CHAPITRE II. — ELEMENTS ANATOMIQUES
grosse ou remarquable par sa réfringence ou sa forme; on se rendra compte ainsi aisément du déplacement. Les exemples de ce'phénomè ne sont d’ailleurs très-nombreux. En règle générale, pour l’observer dans les organes peu compliqués (poils, Characées), il suffit de placer ceux-ci directement dans l’eau. Pour les herbes, on fera une section longitudinale que l’on placera également dans l’eau ordinaire. Enfin, pour l’observation dans les éléments (cellules ou vaisseaux) des arbustes et des arbres, il sera nécessaire de placer les sections longitudinales de la tige dans de l’eau gommée d’autant plus concentrée que la tige est plus ferme; grâce à cet artifice, M. Velten a pu manifester la rotation du protoplasma dans les cellules grillagées et dans les cellules de la région cambiale d’un grand nombre de végétaux. On devra dans toutes ces observations tenir compte de la température à laquelle on opère.
Au-dessous de 10 degrés les mouvements se ralentissent à mesure que la température descend. Ils s’accélèrent entre 10 et 22 degrés ; ils se ralentissent au delà pour cesser entre 45 et 48 degrés (Robin, Anat. et phys. cellulaires, , p. 537).
Sujets d’étude. — Outre le Yalisneria spiralis, nous recommandons spécialement les Characées qui montrent avec une grande évidence la rotation du protoplasma. On choisira les Nitella de préférence aux Ghara. Ces derniers, en effet, sont revêtus d’une écorce qui rend l’observation plus difficile. Les poils des racines d ' Hydrocharis morsus , ainsi que ceux des étamines du Tradescantia (fig. 26) ou encore les poils étoilés du calice des fleurs d ’Althœa rosea non encore épanouies sont également d’excellents sujets d’observation, à condition toutefois que ces poils soient pris sur des individus en pleine végétation. M. Vellen a observé la rotation dans les tiges des Sida , Heracleum , Astrayalus, Pavia , Artemisia, etc., dans les cellules grillagées de \ Œsculus hippocastunum, dans les cellules de la région
GUIDE DE MICROGRAPHIE.
cambiale des Fraxinus excelsior , Sophora J aponie a , Pcivia neglecta, etc. (1).
Mouvements vibratiles et de locomotion. — Mouvement brownien. — On doit rapprocher des mouvements précédents certains mouvements que l’on rencontre particulièrement chez les Algues.
Les spores motiles et les anthérozoïdes d’un grand nombre de ces végétaux (Vaucheria, OEdagonium) présentent sur leur surface de nombreux petits filaments animés de mouvements rapides qui les font progresser. Ces filaments hyalins ou ci U vibratiles sont répartis de façons très-diverses. On les verra rapprochés et recouvrant toute la surface des Zoospores chez les Vciucheria sessilis ' et sericea. Chez les Ædogonium les cils forment une petite couronne à l’extrémité antérieure hyaline de la zoospore. Ailleurs il n’y a que deux cils dirigés souvent en sens contraire ; c’est le cas le plus fréquent dans les anthérozoïdes.
D’autres mouvements curieux et faciles à observer sont ceux que présentent un grand nombre de conferves. Les Oscillâmes par exemple, algues d’un vert bleuâtre, rectilignes, offrent des mouvements très-curieux d’oscillation qui se répètent à intervalles presque réguliers. Les filaments des Nostoc s’échappent de leur gangue par des mouvements comparables à ces derniers. Les Bactéries enfin présentent des mouvements oscillatoires, avec inflexions légères, et accompagnés de progression plus ou moins rapide.
Enfin on a donné le nom de mouvement brownien à une sorte d’oscillation sur place que présentent toutes les granulations ayant moins de 5 à 6 millièmes de millimètre d’épaisseur. Ce mouvement se manifeste à la condition que le liquide dans lequel se trouvent les granulations ne soit pas trop visqueux. Il n’a aucune analogie avec les mouvements amiboïdes, ciliaires et autres dont il vient d’être question, et on le distingue du mouvement oscillatoire que possèdent les Bactéries et les Yibrioniens en général, à ce que l’ammoniaque fait cesser ce
(1) Velten : Uber die Verbreitung der ProtoplàsmabetvcgungCn im Pflanzenreiche, Botanische Zeitung, 6 septembre 1872, p. G 15.