CHAPITRE XVII. — CARACTÈRES PRINCIPAUX DES MUCUS
dans le mucus conjonctival coagulé par l’eau, des granulations graisseuses isolées ou disposées en séries; ces granulations proviendraient probablement des glandes de Meibomius, d’après M. Ch. Robin.
Les larmes peuvent former sur le linge des taches encore apparentes après la dessiccation. Ces taches renferment des éléments empruntés au mucus conjonctival et aux larmes elles-mêmes. On sait en effet que les larmes renferment une proportion notable de chlorure de sodium . Les taches produites par les larmes sont en général assez petites et offrent, comme un assez grand nombre d’autres, une grande ressemblance avec les taches spermatiques. Pour les étudier, on les met en contact avec une faible quantité d’eau, et on exprime même le fragment de tissu, à l’aide d’un agitateur en verre par exemple. Après évaporation presque complète, on peut apercevoir des cristaux de chlorure de sodium, quelques cellules épithéliales, molles, friables, très granuleuses, prismatiques, plutôt que pavimenteuses, cellules qui proviennent de la glande lacrymale. Ces taches peuvent également contenir des cils et des corps étrangers, comme des filaments d’étoffe ou des grains de poussière (Gosse, p. 42).
I*e la salive. — Le mucus buccal, complexe puisqu’il renferme des produits de sécrétion étrangers, est généralement alcalin. Presque toujours mélangé à de la salive, il tient en suspension des cellules épithéliales pavimenteuses et des leucocytes. La salive mixte, c’est-à-dire produite parles différentes glandes salivaires, a la propriété de donner de la transparence aux leucocytes et d’y faire apparaître des noyaux, comme s’ils avaient subi l’action de l’eau. En même temps, dit M. Robin, les granulations moléculaires qui sont dans leur intérieur offrent un mouvement brownien assez énergique, et ils cessent de présenter toute trace d’expansion sarcodique ou amébiforme. Dans certains cas, surtout quand le mucus est acide, il renferme des petits filaments de Leptothrix.
Nous ne nous occuperons ici que de la salive mixte. Lorsque, par un procédé artificiel quelconque, on excite la sécrétion salivaire, et qu’on recueille le fluide sécrété dans un verre à expériences par exemple, il ne tarde pas à se séparer en trois
GUIDE DE MICROGRAPHIE.
couches. La première'estformée d’un liquide écumeux et filant; la seconde, d’une épaisseur plus considérable, est transparente et moins visqueuse que la précédente. Enfin, la troisième couche est formée par un dépôt gris blanchâtre, composé de cellules épithéliales de la bouche en grand nombre, de quelques leucocytes, de gouttelettes ou de granulations graisseuses. On y rencontre en outre des débris alimentaires venant de l’interstice des dents, tels que cellules végétales, fibres musculaires, grains de fécule, etc. D’après M. Robin, outre quelques vibrions, on y rencontrerait également des tubes de l’algue filiforme de la bouche, le Leptothrix buccalis (Ch. Robin).
Les taches produites par la salive ressemblent, au premier abord, à des taches de sperme. Tantôt blanches, tantôt jaunâtres, elles rendent le tissu qui les porte plus ou moins résis tant. D’après le Dr Gosse, quand ces taches sont revivifiées au contact de l’eau, elles exhaleraient quelquefois une odeur spermatique. Nous savons combien ce caractère est fugace. En laissant évaporer spontanément l’eau dans laquelle ont baigné ces taches, on y trouverait au microscope, d’après Donné, des cristaux sur la nature desquels on n’est pas encore bien fixé. L’élément, le plus abondant, est la cellule épithéliale, provenant de l'épithélium buccal. Nous avons déjà insisté sur la forme des cellules que l’on peut facilement étudier. Outre les leucocytes qui accompagnent les cellules épithéliales, on peut rencontrer des fragments de matière alimentaire et des corpuscules amorphes.
Du mucus laryngo-lironchique ; des crachats. — Ce muCUS est le produit de sécrétion des glandes qui tapissent la muqueuse laryngienne et la muqueuse trachéo-bronchique (1). Très légèrement visqueux, propriété qu’il doit à la mucosine , il est transparent et tient en suspension un petit nombre de cellules épithéliales, surtout prismatiques, et quelques rares leucocytes. A son passage dans le pharynx et dans la bouche, il s’y joint des cellules épithéliales pavimenteuses.
Dans certains cas le mucus trachéo-bronchique prend l’état concret et pourrait être confondu avec de fausses membranes
(1) V. Robin, Traité des ! tumeurs .