CHAPITRE XVI. — DES PARASITES
jabot, intestins, réservoirs aériens ; 2° une forme tuberculeuse , caractérisée par des productions sphériques, caséo-granuleuses, jaunes, qui se développent dans les organes parenchymateux, dans le tissu cellulaire, dans l’épaisseur des tuniques intestinales, dans les orbites, ou sur la peau; tubercules qui ont exactement la même structure que les fausses membranes, c’est ce qui a engagé M. Mégnin à nommer cette affection tuberculo-diphlhérilïgue.
Cette affection est très contagieuse entre oiseaux.
L’anatomie pathologique de cette maladie a été faite très soigneusement en Italie et en France, et on a toujours trouvé, comme cause déterminante, un proto-organisme qui se ren^ contre sous la fausse membrane, ou à la périphérie des tubercules. Ces proto-organismes ont été rangés parmi les psorospermies. Ces parasites n’ont jamais été rencontrés dans les fausses membranes de l'homme, et de plus, pas un seul cas de contagion de l’oiseau à l’homme n’a été parfaitement constaté.
On peut manger impunément des volailles atteintes de diphthérie. ■ :
Certains entozoaires peuvent pénétrer accidentellement dans le larynx, la trachée et les bronches (Ascarides, Hydatides).
Pscudiieimintiies. — Il ne suffit pas de retracer les caractères distinctifs des principaux Helminthes, d’indiquer les procédés capables de faciliter leur étude, il faut encore signaler les erreurs qui peuvent être commises à leur sujet, et mettre les observateurs en garde, contre des déterminations trop hâtives et des rapprochements trop difficiles à justifier. Les observations de pseudhelminthes sont nombreuses et doivent être rapportées à des corps d’origine très différente. Les larves de Diptères, les larves de Teichomyza fusca , ou mouches des latrines, ont été souvent décrites, comme des Nématodes (Oxyures nouveaux, etc.), il en a été parfois de même pour les larves d’OEstrides, mais le nombre, des anneaux, la présence d’un appareil trachéen, permettent d’éviter aisément une semblable confusion.
Souvent, des aliments incomplètement digérés (fragments de tendons de muscles, etc.) ont été considérés comme des Entozoaires, et le même rapprochement a été quelquefois admis
GUIDE DE MICROGRAPHIE.
pour de simples débris végétaux (pétioles, fragments de tiges, cellules endocarpiennes des Gitrus, etc.) (1). Dans d’autres cas enfin, des corps d’origine différente, fortuitement rapprochés, ont pu causer de semblables méprises. C’est ainsi qu’il y a quelques années, on adressa au Dr J. Chatin, de prétendus œufs d’Entozoaires, qui n’étaient que de simples cristaux d’urates, réunis par des masses floconneuses de mucus.
Il est certain que, si les causes d’erreur sont nombreuses, elles diminueront infailliblement, par l’application du microscope, combinée avec les connaissances d’histoire naturelle, que tout médecin ou pharmacien doit posséder aujourd’hui. Il ne faut jamais perdre l’occasion d’observer des types, d’en déterminer tous les caractères anatomiques; en suivant ces indications, on donnera à l’observation la rigueur et la méthode, sans lesquelles elle peut devenir un instrument dangereux, quand elle est dirigée par un esprit mal discipliné.
De» Acariens (Arachnides).
Presque tous les Acariens, dit M. Mégnin ont une grande tendance à la vie parasitaire et passent au moins une partie de leur vie sur d’autres animaux : les uns s’y attachent simplement pour se faire transporter ailleurs, comme les hypopes des Tyroglyphes et les nymphes de Gamases ; les autres, pour y vivre des humeurs exhalées à la surface de la peau, pour y sucer le sang qui sert à leur développement et à celui de leur progéniture, comme les larves des Trombidions, des Ixodes, des Argas, des Dermanysses, des Ptéroptes, et ne causent d’autre dommage, qu’une piqûre sans conséquences graves, qui disparaît spontanément, au bout de peu de temps ; d’autres enfin se logent sous l’épiderme, ou entre les débris de cette membrane qu’il ont déchirée, et déterminent par leursmorsures répétées et venimeuses , l’éruption eczémateuse et prurigineuse qui constitue la gale. (Mégnin, Précis des maladies de la peau du cheval.)
Le mode d’action des Acariens n’est pas d’ordre purement physique ; ils blessent en effet, mais la plaie qu’ils font n’est pas simple, parce qu’ils ont une salive venimeuse, comme la
(1) Observation publiée par les docteurs Bochefontaine et Galippe, dansles Comptes rendus de la Société de biologie, 1875.