‹ Guide de l'élève et du practicien pour les travaux pratiques de micrographie, comprenant la technique et les applications du microscopeChapitre 84 sur 451 · CHAPITRE II. — ÉLÉMENTS ANATOMIQUES · texte numérisé non relu

CHAPITRE II. — ÉLÉMENTS ANATOMIQUES

verte, découverte par Pelletier et Gaventou en 1818 et depuis étudiée successivement par Mulder, Morot, Frémy (1860), Filhol (1), etc., paraît être un mélange de deux matières, l’une jaune, l’autre bleu verdâtre, toutes deux solubles dans l’alcool, mais séparables au moyen de la benzine, qui dissout principalement la partie verte. Cette composition paraît, dans certains cas, susceptible d’altérations, au nombre desquelles se peut compter celle qui donne lieu à la coloration automnale des feuilles. C’est également par suite d’une altération des grains de chlorophylle que les jeunes fruits verts de Lycium barbarum , de Solarium pseudocapsicum, etc., deviennent jaunes ou rouges à la maturation (Kraus) (2) .

Genèse et développement des corps chlorophylliens. — La chlorophylle se présente, avons-nous dit, le plus souvent à l’état de grains colorés en vert, qui ont reçu le nom de corps chlorophylliens. Ces grains paraissent essentiellement constitués par de petites masses de protoplasma ( Chlorophore de Bœhm ) colorées par le pigment vert. Dans certains cas toutefois on trouve en outre, dans les corps chlorophylliens un peu volumineux, un ou plusieurs grains d’amidon ou des gouttelettes d’huile. Cette constitution de la chlorophylle s’explique aisément, lorsqu’on connaît le mode de genèse des grains qui la forment. Ces grains naissent en effet, comme par formation libre, du protoplasma des cellules.

11 est facile d’étudier la genèse des corps chlorophylliens dans les jeunes cellules des feuilles cotylédonaires des Phanérogames. En examinant l’utricule protoplasmatique de ces cellules, on voit qu’il présente d’abord une grande transparence. Puis apparaissent des taches, qui ne sont autres que la chlorophylle en formation. Toutes ces taches deviennent bientôt des grains arrondis qui forment à la face interne de la cellule comme un mamelonnement irrégulier. Plus tard, en se développant davantage, ces grains se pressent les uns contre les autres et deviennent plus ou moins régulièrement polyédriques. Lorsqu’ils se séparent, on croirait assister à une seg-

(1) Filhol, Ann. de chimie et de physique, etc., 1868.

(2) A. Kraus, Jahrbuch für wiss. Botanik , t. VIII, 1871.

GUIDE DE MICROGRAPHIE.

mentation du protoplasma. Une fois formés et devenus verts, les grains de chlorophylle s’accroissent par intussusception. Ils sont alors susceptibles, dans certains cas, de se multiplier par bipartition ( Nitella , Bryopsis , Elodea, S ambucus, Impatiens, etc.), ce qui n’a rien d’étonnant, puisque, comme nous l’avons dit, le grain est essentiellement un amas de protoplasma vivant. Quant à la présence de l’amidon dans les corps chlorophylliens, elle paraît liée à la vie même du protoplasma. Le cadre de notre ouvrage ne nous permet pas d’entrer dans de plus longs détails à ce sujet.

Etude de la chlorophylle. — Pour étudier la chlorophylle, on aura tout avantage à opérer sur des végétaux étiolés ou sur des parties jaunes de plantes qui ne sont pas devenues complètement vertes par défaut de lumière. Les grains sont alors distants les uns des autres, et faciles à distinguer. Lorsqu’on se trouve en présence d’un végétal coloré ou non et qui paraît dépourvu de chlorophylle, il ne faut pas négliger de s’assurer au moyen de coupes de la réalité de cette apparence. En effet, dans les Floridées par exemple, qui sont colorées en rouge vif, et dans les Fucus , Laminaires et autres Algues colorées en brun, la chlorophylle existe, mais elle paraît manquer, parce qu’à la matière verte se mêlent des substances rouges ou jaunes. Ailleurs ( Neottia , Limodorum , Orobanche), des plantes qui paraissent dépourvues de coloration verte renferment cependant de la chlorophylle.

On doit attacher également une certaine attention à la forme querevêtla chlorophylle dans lesplantes. Le plus souvent elle est en granules répandus en grand nombre dans la cavité des cellules. Ailleurs, elle se dispose en larges bandes transversales dans chaque cellule ( Conferva zonata ), ou en étoiles à longs rayons (. Zygnema ), ailleurs encore, en spirales plus ou moins dentelées sur leurs bords ( Spirogyra ).

L’eau agit rapidement sur les grains de chlorophylle dépourvus d’amidon. Elle les gonfle et fait apparaître dans leur intérieur des vacuoles plus ou moins grandes.

L’acide acétique jaunit les grains de chlorophylle. Cette réaction est quelquefois employée pour rendre plus claires les préparations obscurcies par de grandes quantités de matière verte.

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