‹ Guide de l'élève et du practicien pour les travaux pratiques de micrographie, comprenant la technique et les applications du microscopeChapitre 370 sur 451 · CHAPITRE XVI. — DES PARASITES · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVI. — DES PARASITES

intercostaux, des muscles de l’avant-bras et de la jambe; on y fait, à l’aide de ciseaux fins, de minces coupes dans le sens des fibrilles et le plus près possible de leur terminaison. Ces coupes sont étalées sur une même plaque de verre, au centre d'une goutte d’eau, dilacérées à l’aide d’aiguilles imbibées d'acide acétique et de glycérine, recouvertes d’une lamelle et mises au point. En promenant la préparation sous l'objectif, de façon à en parcourir toute l’étendue, on aperçoit bientôt quelque Trichine, qui se présente sous forme de dilatation pâle, ovoïde, située entre les faisceaux primitifs, qu'elle écarte et refoule, en les incurvant'autour d’elle ; c’est le kyste à l’intérieur duquel on distingue le ver, enroulé en spirale, qui peut avoir un tour et demi, deux tours ou deux tours et demi ; à chaque pôle de ce kyste, se trouve un prolongement blanchâtre, opalin, en forme de cône tronqué qui, plus tard, s’infiltre de tissu adipeux et en dernier lieu, se calcifie. Si la maladie ést très avancée, on rencontre bientôt quelques Trichines, dans Tune ou l’autre des préparations ; mais lorsqu'elle est peu accusée, lorsque surtout, il s’agit de déterminer si un porc est trichiné ou non, alors, il faut multiplier les préparations et les examiner minutieusement, avant de pouvoir porter un jugement consciencieux.

Dans ces derniers temps, un savant russe, M. Tikhomiroff, a décrit une méthode de dissociation des fibres musculaires destinée à faciliter la recherche des Trichines : La viande suspecte est coupée en petits fragments, puis mise à digérer pendant une demi-heure, dans un mélange de une partie d’acide azotique, pour une partie de chlorate de potasse ; il suffit ensuite de porter les fragments du muscle dans un flacon rempli d’eau distillée et d’agiter avec force; les muscles se dissocient en fibrilles très minces, dont quelques-unes présentent, sur leur longueur, des renflements fusiformes assez facilement perceptibles, même à l’œil nu, et qui ne sont autre chose que des Trichines enkystées, ainsi que permet de s’en assurer le plus simpleexamen microscopique. » Gomme le font observer MM. Boulcy et Nocart, ce dernier procédé, excellent en lui-même, est trop compliqué pour entrer définitivement dans la pratique de l’inspection de la viande de boucherie.

GUIDE DE MICROGRAPHIE.

Altérations «le la \iamle provoquées par «les larves «l’in-

sectes. — Pour compléter ce qui a trait aux viandes de boucherie, nous emprunterons les renseignements qui suivent au remarquable rapport de MM. Bouley et Nocart, dont nous avons parlé plus haut. Les larves de mouches, déposées pendant les chaleurs de l’été, à la surface de viandes, hâtent leur décomposition. « Un médecin anglais a constaté que, lorsque ces larves existent en grand nombre dans la viande et qu’elles sont introduites vivantes dans le tube digestif de l’homme, elles peuvent y déterminer des accidents qu'il a décrits sous le nom de myasis. » Une telle viande, à moins qu’elle ne soit dans un état de putréfaction déjà avancé, peut parfaitement servir à la consommation, à la condition d’enlever la couche superficielle dans laquelle vivent les larves. On se met facilement à l’ahri de la production de ces larves de mouche, en couvrant la viande avec une gaze, ou une toile métallique. « Les mouches les plus redoutables, par ordre de gravité, sont : 1° la mouche bleue, ou mouche à viande ( Musca vomitoria ), remarquable par sa fécondité ; c’est la mère des asticots ; 2° la mouche grise ou mouche carnassière [Musca carnaria ), encore plus grande et plus féconde que la première, mais moins fréquente; 3° la mouche ordinaire [Musca domestica ), redoutable par sa domesticité; 4° enfin la mouche dorée [Musca cæsar ), qui recherche plutôt les viandes putréfiées que les viandes fraîches. »

Viandes chaj'bonneuses. — Nous en avons dit quelques mots à l’article Sang. — On sait que les affections appelées charbon, fièvre charbonneuse, sang de rate, mal de montagne, etc., constituent une seule et même affection virulente, causée par le développementdans lestissusetdans le sang, d’un organisme inférieur, la bactéridie (Davaine) ou le bacillus anthracis (Colin). Un animal mort du charbon, subit rapidement la putréfaction ; des débris d’animaux charbonneux, disent MM. Boulev et Nocart, acquièrent des propriétés septiques, de sorte que l'inoculation d’une parcelle de sang détermine en quelques heures, non plus le charbon, mais une septicémie presque foudroyante. On peut reconnaître la viande charbonneuse aux caractères suivants : sa couleur est rouge foncé ; lavée, elle a une consistance molle ; elle est friable comme de la viande

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