COULEURS DES PLANTES
Les couleurs variées que présentent les végétaux sont dues à des pigments colorés que l’on divise en trois groupes : l’un de ces groupes, sous le nom de série xanthique, comprend toutes les couleurs réparties entre le rouge et le jaune; une autre série, dite cyanique , renferme les couleurs comprises entre le bleu et le violet. Le troisième groupe enfln prend place entre les deux précédents. Il répond à la matière colorante verte des végétaux, c’est-à-dire à la chlorophylle .
Il nous est impossible d’entrer dans de grands détails au sujet de ces diverses matières colorantes. Nous nous bornerons donc à donner quelques notions essentielles.
1° Nature des pigments colorés. — Il existe une différence assez remarquable dans la manière d’être des pigments des deux séries cyanique et xanthique. — Ces pigments, qui siègent dans la cavité des cellules, affectent dans la série xanthique la forme de granulations colorées (sauf dans les Dahlias jaunes), tandis, au contraire, que les pigments de la série cyanique sont généralement en solution dans le suc cellulaire. Ce n’est pas là toutefois une loi absolue. Nous venons de citer une exception pour la série xanthique ; il en existe également à la manière d’être générale des pigments de la série cyanique. Dans les fleurs du Tillandsia amœna , deY Adonis autummalis , etc., les pigments sont granuleux. Quoi qu’il en soit, la différence que nous venons de signaler supporte une certaine généralisation. Ajoutons enfin que le pigment chlorophyllien se rencontre le plus souvent à l'état de granules colorés en vert, mais quelquefois aussi en dissolution et colorant tout le protoplasma des cellules.
2° Localisation des pigments colorés. — La répartition des couleurs dans les tissus végétaux présente certaines particula-
GUIDE DE MICROGRAPHIE.
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rités qui ont été mises en lumière par les recherches de M. J. Ghatin (1).
a. Dans les feuilles à coloration vraie, normale ou pérenne, le principe colorant semble être constamment ou presque constamment localisé dans les cellules de l’épiderme, probablement déchirées dans les cas très rares (Strobilantbes, Achyranthes, etc.) où cette matière a été vue dans les cellules du mésophylle. (Le chou rouge, d’après M. Morren, ferait exception à cette règle.)
Le pigment chlorophyllien au contraire n’occupe que très rarement les cellules épidermiques (Fougères, feuilles submergées). Il est répandu en quantité plus ou moins considérable dans les cellules du parenchyme des organes verts (feuilles, calices, tiges vertes, etc.).
b. Si dans une même feuille ( Optisnemus ), il existe à la fois des parties vertes, d’autres blanches (2) et d’autres roses ou rouges, on constate que les cellules du mésophylle contiennent dans le premier et le troisième cas des grains de chlorophylle, dans le second des grains incolores, tandis que les cellules épidermiques, vides dans le premier et le deuxième cas, renferment un liquide rose dans le troisième.
c. Dans les calices et corolles colorés, les matières colorantes sont localisées dans les cellules épidermiques.
d. Les colorations vernales des feuilles sont dues, comme les colorations pérennes, comme celles des fleurs, à des dépôts formés dans les cellules épidermiques.
e. Dans les colorations automnales, le principe colorant se trouve, non dans l’épiderme, mais dans les cellules du mésophylle.
Ce dernier énoncé trouve son explication dans la composition de la chlorophylle.
Composition chimique de la chlorophylle . — Cette matière
(1) J. Ghatin, De la feuille. Thèse d’agrégation, 187-}.
(2) Le blanc pur est généralement le résultat de l’interposition d’une certaine quantité d’air dans les cellules (Lis), le brillant métallique et le velouté sont dus à l’existence d’excroissances papilliformes à la surface de l’épiderme. Le jeu de la lumière sur ces papilles et sur la couche d’air retenu entre elles produit l’effet du chatoiement et du velouté (fig. 20).