‹ Guide de l'élève et du praticien pour les travaux pratiques de micrographie, comprenant la technique et les applications du microscope à l'histologie végétale, à la physiologieChapitre 431 sur 504 · CHAPITRE XXI. — CORPUSCULES ET MIASMES DE L’AIR · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXI. — CORPUSCULES ET MIASMES DE L’AIR

que dans l’eau de puits, dans l’urine et dans les produits de l’expectoration des fébricitants, avait coïncidé avec une épidémie de fièvre intermittente. Mais, d’après le docteur Magnin, on ne verrait pas, dans les rapports du docteur Massy, les rapports de cause à effet signalés par ce médecin, entre les Champignons et la fièvre intermittente.

2° Palmelles. — Salisbury [The Americ. Journal of the medical sciences. Janvier 1866 , Revue scientifique, 1869) a publié un travail sur l’origine de la fièvre paludéenne, dont le rententissement a été très grand. Cet auteur examinant l’expectoration des fébricitants, ainsi que l’excrétion salivaire, de personnes habitant des pays à fièvres, y a trouvé au milieu de cellules diverses de Diatomées, de Desmidiées et de spores fongoïdes, d’autres petites céllules oblongues, isolées, ou agglomérées, à nucléus distinct, entourées par une enveloppe cellulaire lisse, avec un espace plus clair, en apparence vide, situé entre la paroi de la cellule et le noyau. Salisbury conclut, d’après leur apparence, que ces cellules ne sont pas des Champignons, mais des Algues ressemblant beaucoup aux Palmelles. Ces Palmelles seraient les seules formes cellulaires parmi celles qu’on aurait rencontrées dans les sécrétions examinées, qui se représentent constamment, dans les zones à malaria, tandis qu’au contraire, les autres spores, animalcules, etc., se retrouvaient à toutes les hauteurs audessus et au-dessous delà limite des fièyres, ainsi que Salisbury l’a établi par diverses expériences. Ces Palmelles se rencontreraient également à la surface du sol des pays à fièvres. Enfin cet auteur aurait donné la fièvre à des personnes qui jusqu’alors avaient été indemnes, en plaçant, à leur proximité, de la terre couverte de Palmelles.

Le docteur Magnin trouve que Salisbury n’a donné qu’une description confuse des Algues qu’il considère comme des Palmelles ; d’autre part, Salisbury n’ayant pas cultivé les Algues en dehors de leur support mécanique, rien ne prouve que ce ne soient pas les émanations de la terre elle-même qui aient occasionné de Ja fièvre {Ç. Wood). — Leydy, ainsi que l’auteur précédent, ayant vécu en contact avec des Palmelles, en ayant même absorbé à dessein ou accidentellement, n’en ont éprouvé aucun inconvénient. Ch. Wood fait remarquer en outre que les Palmelles ayant un protoplasma chlorophyllien, ne peuvent se développer dans l’obscurité et par conséquent au sein des organes de l’homme. De plus, le froid qui arrête le développement de la malaria n’a aucune action sur les Palmelles, dont quelques espèces peuvent vivre dans la neige.

En 1872, à l’occasion de la session tenue à Lyon par le Congrès médical de France, M. le docteur Magnin, avec MM. Colrat et Fochier, a recherché sur les bords de certains étangs, les organismes décrits par Salisbury. Ces naturalistes trouvèrent en effet des Algues répondant assez exactement aux Palmelles de Salisbury, autant du

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moins , que leur description imparfaite permet une identification (Magnin,. p. 96). Cette végétation constitue de légères efflorescences d’une épaisseur d’un demi-millimètre à peine, ressemblant à un semis de brique pilée. Ces efflorescences se trouvaient en compagnie du Protococcusviridis, espèce d’ Algue uni-cellulaire, voisine des Palmelles. Sous le microscope, on trouve une masse de cellules rouge-brique, plongées dans une sorte d’atmosphère incolore et amorphe ; cellules généralement ovales, quelquefois sphériques, à parois transparentes, incolores, quelquefois composées de plusieurs couches.

Le contenu consiste en sporules nombreux, très petits, à membrane d’enveloppe, souvent à double contour et munis, lorsqu’ils sont parvenus à l’âge adulte, d’un noyau fortement réfringent. La matière gélatineuse qui englobe les grosses cellules est amorphe, achroïque, transparente, quelquefois stratifiée. Elle provient de la fonte des membranes mères au fur et à mesure du développement endogène des sporules qui, à leur tour, remplissent le rôle de cellules mères, en donnant naissance à d’autres sporules.

Ces caractères montrent bien qu’il s’agit d’une Algue unicellulaire de la famille des Palmelles, répondant à la description que Salisbury a donnée de son genre Gemiasma , et de l’espèce rubra. (Magnin, loc. cit., p. 97.)

D’après M. Magnin, cette Algue serait certainement la plus commune et la plus abondante dans les pays où il y a des étangs ; non seulement ce naturaliste les a rencontrées dans la Dombes, mais encore dans un grand nombre de lieux humides, sur les sols argileux aux environs de Lyon. Son habitat est celui assigné par Salisbury à ses Palmelles. Cette Algue serait, d’après M. Magnin, qui en a donné une figure, le Chlorococcum coccoma.

En comparant cette Algue au genre Gemiasma protuberans et autres palmelles de Salisbury, on acquiert la conviction que, si ellesne sont pas identiques, elles sont au moins très voisines.

M. Magnin ne s’est pas borné à ces constatations. Ayant examiné, au microscope, de la rosée condensée sur des plaques de verre, au voisinage des étangs, il n’y put découvrir aucune spore pouvant être assimilée à des cellules de Chlorococcum. Ayant fait transporter, dans différentes habitations de Lyon, des plaques de terre recouverte de cette Algue, celles-ci n’ont pas déterminé l’apparition de la fièvre intermittente. Aussi M. Magnin repousse-t-il complètement l’idée que le miasme paludéen soit constitué par les Palmelles.

Différents auteurs, MM. Van der Gorput et Hannon, ont publié, comme venant à l’appui des opinions de Salisbury, des observations dans lesquelles figurent des Algues indéterminées pour la première, et nombre d’autres, comme les Vauchéries, les Conferves, les Zygnèmes, les Oscillaires, etc., à l’exclusion des Palmelles qui ne sont pas citées.

4° Les Oscillaires ont à leur tour, et peut-être avec plus de vérité,

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