CHAPITRE III. — ORGANES DÉRIVÉS DES CELLULES
sales pour prendre connaissance de la forme des vaisseaux et de leur diamètre.
Sujets d’étude. — Dans beaucoup de tiges ligneuses on trouvera réunies dans le bois les diverses variétés de vaisseaux que nous avons énumérées plus haut. Us s’y trouvent alors dans un ordre déterminé.
Pour l’examen des vaisseaux ponctués , on recourra avec avantage aux tiges de calamus , chez lesquelles ces vaisseaux atteignent un tel diamètre que leurs orifices sont visibles à l’œil nu sur les coupes transversales.
De beaux exemples de vaisseaux rayés se rencontrent dans les tiges souterraines des Fougères, et leurs raies aréolées y affectent une disposition tellement régulière qu’on les désigne sous le nom de vaisseaux scalariformes.
Pour les vaisseaux annelés, il conviendra de faire des coupes longitudinales sur la tige du Zea Maïs (fig. 44). Les anneaux, très développés en épaisseur, sont régulièrement distants les uns des autres.
Les trachées enfin se trouvent au voisinage de la moelle dans toutes les tiges de Dicotylédones et de Monocotylédones. Leur diamètre transversal est en général inférieur à celui de tous les autres vaisseaux.
Art. 2.
Vaisseaux utriculeux. — Vaisseaux laticifères (b.
— Latex.
Les vaisseaux laticifères, ou réservoirs du latex, ont fait le sujet de recherches nombreuses de la part des botanistes les plus distingués, Unger, Hanstein, Moldenhawer, Lestiboudois, Trécul, Van Thiegem, etc. Ils sont maintenant bien connus, et il nous sera facile de retracer les principales particularités qui les distinguent.
(I) Trécul, Ann. Sc. natur., 5e série, t. V, VI, VII. — David, Ueber die Milchzellen der Euphorbiaceen. Breslau, 1872. — Van Thiegem, Mémoires sur les canaux sécréteurs des plantes (Ann. Sc. nat., Ve série, xvi, 1872). — J. Chatin, Du siège des substances actives. Thèse d'agrégation à l’école de médecine, 1876. — Schacht, Die Milchsaftgefasse der Carica, 1857. — Planchon, Histoire des drogues , t. II, p. 516.
GUIDE DE MICROGRAPHIE.
Origine «les laticifères. — La question de leur origine a été en grande partie traitée par Trécul qui a montré dans de nombreux travaux que ces éléments sont de nature cellulaire. Les laticifères dérivent de cellules disposées en séries simples ou rameuses qui, primitivement séparées par leurs cloisons transverses, ne forment bientôt plus qu’un canal unique lorsque ces cloisons se sont résorbées. Schacht a parfaitement décrit ce mode de formation dans les Morées. Nous recommanderons, pour suivre facilement la transformation des séries de cellules en tubes con tinus et anastomosés, la racine des Argemone , dont M. Trécul a fait une étude spéciale. (Trécul, Ann. Sc. nat, ., 5e série, p. 49, t. Y.) — On trouve là des « séries de cellules pleines d’un beau suc jaune, et trois à « cinq fois plus longues que larges. Un peu plus tard les pa- « rois transversales qui séparent ces cellules superposées se «perforent; elles disparaissent même entièrement pendant « que la fusion des parois latérales s’accomplit pour la trans- « formation des laticifères en tubes parfaits. » Sur cette même racine on suivra très facilement la formation des anastomoses. On verra deux canaux émettre au même niveau des prolongements coniques qui se rencontrent bientôt par leurs sommets. Leurs parois se résorbant au point de contact et les parois latérales se fusionnant, la continuité des tubes se trouve ainsi établie.
Ces faits étant connus, on ne peut s’étonner de rencontrer, comme nous le verrons fréquemment dans les plantes à laticifères bien développés, des cellules isolées remplies également de suc coloré ; bien plus, on ne peut s’empêcher de regarder comme un premier état des laticifères, comme un intermédiaire en un mot entre ces vaisseaux et les cellules, certains organes qui ont reçu le nom de vaisseaux utriculeux et dont nous allons dire quelques mots.
§ 1 . Vaisseaux utriculeux.
On nomme ainsi de longues et larges cellules superposées et dont les cloisons persistent ou ne subissent qu’une résorption partielle. Ces éléments, qu’on rencontre dans un grand