CHAPITRE XVI. — DES PARASITES
surtout quand elles sont petites et faibles. Les piqûres de Dermanysses ne sont pas venimeuses, elles guérissent spontanément, sans être suivies de symptômes inflammatoires.
Quand ils sont très nombreux dans un poulailler, ils se répan-
Fig. 428. — A. Dermanysse , — . — B. Glyciphagus cursor , . — C. Hypope , — .
dent souvent, soit sur les personnes qui passent, soit sur les grands animaux, et surtout sur les chevaux, quand l’écurie est voisine du poulailler.
II. ixod e pénétrant (Mégnin). — Les grands Ixodes, qui ont 4 à 5 millimètres à peine, n’attaquent guère que les chiens et quelquefois les chasseurs. Ils introduisent seulement leur rostre, à dents rétrogrades, dans les téguments, et tout leur corps reste en dehors, où il apparaît quelquefois gonflé, livide et de la grosseur d’une olive, ou tout au moins d’une graine de ricin.
M. Mégnin a découvert un petit Ixode qui n’a guère que 1 à 2 millimètres de long et dont les habitudes sont différentes (1). Il se loge entièrement sous les téguments, s’y cache et provoque bientôt, par sa présence, l’apparition de grosses pustules, de vrais petits furoncles qui s’accompagnent de démangeaisons très vives. M. Mégnin a observé des furoncles ixodiques sur des chiens, des lièvres et sur le cheval. C’est l’Ixode pénétrant; ce parasite vit dans les herbes des forêts sablonneuses et c’est là qu’il s’attache aux animaux qui passent à sa portée.
Parasite accidentel de l’homme. — M. Robin a signalé, en 1867, un acarien qui s’était multiplié en quantité innombrable, dans des tas de blé nouvellement égrené, et qui avait
(1) M. Mégnin a reconnu plus tard que c’était une nymphe de l'Ixode reduve.
GUIDE DE MICROGRAPHIE.
déterminé un prurit d’une assez longue durée chez des individus qui maniaient le grain, ou vivaient dans le voisinage de ces amas. M. Robin a reconnu une nymphe, ressemblant aux nymphes des Oribates. Les Oribates se distinguent des Sarcoptes par la dureté de leur enveloppe extérieure (bouclier et cuirasse) et leurs palpes à cinq articles velus et par leurs trachées. (Y. pour la fig., Robin, Traité du Microscope, p. 701.)
Transmission «le la gale «les animaux à l’homme. Contagion d’un animal à un autre. — Il y a dans la science d’assez nombreux exemples de contagion de la gale du cheval à l’homme. M. Mégnin en rapporte un assez grand nombre. Nous ne mentionnerons pas ces différents exemples, il nous suffit d’en établir l’existence. Non seulement la gale du cheval peut se transmettre à l’homme, mais elle peut encore être communiquée à d’autres animaux. C'est ainsi que Grognier a publié, en 1827, l’observation d’un cheval qui avait donné la gale à deux vaches placées près de lui dans une étable, ainsi qu’à plusieurs personnes qui l’avaient pansé.
La gale du chat peut se transmettre à l’homme, ainsi qu’aux animaux. Hertwig rapporte le fait d’une gale générale, communiquée à une servante qui faisait coucher un chat galeux
dans son lit. Dans la même année (1838) un autre auteur allemand racontait le fait d’une jeune fille, qui avait contracté une éruption à la poitrine, pour y avoir fait reposer un chat galeux. Rademacher a vu la gale du chat se transmettre à une vache, sur laquelle un chat galeux avait l’habitude de se coucher, puis à une servante qui soignait la vache, et enfin à toute la famille du propriétaire de l’animal (Mégnin, loc. cit., p. 11).
M. Gervais a observé, en 1843, qu’un dromadaire galeux, du Jardin des plantes de Paris, avait communiqué la gale aux gardiens de la ménagerie. Cette gale présente un caractère d’acuité tout particulier.
La gale de la chèvre peut être communiquée aux chevaux.
Le Sarcoptes scabiei, variété lu pi, s’étant propagé dans une
Fig. 429. — Acarus du chat.