‹ Guide de l'élève et du praticien pour les travaux pratiques de micrographie, comprenant la technique et les applications du microscope à l'histologie végétale, à la physiologieChapitre 433 sur 504 · CHAPITRE XXI. — CORPUSCULES ET MIASMES DE L'AIR · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXI. — CORPUSCULES ET MIASMES DE L'AIR

se développent en longs filaments qui d’abord sont homogènes ; plus tard, ces filaments subissent des divisions transverses qui les rendent articulés et dans l’intérieur de leurs articles se développent de nouvelles spores. La première formation de ces spores est pariétale ; puis tout l’intérieur de ces articles se remplit de petits corpuscules. Ces propriétés morphologiques ont paru répondre à une espèce particulière de Bacillus que les savants expérimentateurs proposent de nommer Bacillus malariæ, parce qu’ils l’ont vu se développer dans le corps des animaux atteints d’impaludisme. Ce Bacillus serait aérobie ; il se développe également bien dans les liquides riches en matières azotées, telles que les solutions de gélatine et d’albumine, l’urine et les liquides de l’organisme. Il se développe surtout très abondamment dans le corps des animaux injectés, surtout dans la rate et dans la moelle des os.

En 1873, M. Obermeier a démontré que la fièvre récurrente était causée par le développement dans le sang d’un spirochæte que M. Cohn a appelé Sp. Obermeieri.

M. Yan Tieghem (comptes rendus. Juillet 1879) s’est appuyé sur ces faits pour donner une explication des accès et des rémissions dans la fièvre récurrente.

dimension des poussières. — D’après tout ce qui précède on comprendra sans peine que cette dimension doit présenter des variations très grandes. M. Tissandier, qui a mesuré les poussières aériennes, à l’aide d’un micromètre de verre, divisé en centièmes de millimètre, a obtenu les résultats suivants. Quand elles sont formées de débris d’étoffes, de bois, de charbon, elles atteignent parfois une longueur de 1/10 de millimètre et plus; quand elles sont constituées par des matières minérales, silice, calcaire, argile, leur diamètre varie de 1 / 100 à 1/1000 de millimètre et au-dessous.

On s’est demandé par quel mécanisme les particules atmosphériques, généralement plus denses que l’air, pouvaient rester en suspension dans l’atmosphère. Le calcul démontre, dit M. Tissandier, que des grains minéraux de très petite dimension, 1/100 de millimètre de diamètre par exemple, tombent encore avec une vitesse assez considérable (0m,66 par seconde, pour la silice en supposant une forme sphérique). Voici quelle est l’opinion donnée par Nysten : La densité des poussières, bien qu’elle soit supérieure à celle de l’air, est diminuée par la couche gazeuse, adhérente par capillarité, à

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la surface des objets de très petite dimension, laquelle fait corps avec eux et les suit dans leurs mouvements; il résulte de cette particularité, que l’impulsion de l’air en mouvement les entraîne et les soulève facilement, et elles vont se déposer dans les lieux où l’air est calme. (Robin et Littré, Dictionnaire.)

®es corpuscules ferrugineux et magnétiques contenus dans l’atmospïBère (Tissandier, loc. cit ., p. 33).

Le mode opératoire suivant a été observé par M. Tissandier, pour isoler les poussières atmosphériques, les corpuscules ferrugineux ou magnétiques. Plaçant les poussières sur une feuille de papier glacé, il y promène un aimant dans tous les sens et à plusieurs reprises, un grand nombre de corpuscules adhèrent à l’aimant. On les

Fig. 502. — Corpuscules attirés par l’aimant, recueillis dans le sédiment de la neige du mont Blanc, à 2,700 mètres d’altitude, 500/1, juillet 1874. (G. Tissandier.)

fait tomber à l’aide d’un pinceau sur une autre feuille de papier; puis, s’aidant d’une loupe, on approche de ces poussières un second aimant. Un certain nombre s’y précipitent violemment, tandis que

Fig. 503. — Corpuscules attirés par l’aimant recueillis dans le sédiment de la pluie tombée à Sainte-Marie du Mont (Manche), le 11 juin 1875, 500/1. (G. Tissandier.)

celles qui n’avaient été retenues que par adhérence, grâce à leur ténuité, restent sur le papier. Pour leur examen, M. Tissandier emploie un grossissement de 509 diamètres. Cet auteur divise ainsi ces particules attirables à l’aimant: les fragments grisâtres amorphes, de 1/10 à 1/20 de millimètre; des particules noires et opaques mamelonnées, beaucoup plus petites, de 5/100 à 1/100 de millimètre ; particules fibreuses de môme grandeur; corpuscules noirs et opaques parfaitement sphériques de 2/100 à 1/100 de millimètre de diamètre, environ; corpuscules sphériques semblables, munis d’un petit goulot.

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