ou brun verdâtre, d’une consistance visqueuse. Il renferme surtout un mucus spécial, qui tient reliés ensemble tous les éléments anatomiques qui le composent. « Par lui-même, dit M. Robin, ce mucus ne présente rien de bien particulier.il est transparent, ses stries sont parallèles entre elles, rectilignes ou onduleuses, rapprochées les unes des autres en certains points, s’écartant ensuite et finissant par disparaître. Cette particularité est détruite par la dessiccation. Dans ce mucus on voit beaucoup de granulations moléculaires, grisâtres et très petites, ainsi que quelques granulations graisseuses. Elles ont une coloration jaunâtre, un centre brillant et un contour foncé. On rencontre, en outre, soit des

Fig. 365. — Cellules épithéliales de l’intestin grêle, encore adhérentes les unes avec les autres (gross. 300 d.). — a. Membrane gonflée par l’eau (Kôlliker).

cellules isolées, soit surtout des gaines encore tout entières, reproduisant la forme des villosités dont elles sont détachées, ou bien encore des lambeaux de l’épithélium qui tapisse l’estomac et le gros intestin. » (Ch. Robin.)

« A l’époque de la naissance, les cellules prismatiques qu’on y trouve sont tantôt isolées, tantôt juxtaposées en nombre plus ou moins grand. Elles sont généralement peu régulières, à bords moins nets, que ceux des cellules prises à la surface même de la muqueuse ; elles sont en même temps plus granuleuses, et peu laissent encore voir leur noyau ovoïde. On distingue pourtant leur extrémité adhérente, ou la plus étroite, de l’extrémité libre, un peu plus large, qui était tournée vers la cavité de l’intestin. La plupart sont teintées en jaune verdâtre foncé, par la matière colorante de la bile. Il est facile de reconnaître la nature de ces cellules, lorsqu’on a déjà vu les cel-

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Iules semblables qu’on observe dans la bile prise dans la vésicule du fiel. » (Robin, Traité des humeurs.)

On trouve fréquemment de la cholestérine cristallisée dans le méconium. Les éléments qui le caractérisent surtout, ce sont des grains, ou grumeaux de matière colorante verte de labile (biliverdine). Pendant la vie extra-utérine, cette matière colorante, au lieu d’être en grains isolés, comme dans le méconium, est intimement mêlée au sérum biliaire. D’après M. Robin, ces granules affectent des formes différentes : tantôt ils sont globuleux ou ovoïdes, tantôt ils sont polyédriques et à angles arrondis. Cette dernière forme est même la plus fréquente. Le diamètre de ces grains est très variable (de 5 à 40 [/.) ; la plupart ont de 10 à 20 millièmes de millimètre. Ce caractère suffit pour empêcher qu’on les confonde avec des grains de chlorophylle.

L’acide nitrique produit sur ces grains la série de colorations que l’on observe, quand on le fait réagir sur les matières colorantes de la bile; cependant, la coloration violette est la seule nettement visible au microscope. Lorsque les enfants ont tété, le méconium conserve encore sa viscosité, mais il est devenu vert-jaunâtre. On y trouve encore des cristaux de cholestérine, mais les granules de biliverdine sont devenus rares. Cette couleur est due principalement, dit M. Robin, à la présence de cellules épithéliales pavimenteuses, pâles, la plupart sans noyaux, quelquefois plus foncées, par suite de la présence d’un grand nombre de granulations jaunâtres. Ces cellules sont généralement étalées, quelques-unes plissées; rarement elles sont imbriquées; suivant M. Robin, elles proviendraient de 1 œsophage et seraient entraînées par les premiers mouvements de déglutition.

Nous avons représenté en a (fig. 366) les granules de matière colorante verte, dont le volume est très variable, ainsi que nous 1 avons dit, et qui passent par des colorations diverses sous 1 influence de 1 acide azotique. Les cellules épithéliales figurées en b sont, les unes incolores, les autres colorées en jaune, et beaucoup d’entre elles contiennent, dans leur intérieur, des corps très petits, tantôt isolés, tantôt groupés, de couleur jaune orangé, aflectant soit la forme losangique, avec des

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