CHAPITRE XVII. — CARACTÈRES PRINCIPAUX DES MUCUS
val et Lereboullet conseillent de traiter ces crachats par la soude caustique ou l’ammoniaque. Le mucus devient transparent et les fibres apparaissent. On les reconnaît à leur forme ondulée en spirale, à leur double contour, à leur résistance aux réactifs, enfin à leur coloration sous l’influence du rose d’aniline (p. 301).
Parfois ces fibres élastiques, au lieu d’être isolées, forment des faisceaux de fibres entre lesquels, on peut apercevoir les éléments qui caractérisent la fonte ulcéreuse du parenchyme pulmonaire, ce sont des débris de vaisseaux oblitérés, et surtout une grande abondance de corpuscules granuleux, ayant la forme et le caractère des globules de pus, d’autres plus petits déformés, quelques-uns infiltrés de granulations noirâtres, d’autres enfin presque globulaires renfermant quelquefois des cristaux d’hémato-cristalline (Duval et Lereboullet).
Crachats fétides. — Dans la gangrène pulmonaire, l’haleine et les crachats du malade prennent une odeur fétide si caractéristique, qu’on ne peut s’y méprendre, lorsqu’une fois déjà on l’a perçue. La couleur de ces crachats varie du blanc laiteux au jaune verdâtre et du jaune verdâtre à la couleur chocolat. Dans le premier cas, ils contiennent des granulations graisseuses et des leucocytes; quand le nombre des leucocytes augmente, ils deviennent jaune verdâtre. Aux globules blancs peuvent se joindre des débris de parenchyme pulmonaire. Si ces crachats renferment du sang, ils peuvent prendre une coloration chocolat ou acajou. On y trouve également des fragments microscopiques de tissu pulmonaire. Ces crachats exhalent une odeur de matière animale putréfiée d’une fétidité extrême.
A l’article Sperme nous avons démontré par une observation de M. Brouardel, à quels caractères on pouvait reconnaître des taches produites p^r des crachats. Qu’on n’oublie pas que l’on peut rencontrer dans ceux-ci, outre des débris de matières alimentaires, des grains de tabac et du sperme.
et globules de pus ratatinés provenant de l’expectoration d’un phthisique.
GUIDE DE MICROGRAPHIE.
Des cristaux que l’on peut rencontrer dans les crachats. —
Chlorure de sodium, aurait été quelquefois rencontré dans les crachats des pneumoniques, sous forme de cristaux cubiques.
Cholestérine . — A été rencontrée rarement.
Margarine. — Aurait été observée sous forme d’aiguilles très fines, formant des réseaux très élégants, solubles dans l’éther. Ces cristaux seraient surtout fréquents dans les crachats fétides.
Leucine et Tyrosine. — Ces deux substances peuvent se rencontrer à l’état cristallisé dans l’expectoration des phthisiques et dans la gangrène pulmonaire.
Cristaux non encore déterminés. — Leyden a signalé dans l’asthme bronchique, d’après DuvaletLereboullet, des cristaux incolores, brillants, formant une pyramide double, peu réfringents, se brisant facilement, insolubles dans l’eau froide, solubles dans l’eau bouillante, résistant à l’éther, à l'alcool, solubles dans l’acide acétique, l’acide tartrique, l’acide phosphorique? Ces cristaux ont déjà été signalés par Charcot et Vulpian [Gaz. hebd., 1860).
Oxalate de chaux. — Outre les cristaux précédents, on a trouvé dans les crachats de l’asthme bronchique, des cristaux d’oxalate de chaux, seulement, tandis que ces premiers étaient permanents, les seconds étaient transitoires, et n’étaient pas accompagnés d’oxalurie (Archiv. fur Klin. mèd. t. XXI, p. 435, et Gaz . hebd., 20 septembre 78).
Pour les parasites que l’on peut rencontrer dans les crachats, voir le chapitre consacré aux parasites.