‹ Guide de l'élève et du praticien pour les travaux pratiques de micrographie, comprenant la technique et les applications du microscope à l'histologie végétale, à la physiologieChapitre 419 sur 504 · CHAPITRE XXI. — CORPUSCULES ET MIASMES DE L’AIR · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXI. — CORPUSCULES ET MIASMES DE L’AIR

pareil et une méthode différents. Son appareil se compose d’abord d’un tube qui passe à travers une fenêtre, par exemple, et communique au dehors. Ce tube renferme une petite bourre de coton-poudre, à travers laquelle passe l’air extérieur en s’y dépouillant des poussières qu’il contient. L’appel d’air est déterminé à l’aide d’un aspirateur, dont la disposition varie suivant que l’on a besoin ou non de connaître le volume de l’air qui a passé par le tube. Après l’expérience, la bourre de coton-poudre est dissoute dans l’éther; les

Fig. 485, — Aéroscope de Pouchet. (Grand modèle.)

poussières sont recueillies par décantation et examinées au microscope après des lavages successifs.

Un autre procédé également pratique donne aussi de bons résultats ; il consiste à faire barboter de l’air dans de l’eau distillée, parfaitement pure et renfermée dans des tubes en U. Les corpuscules en suspension dans l’atmosphère se déposent et peuvent être examinés au microscope.

Quand un rayon de soleil pénètre dans une pièce relativement peu éclairée, il est d’observation vulgaire que les particules solides de l’atmosphère, animées d’un mouvement incessant sous l’action d’une lumière éclatante, deviennent visibles à l’œil nu. 11 suffit d’agiter un objet quelque peu volumineux, de frapper sur une partie quelconque

du vêtement pour augmenter le nombre des corpuscules de ce nuage lumineux. Partout où l’air est agité, partout où l’activité et l’industrie humaines sont portées à leur maximum, comme dans nos grandes villes, l’air contient un plus grand nombre encore de corpuscules microscopiques.

M. Boussingault, cité par Tissandier, s’exprime ainsi : «L’imagination se figure aisément, mais non pas sans un certain dégoût, tout ce que renferment ces poussières que nous respirons sans cesse, et que l’on a parfaitement caractérisées en les nommant les immondices de V atmosphère. Elles établissent en quelque sorte le contact entre les individus les plus éloignés les uns des autres, et bien que leur proportion, leurs effets, leur nature, soient des plus variés, ce

n’est pas trop s’avancer que de leur attribuer une partie de l’insalubrité qui se manifeste ordinairement dans de grandes agglomérations d’hommes. »

M. Pasteur s’exprime ainsi ( Annales de physique et de chimie , t. LXIV, 3e série, 1 862). « Une petite bourre de coton, exposée pendant vingt-quatre heures au courant d’air de la rue d’Ulm, pris à quelques mètres du sol, pendant l’été, après une succession de beaux jours, rassemble plusieurs milliers de corpuscules organisés, pour une aspiration d’un litre d’air environ par minute. Du reste ce résultat varie infiniment avec l’état de l’atmosphère, si l’on opère avant ou après la pluie, par un temps calme ou agité, de jour ou pendant la nuit, à une petite distance ou à une grande distance du sol. Enfin que l’on imagine les mille et une causes qui peuvent augmenter ou

Fig. 486. — Récepteur de l’aéroscope de Pouchet.

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