‹ Guide de l'élève et du practicien pour les travaux pratiques de micrographie, comprenant la technique et les applications du microscopeChapitre 368 sur 451 · CHAPITRE XVI. — DES PARASITES · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVI. — DES PARASITES

faction était complète et les Trichines étaient vivantes. La Trichine est protégée par son kyste ; dès que cet agent protecteur vient à lui faire défaut, il suffit de la toucher avec de la glycérine ou de l’eau sucrée pour la voir mourir immédiatement (Lahoulbène).

En France la trichinose a toujours été fort rare et réellement exceptionnelle : on a constaté sa présence trois fois seulement et chez le cadavre. Il y a quelques mois, la trichinose a été observée en province, à Crépy-en-Valois (Oise), dans la clientèle d’un médecin distingué, le Dr Jolivet, ancien interne des hôpitaux de Paris. Vin^t personnes ayant mangé de la viande de porc salé, toutes devinrent plus ou moins malades et présentèrent des symptômes tout à fait différents de ceux que l’on observe dans nos pays. M. le Dr Jolivet fit examiner la viande par M. Lahoulbène, qui y trouva de nombreuses Trichines. Cette observation sera publiée en entier, nous l’espérons.

En Allemagne, d’après les dernières statistiques (1876), la trichinose aurait diminué dans une notable proportion depuis que l’examen microscopique a été institué. Sur 1,728,595 porcs examinés, on a trouvé 800 animaux trichineux appartenant à 358 communes. En Suède, au contraire, cette affection semble beaucoup plus commune, ainsi àLienkôping, on trouve un porc trichineux sur 63 animaux, tandis qu’à Copenhague on en trouve seulement 1 sur 465, à Schwerin I sur 550, à Halle 1 sur 3,000. En Amérique, la trichinose semble également être assez fréquente, et ii serait indispensable d'établir dans les ports, et principalement à Hambourg, un service d’inspection sévère, sur les nombreux jambons qui nous viennent d’Amérique. A Chicago, sur 400 porcs examinés, on en trouva 28 infectés, c’est-à-dire 1/50; sur 200 jambons importés d'Amérique en Suède, il y en avait 20 trichinés, c’est-àdire 1/10 (Nocart et Bouley).

Ainsi que nous avons pu nous en assurer, les jambons d’origine allemande proprement dite, arrivent en France avec un certificat, accompagnant la lettre de voiture, et constatant que le porc n'était pas malade et qu'il n’y a pas d’épizootie dans le pays. Ces certificats, dont nous possédons un certain

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nombre d’exemplaires, sont signés par l’inspecteur assermenté pour la recherche de la Trichine (1).

(1) La trichine en Amérique. — Il y a quelques mois on découvrit en Allemagne l’existence des trichines dans un grand nombre de jambons et de porcs sur pied, venant des États-Unis d’Amérique. Quand cette nouvelle arriva en Amérique, elle produisit un certain étonnement, et quelques journaux contestèrent môme l’existence do la trichine aux États-Unis; ils avaient oublié qu’en 1871 on avait signalé dans ce pays plusieurs épidémies de trichinose humaine et que même l’Académie des sciences de Chicago avait chargé une commission de faire une enquête sur cette maladie, chez le porc. Ces préoccupations et ces faits avaient été oubliés ou étaient restés ignorés en Europe, et l’on ne se méfiait pas assez des jambons d'Amérique; les examens microscopiques institués en Allemagne par l’autorité sanitaire ont montré que les jambons de provenance américaine étaient encore plus fréquemment infectés que les jambons allemands. Il est important de connaître ces faits, car dans certains pays et particulièrement dans le Yorkshire et le Lancashire, les colons peu aisés font un usage très commun de la viande de porc crue ( The Lancet et Rev. d’hyg.).

Le docteur W. T. Belfield, répétiteur de physiologie à Rush Collège, et M. H. -F. Atwood, vice-président de la société microscopique de l’État, ont pendant plusieurs semaines examiné de la viande de porc, en vue des trihines. Cet examen fut entrepris, à la demande du Conseil de santé de Chicago. Les échantillons furent fournis par un officier de santé, qui se les était procurés dans les différents dépôts de la ville, indistinctement. Les recherches portèrent sur une centaine de porcs, et dans huit on trouva des trichines. Le nombre approximatif de ces helminthes varia de 35 à 13, par pouce cubique de muscle strié. (Il faut dire que les viscères : foie, reins, cerveau, graisse, lard gras, n’en renferment jamais. Le cœur fait exception à cette règle à cause de ses fibres striées.) Un grand nombre d’expériences furent faites sur des rats, en vue de la rapidité de propagation do ces vers et de leurs effets, et ont fait voir que ces animaux peuvent être nourris de temps à autre de trichines, sans que leur santé en soit altérée. Pendant six semaines un rat ne reçue tous les deux ou trois jours, que de la viande de porc altérée : il n’en résulta queun trouble dans sa santé. Après l’avoir tué, on constata que son corps fourmillait do trichine^ vivants. Les expérimentateurs affirment qu’il n’y avait pas moins de 100,000 vers. Ainsi les trichines pullulent en nombre considérable avant que la santé s’en ressente; mais au bout d’un certain temps des symptômes myotiques se manifestent, le plus souvent sous forme de douleurs rongeantes, térébrantes, prétendues rhumatismales. Rien de plus fréquent à la campagne où, l’hiver, l’alimentation de nos campagnards consiste surtout en viande de porc moisie; car on se donne à peine le soin de la fumer ou de la faire bouillir, ce qui écarterait en grande partie le danger.

D'où le porc contracte-t-il des trichines — car on sait que ces vers ne lui appartiennent pas en propre? Il paraîtrait que cela provient de son mode de chercher sa nourriture dans la terre, où il ne trouve pas toujours des truffes. Langenbeck prétend qu’il existe des trichines dans le ver de terre ou lombric; et on est disposé à le croire à cause de sa texture charnue. Les souris, les rats, en renferment également, de là la transmission

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