‹ Guide de l'élève et du practicien pour les travaux pratiques de micrographie, comprenant la technique et les applications du microscopeChapitre 384 sur 451 · CHAPITRE XVI. — DES PARASITES · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVI. — DES PARASITES

ménagerie, sur des lions, des hyènes et un ours, les employés de la ménagerie contractèrent la gale.

Le Sarcoptes scabiei, variété suis, qui caractérise la gale du porc et du sanglier, peut se transmettre à l’homme, d’après Delafond. M. Mégnin cite plusieurs autres auteurs qui ont fait des observations analogues.

La gale de la poule, produite par le Sarcoptes nutans (Ch. Robin), peut se transmettre au cheval, à l’âne, au mulet, aux grands et aux petits ruminants.

En 1863, MM. Delafond et Bourguignon communiquèrent à la Société de biologie un cas de transmission de la gale du chien à l’homme.

Dans beaucoup de cas, la preuve de la contagion de la gale des animaux à l'homme a été faite expérimentalement.

M. Mégnin a pu communiquer la gale du chat, Sarcoptes notoedres , variété cati, au cheval. Le Sarcopte notoédre a été retrouvé chez le rat d’égouts de Paris ( Mus decumanus dePallas), on l’a découvert également chez le lapin. Suivant les espèces animales sur lesquelles il vit, le Sarcopte varie de dimensions. M. Mégnin est d’avis que c’est le rat qui est, pour ainsi dire, la patrie d’origine de ce sarcopte, soit qu’il devienne la proie du chat, soit qu’il le communique au lapin, avec lequel il cohabite.

Il était important, au point de vue de la contagion, de savoir quel est le degré de résistance des Sarcoptes, quand ils sont en dehors de leur habitat. M. Mégnin dit qu’au milieu des croûtes et à une température convenable, se rapprochant de celle du corps, il n’a pu conserver des Sarcoptes plus de vingt-quatre à soixante-douze heures, tandis qu’il a vu vivre, dans les mêmes conditions, desPsoroptesune quinzainede jours, et lesChorioptes un mois et plus; les œufs de Sarcopte, au contraire, ont éclos encore au bout de trois mois de conservation dans un lieu sec et ils s’y conservent probablement encore davantage, avec toute leur vitalité; c'est ainsi qu’un auteur allemand aurait vu la gale sarcoptique se développer sur un cheval, à la suite de

GUIDE DE MICROGRAPHIE.

l’usage d’une couverture mise au rebut pendant quatre ans, après avoir servi à des chevaux galeux (Mégn., loc. cit., p. 22).

Les conclusions de M. Mégnin serviront à l’étude précédente :

«l°Les acariens psoricjues du genre Chonoptes, qui sont particuliers aux jeunes animaux domestiques et à quelques espèces sauvages, émigrent difficilement des régions qu’ils occupent, ne s’acclimatent pas sur les animaux âgés de la même espèce, non plus que sur des animaux d’espèces différentes, ni sur l’homme, c’est-à-dire que la gale chorioptique ne se transmet pas des jeunes animaux aux animaux âgés, ou d’espèces différentes, ni à l’homme.

« 2° Les acariens psoriques du genre Psoroptes s’acclimatent facilement et rapidement sur des animaux de la même espèce, quel que soit leur âge, mais ne s’acclimatent pas sur des animaux d’espèces différentes, ni sur l’homme , c’est-à-dire que la gale psoroptique des animaux n’est contagieuse ni aux animaux d’espèces différentes de celle dont elle provient, ni à l’homme.

« 3° Les acariens psoriques du genre Sarcoptes s’acclimatent avec une grande facilité sur des animaux de la même espèce, quel que soit leur âge; quelques variétés des espèces de ce genre s’acclimatent avec autant de rapidité sur des animaux d’espèces différentes, en prenant à la longue les caractères des variétés propres à ces dernières : tel est le Sarcoptes scabiei, variété Ivpi, qui s’acclimate facilement sur le cheval et sur l’homme ; telle est la variété ovis de la même espèce qui s’acclimate facilement sur le mouton, le mouflon et les autres ruminants, et peut-être aussi sur l’homme; tel est enfin le Sarcoptes notoedres du rat qui s’acclimate sur le chat, le coati, le lapin et le cheval.

« 4° Enfin, il n’est qu’un moyen certain de reconnaître, sur l’homme ou l’animal galeux, si l’affection qu’ils portent est bien celle qui est propre à leur espèce, ou si elle leur a été transmise par une espèce differente : c’est la détermination exacte des caractères zoologiques, spécifiques et de variétés de l’acarien psorique qu’ils nourrissent. »

Parmi les acariens qui vivent sur l’homme et sur les ani-

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