‹ Guide de l'élève et du praticien pour les travaux pratiques de micrographie, comprenant la technique et les applications du microscope à l'histologie végétale, à la physiologieChapitre 466 sur 504 · CHAPITRE XXII. — EXAMEN DES CHEVEUX ET DES POILS · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXII. — EXAMEN DES CHEVEUX ET DES POILS

exagérée par OEsterlen. Cette résistance varie suivant la grosseur des cheveux, suivant leur état de santé. Dans certaines diathèses, ou sous l’influence de l’application réitérée du fer à friser, les cheveux deviennent très cassants.

Lorsque d’autre part on suppose que l’instrument employé était tranchant, il reste à déterminer la nature de cet instrument. L’examen de la forme de la coupe et de la surface de section peut quelquefois permettre de répondre ; on peut, en tous cas, juger du degré de tranchant de l’instrument. Par l’action d’un couteau de poche ordinaire sur une tresse de cheveux bien tendue , on obtient d’un seul coup la section totale de la mèche. A l’œil nu, la surface de séparation paraît parfaitement nette ; au microscope, au contraire, ces surfaces de section présentent presque toutes une proéminence de quelques fibres ou cellules corticales, en un mot une rupture par éclats, que l’on constate parfaitement à un grossissement de 250 D.

Sur une tresse tendue modérément la section au contraire se fait par un mouvement de scie. Les cheveux sont irrégulièrement séparés ; au microscope la surface de séparation est des plus inégales : dénudation médullaire d’un côté, soit amincissement en un faisceau de quelques fibres ou bien proéminence d’écailles épidermiques et de fibres, sur le pourtour de la section .

Par l’emploi des ciseaux , le résultat est à peu près le même ; on a généralement un bord frangé, si l’on se sert d’un assez fort grossissement.

Avec un scalpel bien aiguisé, on obtient une surface de séparation bien nette ; à peine remarque-t-on quelques dentelures avec un grossissement de 300 D. (OEsterlen, cité par Johannet.)

Action du feu sur les poils et sur les cheveux.

Le Dr Johannet ( loc . cit., p. 105) a fait sur ce point des expériences que nous rapportons ci-après : Si l’on approche la tige d’un cheveu de la flamme d’une bougie, par exemple, la portion de la tige la plus voisine du foyer incandescent s’in-

GUIDE DE MICROGRAPHIE.

curve et blanchit. Le cheveu, examiné au microscope, présente alors en ce point, sur toute la courbe ainsi produite, un élargissement graduel, avec irrégularités des bords. La structure de la tige y est difficilement reconnaissable. Si la tige du poil a été suffisamment rapprochée delà source de chaleur, ou même s’il y a eu contact, le cheveu s’enflamme et se divise en deux tronçons : l’extrémité de celui de ces tronçons qui a subi l’influence du feu présente alors la forme suivante : une petite granulation ou renflement noir, d’un demi-millimètre de diamètre au plus, termine le poil; immédiatement au-dessous, la tige légèrement coudée sur une longueur de 1 millimètre, a, dans cette portion, un aspect blanchâtre, s’épaississantgraduellement vers le renflement terminal. Un léger frottement suffit pour enlever ce dernier, qui paraît au microscope formé des cellules, des fibres de la tige et de granulations de charbon. La courte portion incurvée sous-jacente, de couleur blanchâtre, présente, avons-nous dit, une forme tronc-conique dont le sommet correspond au reste de la tige. Au microscope les bords en sont irréguliers, formant des lignes ondulatoires ; on a, à peu près, l’aspect d’une racine d’un poil arraché avec ses gaines épidermiques. La surface terminale est des plus irrégulières. »

Ces caractères sont assez nets, ajoute le Dr Johannet, pour que l’expert puisse dans bien des cas rapporter la séparation d’une touffe de cheveux, ou telle lésion de la peau sur laquelle les données étiologiques manquent, à l’action du feu : autour d’une plaie, la présence de poils plus petits que les autres, visiblement raccourcis par une action extérieure, sans pointe, terminés au contraire par une extrémité légèrement épaissie, coudée, blanche et raide, la présence de pareils poils doit faire diagnostiquer une brûlure. (Johannet.)

Les liquides chauds n’agiraient pas sur la tige du poil ; ils agissent seulement sur le derme et sur le follicule; il y a perte d’adhérence et chute des poils à la plus légère traction.

Quand ils ont été agglutinés par un liquide renfermant des éléments anatomiques figurés, on peut au bout d’un temps très variable, mais quelquefois considérable, retrouver ces éléments, dans un état de conservation plus ou moins parfait

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