CHAPITRE XVI
DES PARASITES
gne, on comprendra que l’organisme se trouve bientôt infecté de Trichines. Quoique ces embryons soient très nombreux, il est rare d’en rencontrer dans le mucus intestinal, où habitent leurs parents. Pour se frayer un chemin à travers les parois intestinales, et de là se rendre dans toutes les parties du corps, l’embryon n’est armé ni de stylet, ni de crochet; c’est grâce seulement à son extrême petitesse (il n’a que 0mm,003 d’épaisseur) qu’il voyage à travers les tissus. D’après M. Davaine, cette migration se ferait par le tissu musculaire, mais Zenker ainsi que quelques autres observateurs ont quelquefois trouvé des embryons dans le sang de l’homme, où ils avaient probablement été entraînés. L’embryon de la Trichine n’est constitué que par un simple tégument, sans organisation appréciable et par une substance granuleuse incluse, qui ne semble pas différer du vitellus, dont l’embryon s’est formé. Parvenu dans une fibre musculaire, l’embryon grandit rapidement, tous ses organes, sauf ceux de la génération, se développent. Au bout de dix-neuf jours, la trichine est à l’état de larve; elle reste dans cet état, indéfiniment ou temporairement, soit qu’elle subisse une des altérations que nous indiquerons, ou que, plus favorisée, elle arrive dans l’intestin d’un mammifère, où elle se développera.
Durant sa période larvaire, longtemps seule connue, la Trichine se présente sous l’aspect d’un petit nématode long de lmm,3 à 0mm,8, enroulé sur lui-même dans un kyste à parois épaisses, souvent séparables en deux tuniques ; il est rare que le même kyste renferme deux ou trois Trichines.
D’après les docteurs Bristowe et Itainey (Y. Davaine, p. 735), le kyste serait produit par la Trichine ; les parois du kyste tout en étant laminées, ne présentent pas d’une façon aussi nette que dans les membranes hydatiques, la disposition en couches concentriques et superposées. Le kyste est sujet à subir certaines altérations qui en altèrent l'aspect. Ordinairement formée par une substance transparente, la paroi du kyste réfracte fortement la lumière, on y aperçoit des granules de substance minérale, plus abondants dans les couches superficielles, et suivant d’autres, dans les couches profondes du kyste. Ces granules donnent à la capsule une consistance
GUIDE DE MICROGRAPHIE.
rigide qui la fait crier par le grattage du scalpel. D’après MM. Bristowe et Rainey, ces granules se dissolveraient rapidement dans l’acide chlorhydrique, sans effervescence, ce qui indiquerait qu’ils sont formés de phosphate de chaux. Pour Küchenmeister, ces granulations seraient formées de carbonate de chaux, uni à une substance organique, mais, fait observer M. Davaine, ce carbonate pourrait provenir non des parois, mais du carbonate calcaire, qui se trouve libre dans la cavité des kystes. L’absence d’effervescence ne serait pas, d’après M. Davaine, un caractère absolu de la non-existence des carbonates; lorsque le carbonate de chaux est en très petite quantité, l’acide carbonique se dissout dans le liquide ambiant à mesure qu’il est libre. L’altération du kyste est d’autant plus prononcée, que celui-ci est de formation plus ancienne; la conséquence de cette altération est la mort delà Trichine; celle-ci est quelquefois complètement incrustée de matière terreuse. La dégénérescence crétacée commence parles pôles et n’envahitles parties centrales que plus tard. Les muscles envahis par la trichine sont parsemés de petites taches blanches dont la disposition est variable. Ces taches blanches constituent les kystes qui contiennent le ver enroulé. Ces vésicules peuvent être disposées par groupes, tantôt en séries linéaires; parfois ils sont isolés (Davaine). Le plus souvent (Owen) ils sont en contact. Le grand diamètre des kystes est toujours dirigé dans le sens des faisceaux musculaires. Les kystes sont souvent entourés d’une sorte d’atmosphère de vésicules graisseuses, qui refoulent simplement les fibres musculaires entre lesquelles ils sont logés; ils adhèrent au tissu cellulaire ambiant. Souvent les vésicules graisseuses forment une enveloppe complète entourant le kyste.
Ces collections graisseuses ne présentent pas de caractères .particuliers; les cellules sont polyédriques par pression réciproque et contiennent un liquide transparent soluble dans l’éther ; quand la paroi se rompt, il s’écoule en globules huileux. Quelques-unes de ces vésicules contiennent parfois des cristaux, très probablement de stéarine. Les vésicules graisseuses pénètrent également dans l’intérieur du kyste, et le ver succombe à une sorte d’envahissement graisseux.