‹ Guide de l'élève et du practicien pour les travaux pratiques de micrographie, comprenant la technique et les applications du microscopeChapitre 394 sur 451 · CHAPITRE XVIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVIII

DES MATIÈRES VOMIES, OU PROJETÉES SEULEMENT EN DEHORS DE LA CAVITÉ BUCCALE (STRANGULA¬ TION) ; DES SUBSTANCES ALIMENTAIRES, OU TOXI¬ QUES, QUE L’ON PEUT TROUVER DANS L’ESTOMAC.

L’examen des vomissements (1) peut fournir des renseignements précieux au clinicien et au médecin légiste. Les vomissements d’un malade peuvent éclairer le diagnostic et dans un cas d’empoisonnement , non seulement ils peuvent faire connaître immédiatement la nature du poison, s’il s’agit par exemple d’un fruit toxique, mais encore servir à le déceler microscopiquement, ou avec l’aide de la chimie.

Outre les vomissements provoqués par des substances toxiques, il peut s’en produire par l’effet de causes diverses. Sous l’influence de maladies inflammatoires de la muqueuse stomacale, on peut voir se produire des vomissements spumeux et filants, presque uniquement formés de salive et de mucus stomacal. On y trouve quelques rares leucocytes, des cellules épithéliales pavimenteuses (provenant de la bouche), ainsi que des cellules globuleuses infiltrées de granulations et présentant un large noyau périphérique ; ces cellules (Duval et Lereboullet) paraissent provenir des canalicules des glandes salivaires.

L’acide acétique donne difficilement au mucus l’aspect strié caractéristique.

Lorsque l’estomac a subi une action locale violente, comme dans l’empoisonnement par la teinture de cantharides, par exemple, les vomissements qui suivent l’ingestion du poi-

(1) Voy. Duval et Lereboullet, p. 239.

GUIDE DE MICROGRAPHIE.

son sont tellement visqueux, que l’on peut pour ainsi dire les détacher du sol sans les diviser. L’alcool seul peut, en provoquant une gastrite aiguë, donner naissance à des vomissements muqueux présentant les mêmes caractères.

Vomissements cholériques. — Ils sont ordinairement très séreux et fluides. Ils contiennent des grains riziformes et quelques flocons de mucus. Les granulations riziformes renferment quelques leucocytes agglutinés par le mucus et un assez petit nombre de cellules épithéliales déformées granuleuses, infiltrées de graisse. On trouve également des cellules paraissant provenir de l’épithélium de la muqueuse stomacale, en voie de dégénération granulo-graisseuse, ainsi que des granulations, les unes protéiques, les autres graisseuses, ainsi que des parasites.

Vomissements alimentaires. — On comprend Combien peut être grande, la variété des substances introduites dans l’estomac que Ton peut retrouver dans les vomissements. Les connaissances acquises en anatomie végétale et animale, permettront de reconnaître les substances ingérées. La difficulté sera d’autant plus grande que les aliments auront séjourné plus longtemps dans l’estomac ; quand les matières auront été vomies aussitôt après leur ingestion, elles auront conservé des caractères propres à les faire reconnaître. Les fibres musculaires striées résisteront d’autant moins qu’elles auront été préalablement soumises à une cuisson moins complète; ordinairement elles sont facilement reconnaissables. Les végétaux, l’amidon, résistent plus longtemps à l’action du suc gastrique; il en est de même de l’albumine coagulée. Simplement maintenus à l’état de fusion dans l’estomac, les corps gras reprennent par le refroidissement leur consistance normale. Les élytres de la cantharide, quand elles ne sont pas très finement pulvérisées, résistent à l’action du suc gastrique et peuvent être reconnues à leurs reflels particuliers. Si l’insecte a été grossièrement pulvérisé, on peut même reconnaître des fragments d’antennes ou de pattes. Dans un cas d’empoisonnement par un fruit vénéneux, celui de la belladone, par exemple, il sera possible de reconnaître la nature du fruit et de diriger plus sûrement la médication. M. L. Bruneau aurait

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