CHAPITRE XXII. — EXAMEN DES CHEVEUX ET DES POILS
(globules rouges, éléments du méconium). On a également trouvé des spermatozoïdes, soit sur les poils qui garnissent les grandes lèvres de la femme, soit sur ceux des organes génitaux 'de l’homme. OEsterlen cite plusieurs observations dans lesquelles la présence de spermatozoïdes sur les poils du pubis de jeunes filles ont fourni la preuve que des tentatives de viol avaient été faites.
Le docteur Jobannet cite, comme pouvant mettre sur la trace de l’auteur d’un viol ou d’une tentative, la présence d’un poil d’une couleur différente, trouvé sur le pubis d’une femme.
Altérations pathologiques «Ses cheveux.
Nous n’étudierons pas les altérations pathologiques des cheveux dont quelques-unes ont été indiquées dans la première partie de ce livre. Il est certain que des cheveux atteints d’une affection parasitaire rendraient plus facile la détermination de l’identité de l’individu auquel ils ont appartenu. L’alopécie est l’affection la plus fréquente et presque toujours elle est la conséquence du pityriasis capitis. Lorsqu’il atteint la partie supérieure du follicule pileux, il se fait une transformation fibreuse du follicule qui s’oblitère de bas en haut. La grossesse, les maladies graves, provoquent quelquefois des altérations plus ou moins irrémédiables du système pileux ; la syphilis provoque aussi fréquemment de l’alopécie. Celle qui se produit au début et qui coïncide avec la roséole est passagère ; celle qui est la conséquence des sypbilides ulcéreuses se montre par place et est définitive, en raison des cicatrices laissées par ces syphilides ulcéreuses. Ce serait sortir de notre sujet que d’étudier en détail toutes ces altérations. Nous signalerons cependant à titre de curiosité une lésion pathologique des cheveux décrite pour la première fois par le Dr Osorio, de Bogota (Colombie). Cette affection, qui sévit principalement dans la province de Cauca, est caractérisée par de petites nodosités espacées sur les cheveux et excessivement dures. C’est à cause de la sensation particulière de crépitation produite par le passage du peigne, que l’on a donné à cette ma-
GUIDE DE MICROGRAPHIE.
ladie le nom de la Piedra. Cette affection ne serait pas contagieuse.
Le Dr Desenne ( Journal d'hygicne , 4 juillet 1878) a repris cette question. Voici le résultat de ses recherches :
Le cheveu traité par l’éther et monté en préparation persistante dans la glycérine offre l’aspect suivant avec un grossissement de 140 D. Les nodosités sont assez régulièrement espacées, sans toutefois conserver une disposition mathématique. Ces nodosités sont de deux genres qui semblent être un degré plus ou moins avancé de maturité du cryptogame, ou bien elles enveloppent complètement le cheveu à la façon d’un véritable anneau fusiforme ; ou bien elles ne font que l’en gainer incomplètement et ne forment à sa surface que de simples monticules.
Examinées à un grossissement de 3o0 D., elles se décomposent en amas cellulaires à éléments polygonaux de 12 p à 15 y. assez régulièrement alignés, dont les interstices, nettement dessinés par un liséré noir, rappelleraient vaguement l’aspect d’une imprégnation d’argent. Ces cellules, dont le centre offr eune certaine réfringence, ne contiennent aucune trace de noyau.
En examinant attentivement les parties avoisinantes de quelquesunes de ces nodosités et faisant varier le grossissement, on aperçoit un réseau réfringent de petits bâtonnets articulés les uns avec les autres. De ces bâtonnets, les uns semblent venir se perdre dans la substance propre de la nodosité, soit, par un petit renflement ampulliforme, soit par une petite grappe cellulaire ombelliforme.
On distingue aussi entre ces bâtonnets, et complètement indépendants alors, de gros globules réfringents qui semblent être des bulles graisseuses, comme on en voit survenir parfois à la surface des matières animales en macération dans la glycérine.
Ces bâtonnets sont-ils le mycélium du cryptogame dont les spores formeraient alors l’agrégation cellulaire des nodosités? Ou bien sontils indépendants? C’est ce qu’il est bien difficile de décider. Ils semblent être des Mucorinées, sans qu’on puisse toutefois l’affirmer. Notons, en passant, une disposition particulière des bâtonnets : ils s’enroulent autour du cheveu comme le ferait une plante grimpante ; le lierre, par exemple, autour d’une colonne.
Le parasite végétal est-il en relation intime avec la substance propre du cheveu, et il y a-t-il, entre les cellules épithéliales du tube capillaire, du mycélium ou des spores? Pour résoudre cette double question, M. Desenne ayant immergé un de ces cheveux dans une solution de potasse cautisque à 40 p. 100 pendant quelques minutes, ayant ensuite neutralisé par l’acide acétique pur et dissocié dans la glycérine, a constaté qu’en aucun point, les parties profondes du cheveu, ni le canal médullaire, n’étaient infiltrés ; que les bâtonnets